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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 05:21
Out de Natsuo Kirino
Points Thriller, juin 2007, 672 pages, 9782757804810

Présentation de l'éditeur
« Toutes les nuits, quatre femmes - Masako, Yoshié, Kuniko et Yayoi - remplissent des paniers-repas dans une usine de Tôkyô. Différentes, elles le sont, mais elles ont un point commun : qu'ils boivent, les trompent, les battent ou les abandonnent, leurs maris les traitent comme des objets sans intérêt maintenant qu'elles ont vieilli. Toutes vivent le malheur d'être femmes dans un pays qui leur reconnaît peu de droits. Un jour, ce qui devait arriver arrive : l'une d'entre elles, Yayoi, finit par étrangler son mari, Kenji. Pendant ce temps, l'ex-nervi Mitsuyoshi Sataké refuse l'amour d'une de ses entraîneuses. Et se trouve pris dans la spirale d'horreurs qui suit le meurtre de Kenji. Ainsi est lancée la dynamique terrifiante qui verra ces cinq personnages s'affronter dans une lutte à mort pour la liberté, l'amour, le pouvoir et l'argent. »

L'auteur
Née en 1951 et auteur de Disparitions, Natsuo Kirino a remporté avec Out le Grand Prix du policier au Japon. Best-seller au pays du Soleil-Levant, Out s'est vendu à plus de 500 000 exemplaires.


Assez habituée maintenant et bonne cliente de l'ambiance énigmatique et un poil déroutante des romans japonais, je n'ai pas été en reste avec cette intrigue élaborée par la première romancière japonaise que je lis, Natsuo Kirino.

Plus thriller psychologico-social que polar pur et dur, ce roman dresse le portrait de quatre femmes japonaises entre 30 et 50 ans qui sembleraient incarner certaines réalités de la condition féminine au Japon. J'ai trouvé cet aspect intéressant car rarement évoqué de façon aussi flagrante. Peu considérées, surtout à mesure qu'elles prennent de l'âge, les Japonaises subissent le joug de la domination des hommes, indifférents à leur sort de femmes blessées. La haine des hommes et l'amertume liée au sentiment d'être prisonnières d'une spirale sans issue alimentent leur quotidien sans qu'elles n'en laissent rien vraiment paraître.

Rien de plaintif ou de revanchard dans cette écriture pourtant, l'auteure rebondit sur cette réalité pour développer une intrigue peu banale où quatre collègues de travail se retrouvent embarquées malgré elles dans un tourbillon d'événements qui commencent par le meurtre du mari de l'une d'entre elles par cette dernière. Motivées par l'appât du gain ou pour des raisons plus obscures, les trois autres se retrouvent impliquées dans la disparition de son corps.

Se greffe à cette histoire, celle d'un gérant d'un établissement de jeu, profondément psychopathe dégénéré que l'on va accuser de ce meurtre et qui va tout faire pour mettre la main sur les coupables.

Avec une efficacité redoutable, sans pourtant déployer les grands moyens littéraires, Natsuo Kirino retient notre attention tout au long du récit en nous attachant à ses personnages dont elle dresse un portrait psychologique précis et soigné, d'un réalisme saisissant et convaincant. Je visualisais particulièrement bien la superficielle Kuniko qui m'a beaucoup amusée et Yoshié, l'aînée des quatre, dont l'histoire difficile avec sa belle-mère et ses filles m'a particulièrement marquée. J'ai beaucoup aimé la façon dont les rapports entre ces quatre femmes très différentes les unes des autres ont évolué au cours du récit, l'histoire progresse sans à-coup et de façon très crédible autour de toute une galerie de personnages très divers, c'est particulièrement appréciable.

Étonnant aussi la façon dont Natsuo Kirino décrit les scènes d'horreur. C'est cru et sans détour, on en fermerait presque les yeux, et pourtant, c'est sans emphase, avec une simplicité dans le choix des mots et un naturel déroutant, qu'elle en parle.

Un autre aspect de cette histoire que j'ai trouvé très intéressant aussi, c'est celui des Brésiliens d'origine japonaise dont l'auteure aborde le thème dans ce roman. Encore une fois, c'est un sujet dont je n'ai jamais rien lu dans les romans japonais, et au travers d'un employé de l'usine où travaillent nos quatre femmes, l'auteure développe cette autre thématique sociale de façon très éclairante. J'ai beaucoup aimé l'histoire de cet homme d'ailleurs qui m'a beaucoup touchée.

C'est un roman vraiment très riche et instructif culturellement parlant sous des dehors de thriller ordinaire.
Ordinaire ? Ben en fait, pas tant que ça... !
Je trouve ça étrange de dire ça d'un thriller, en particulier aussi sanglant, mais j'ai envie de dire que c'est, bizarrement, une belle histoire, dont plusieurs personnages et événements m'ont beaucoup touchée. La fin me paraît un peu fantasque mais elle se tient et participe aussi à mon sentiment de « belle histoire ».

Cette chronique de lecture est originellement parue le 29 mars dans Lecture sans frontières, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles d'A Girl from Earth.

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Publié par A Girl from Earth - dans Asie
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commentaires

Gabrielle 17/03/2010 04:53


Je l'ai lu dans le cadre du challenge moi aussi et je comprend pourquoi tu dis que c'est une belle histoire touchante ! C'est bien vrai.
Et puis, je ne sais pas pour toi, mais moi ça m'a donné le goût d'en savoir plus sur le Japon.


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