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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 07:40

Hécatombe chez les élues de Dieu est le premier roman de Mehmet Murat Somer à paraître aux éditions du Masque (septembre 2008, 18 €, ISBN 978-2-7024-3409-3). Peygamber cinayetleri (pubié par Everest Yayınları, Istanbul, 2003) est traduit du turc par Gökmen Yılmaz.

 

Mehmet Murat Somer est né en 1959 à Ankara mais il vit à Istanbul. Il est devenu ingénieur puis banquier mais travaille comme consultant en gestion d'entreprise car il ne peut pas vivre uniquement de ses droits d'auteur. Cultivé, il aime la musique classique et les chanteurs lyriques (et même la musique pop), le cinéma et la littérature. Ses auteurs préférés sont « Honoré de Balzac, Patricia Highsmith, Saki, Truman Capote, Christopher Isherwood, Reşat Koçu, André Gide, le Marquis de Sade, Choderlos de Laclos, Yusuf Atılgan, Hüseyin Rahmi Gürpınar, Gore Vidal, Serdar Turgut et tant d'autres encore. » (page 266). Meurtre d'un gigolo est annoncé au Masque pour 2009 et j'ai lu dans les remerciements de l'auteur, en fin de livre, que cette série (A Hop-Çiki-Yaya mystery) est prévue en 5 tomes.

 

Du même auteur

On a tué Bisou !, Actes Sud, collection Actes noirs, février 2007, 340 pages

 

Dès la première phrase, j'ai senti que ce roman allait me plaire et j'ai plongé dedans !

« Ce matin, j'ai pris le journal et ma tasse en main et je me suis installé dans le fauteuil près de la fenêtre ; c'est le moment que je préfère dans la journée. » Mais un article dans le journal « me démoralisa au plus haut point » : « Un travesti est mort brûlé »... « Ces derniers temps, les cas de décès ont augmenté dans notre milieu ». (page 9).

Quel milieu ? Celui des travestis, surnommés « les élues de Dieu » ! En effet, le narrateur (Burçak) travaille comme consultant informaticien mais le soir, il se travestit et gère un club où viennent des « filles ».

Lorsque Fatoş abla (un vieux travesti à la retraite) vient l'épiler, dans la journée, Burçak apprend que Ceren, 23 ans, n'est pas mort chez lui comme le dit la presse, mais dans un appartement d'un immeuble abandonné de Tarlabaşı (alors qu'il vivait à Cihangir) : « Que pouvait donc faire cette fille dans cet immeuble en ruine ? Toute seule en plus... D'habitude, elle sélectionnait les clients et les lieux. » (page 16).

Le lendemain, le journal lui apprend que c'est Gül, 17 ans, qui est retrouvé noyé dans la citerne d'une maison inhabitée de Küçükyakalı sur la rive asiatique d'Istanbul.

Mais Burçak sait bien que la police n'enquête pas sur ces cas et que les affaires sont rapidement classées... Il ne lui reste plus qu'à s'improviser détective et mener lui-même l'enquête, lui qui aimerait être aussi observateur que Miss Marple. Il découvre que le tueur en série choisit des victimes dont le véritable prénom est celui d'un prophète (Abraham, Joseph, Moïse, Mohammed, Jonas, Salih, David) et les assassine de façon que leur mort ressemble à celle du prophète en question. Il sera aidé par les employés du club, par les filles malgré leur peur, par son ami d'enfance, le commissaire Selçuk et même par un internaute handicapé et homophobe, Cihad 2000.

 

Quelques infos sur notre héros : comme c'est un oiseau de nuit, il se lève tard et prend son petit-déjeuner à midi, il est accro aux jeux télévisés et au chat sur Internet (il a même créé un forum de discussion pour « les filles nées garçon » et j'aime bien ce qu'il dit sur la « e-croisade »), il est excellent cuisinier mais grignote entre les repas ce qui lui fait craindre de perdre sa « silhouette d'Audrey Hepburn », il aime la musique pop (il déteste le hard-rock, la « musique de salle d'attente » et les musiques électroniques), pratique l'aïkido et la boxe thaï... Alors, n'est-il pas attachant ?

 

Peut-être que, comme pour moi, le monde des travestis ne vous branche pas mais ce roman est vraiment une réussite (j'attends les nouveaux épisodes !) et possède de nombreux atouts : littérature turque, littérature policière turque, humour, sujet original et éxotique, belle écriture (en tout cas, belle traduction), découverte d'Istanbul sous un autre angle que touristique, et puis le papier est agréable au toucher ce qui rend le livre bien agréable à lire !

 

Cette chronique de lecture est originellement parue le 10 août dans La culture se partage, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Catherine.

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Publié par Catherine - dans Asie
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