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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 07:49
Lepouvantail.jpgL'épouvantail, de Ronald Hugh Morrieson
Rivages/Noir (2006), 285 pages
The scarecrow (1963) traduit de l'anglais (Nouvelle-Zélande) par Jean-Paul Gratias.

Pour le défi Littérature policière sur les 5 continents, je comptais parler un auteur un peu oublié, qui m'avait enchanté quand je l'avais découvert, à savoir Arthur Upfield, créateur, avec son privé métis, du polar ethnique, grand inspirateur de Tony Hillerman. Et puis, finalement, plusieurs participants en ont causé, et je vais donc revenir sur un polar néo-zélandais passé injustement inaperçu lors de sa sortie il y a maintenant trois ans.

« C'est au cours de la même semaine que nos poules furent volées et que Daphné Moran eut la gorge tranchée. » Beau début, non ? C'est ainsi que commence L'épouvantail de Ronald Hugh Morrieson.

Ned Poindexter est ado à Klynham, petite bourgade rurale en Nouvelle-Zélande. Sa famille n'est pas franchement un modèle, entre un oncle qui s'évertue à ne jamais rien faire, un frère spécialiste de billard, et un père qui tente de faire des affaires dans la brocante au volant d'une épave. Heureusement il y a Prudence, sa sœur aînée, la plus jolie fille de la ville, et son pote Les Wilson avec qui il fait les 400 coups. La vie s'écoule, avec ses hauts et ses bas, mais une ombre plane sur Klynham depuis que Salter, magicien itinérant, épouvantail immense et famélique au regard inquiétant est arrivé en ville...

La postface de Jean-paul Gratias nous apprend que l'auteur a très peu écrit, et que ses romans, s'ils ont connu un vrai succès en Australie, n'ont été découvert en Nouvelle-Zélande qu'après sa mort. Grâce à Rivages, nous découvrons ce premier roman étonnant.

La trame policière est assez ténue, le drame et sa résolution intervenant tard dans le déroulement du roman. Cela n'empêche pas l'auteur de faire entendre une toute petite musique inquiétante, sournoise, qui vient, repart, se fait oublier pour resurgir au détour d'une phrase. Entre deux moments angoissants, le lecteur oublie presque la tension, pour se plonger avec délice dans cette chronique haute en couleur, jusqu'à ce que l'ombre du croquemitaine surgisse, avant de s'évanouir à nouveau.

L'auteur joue avec brio de ces ruptures de ton, passe de la drôlerie et de la truculence, à un climat onirique et horrifique pour le plus grand plaisir du lecteur qui jubile. Comme si l'on passait, sans s'en rendre compte, de Fantasia chez les ploucs à La nuit du chasseur et retour... Une très belle découverte.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 18 décembre dans Actu du noir, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Jean-Marc.

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Publié par Jean-Marc - dans Océanie
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