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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 00:20
Jusqu'au dernier, de Deon Meyer
Le Seuil, collection Points, 2002, 456 pages

Depuis la mort de sa femme, l'inspecteur Mat Joubert, de la Brigade des Vols et Homicides du Cap, ne s'intéresse plus à rien. Jusqu'à l'arrivée de son nouveau chef, le lieutenant Bart de Wit, formé à Scotland Yard, qui l'oblige à cesser de fumer, à maigrir et à consulter une psychologue, bref à se respecter et à travailler mieux sur deux enquêtes importantes.

La première concerne un certain « Monsieur Mon Cœur » qui dévalise une à une les succursales de la Banque Premier, et qui appelle les caissières « Mon Cœur », d'où son surnom.

La seconde a pour objet des meurtres perpétrés à l'aide d'un Tokarev, arme dont se servaient les guerillas marxistes en Angola, ou d'un Mauser, tout droit sorti de la guerre des Boers.

Meurtres politiques, crapuleux, voire mafieux, personne n'a de piste sérieuse et les crimes et les hold-up continuent...

Mon avis
Un très bon polar sans trop de sang, un inspecteur qui se prend en main et qui encourage son équipe, dans la nouvelle Afrique du Sud de Mandela... Il y aurait un peu de politique là-dessous que ça ne m'étonnerait pas.

Lu dans le cadre du défi Littérature policière sur les 5 continents.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 18 août dans Mot-à-mots, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Wakinasimba.
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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 00:51

Vague à l'âme au Botswana est le 3ème roman de la série l'Agence n° 1 des dames détectives d'Alexander McCall Smith, paru en avril 2004 (réédition juillet 2007) aux éditions 10/18 dans la collection Grands détectives (250 pages, 7 €, ISBN 978-2-264-04556-0). Morality for beautiful girls est traduit de l'anglais par Élisabeth Kern.

 

J'ai déjà lu un roman de cette série, un peu au hasard (le titre et la couverture m'avaient plu), pour le défi Littérature policière sur les 5 continents. C'était 1 cobra, 2 souliers et beaucoup d'ennuis, le 7ème de la série, et j'avais été charmée non seulement par le style de l'auteur mais aussi par les personnages et ce pays dont je ne connaissais rien, ou si peu, le Botswana. Évidemment j'ai eu envie de lire d'autres tomes, et même s'il vaut mieux les lire dans l'ordre chronologique, tant pis, j'ai choisi Vague à l'âme au Botswana à cause des lions sur la couverture ! Mais il existe une autre couverture (image à droite) que j'aime moins.

 

L'héroïne, Mma Precious Ramotswe est directrice de l'Agence n° 1 des dames détectives qu'elle a créée à Gabarone, et c'est la seule agence de détectives privées au Botswana. Elle est aidée par une secrétaire, travailleuse et efficace, Mma Makutsi.

Après avoir divorcée d'un trompettiste de jazz alcoolique, violent et égoïste, Mma Ramotswe a refusé les avances de Mr J.L.B. Matekoni mais au bout de 6 mois, se rendant compte que c'était un homme bien, elle a accepté de l'épouser. Les deux orphelins qu'il a recueillis par l'intermédiaire de Mma Potokwane, la directrice de la ferme des orphelins, vivent déjà à Zebra Drive, dans la maison de Mma Ramotswe, plus adaptée que celle du célibataire.

Mma Ramotswe est très occupée, comme d'habitude, mais là, elle doit penser au mariage, à l'éducation des enfants (Motholeli, la fille, 13 ans, est en fauteuil roulant et Puso, son frère de 7 ans est un petit terrible !), au déménagement de l'agence dans un bureau attenant au Tlokwend Road Speedy Motors, le garage de son futur époux.

Pendant ce temps, un enfant de 6 ou 7 ans, nu et sauvage, est découvert dans le bush, dans le delta de l'Okavango. Il ne parle pas, grogne, mord et sent comme les lions. Il est acheminé vers la ferme des orphelins.

Mais depuis deux semaines, Mr J.L.B. Matekoni ne se sent pas bien, il abandonne le garage, laissant ses deux apprentis pourtant incompétents et faignants faire tout le travail, il parle peu, mange peu, dort peu mais ne veut pas voir le Dr Moffat qui pense à une dépression.

Mma Ramotswe ne peut cependant pas s'occuper de lui car un important client (et l'agence n'avait pas reçu de client depuis plus d'une semaine) l'envoie enquêter dans la ferme familiale car « l'homme d'État » croit que l'épouse de son jeune frère veut l'empoisonner pour obtenir tous ses biens.

Heureusement que Rose, la gentille femme de ménage peut s'occuper des enfants, et que Mma Makutsi va s'occuper du garage et des apprentis, et bien sûr de l'agence : elle va d'ailleurs enquêter seule pour la première fois car un autre client, Mr Pulani, souhaite une enquête de moralité sur des jeunes filles sélectionnées pour l'élection de Miss Botswana.

 

Comme pour 1 cobra, 2 souliers et beaucoup d'ennuis, c'est très plaisant à lire, on boit du thé rouge avec Mma Ramotswe, et pourquoi pas en mangeant un bon gâteau car elle est de « constitution traditionnelle » et n'en a pas honte, on réfléchit sur l'utilité de l'existentialisme, on attend la pluie, on vit au rythme du Botswana, ce pays inconnu qui se donne au lecteur dans cette série charmante, fraîche et sincère.

 

Comme j'ai lu ce roman d'une traite, je n'ai pas relevé d'extraits sauf celui où Mma Ramotswe rencontre Mr Pilai dans la rue : « Mma Ramotswe ! s'exclama-t-il. Je vous en prie, laissez-moi vous regarder. On vient de me donner ces nouvelles lunettes et je vois clair pour la première fois depuis très longtemps. Oh, c'est merveilleux ! J'avais oublié ce que c'était que de bien voir. Et voilà que vous arrivez, Mma. Vous êtes très belle, très grosse. » (pages 133-134). C'est trop drôle, j'adore !

 

C'est sûr, je vais lire les autres tomes !

 


 

Puisque j'ai parlé du thé rouge/rooibos auparavant, je voudrais dire quelques mots sur le robinier : c'est un arbre qui revient souvent dans le roman mais je n'arrivais pas à me le représenter. Originaire d'Amérique du Sud, le Robinia a certainement été introduit en Afrique (en Europe, il l'a été en 1600 par le jardinier français Jean Robin). Le robinier est aussi appelé faux-acacia. Il porte de belles fleurs blanches ou roses dont le pollen fait un miel qui serait succulent (et que j'aimerais bien goûter !).

 

Cette chronique de lecture est originellement parue le ? dans La culture se partage, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Catherine.

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7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 09:02
Vague à l'âme au Botswana, d'Alexander McCall Smith
Traduit de l'anglais par Elizabeth Kern
Titre original : Morality for beautiful girls
10/18, collection Grands Détectives, 250 pages

Pauvre Mma Ramotswe ! Propriétaire et directrice de l'Agence n° 1 des Dames Détectives, la seule et l'unique au Botswana, elle a bien des soucis. Les finances de son agence sont au plus bas et son fiancé, Mr J.L.B. Maketoni, patron du florissant garage « Tlokweng Road Speedy Motors », est en train de sombrer dans la dépression.

De surcroît, un membre du gouvernement vient de lui confier une mission délicate qui contraint Mma Ramotswe à quitter Gaborone pour quelques jours.

Heureusement, Mma Ramotswe est bien entourée. Rose, la fidèle femme de ménage, tiendra la maison et s'occupera des petits orphelins qu'elle vient d’adopter, Motholeli et son petit frère. Mma Makutsi, sa loyale et très efficace assistante, promue directrice par intérim du garage de Mr J.L.B. Maketoni, se chargera de remettre de l'ordre dans les affaires du garage et de faire travailler les apprentis. Elle prendra même l'initiative d'accepter et de s'acquitter d'une nouvelle mission : vérifier l'honnêteté et la sincérité des quatre finalistes du concours Miss Beauté et Intégrité, première étape vers la consécration suprême de Miss Botswana. Cette partie du livre est hilarante, Mma Makutsi se basant sur les théories d'un certain Cesare Lombroso, criminologue italien du XIXème siècle et les appliquant à sa manière.

Troisième volume d'une série qui en compte dix, Vague à l’âme au Botswana, dont je préfère de beaucoup le titre original Morality for beautiful girls, ne déçoit pas. Mma Ramotswe est toujours aussi délicieuse, généreuse et pleine de ressources. Son assistante, Mma Makutsi, sortie première de sa promotion de l'école supérieure de secrétariat du Botswana, commence à prendre plus d'importance.

Et, comme dans chaque livre, des descriptions de paysages africains à couper le souffle, des anecdotes sur l'histoire, la culture et les traditions du Botswana, et une histoire qui évolue doucement, au rythme de l'Afrique.

La série
Mma Ramotswe détective (The n°1 Ladies Detective Agency)
Les larmes de la girafe (Tears of the giraffe)
Vague à l'âme au Botswana (Morality for beautiful girls)
Les mots perdus du Kalahari (The Kalahari typing school for men)
La vie comme elle va (The full cupboard of life)
En charmante compagnie (In the company of cheerful ladies)
1 cobra, 2 souliers et beaucoup d’ennuis (Blue shoes and happiness)
Le bon mari de Zebra Drive (The good husband of Zebra Drive)
Miracle à Speedy Motors (The miracle at Speedy Motors)
Et enfin, mais non encore traduit :
Teatime for the traditionnally built (hommage, j'imagine, à la bonne constitution de Mma Ramotswe).

Une série à lire sans modération, en sirotant du thé rouge !

Lu dans le cadre du défi Littérature policière sur les 5 continents de Catherine, dont vous pouvez lire le billet ici. (3/5)

Pour les curieux, le très beau site d'Alexander McCall Smith.

Et en bonus, pour voyager un peu, une photo du bush, au Botswana, dans le Delta de l'Okavango, prise l'été dernier.


Cette chronique de lecture est originellement parue le 17 septembre dans Perdue dans les livres, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Virginie.
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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 12:11
La mémoire courte, de Louis-Ferdinand Despreez
Points Policier, 2006

En Afrique du Sud, depuis quelques semaines, chaque samedi matin un cadavre d'homme noir est retrouvé dans un lieu public, mutilé et la peau du visage arrachée. Serial killer ? Racisme ordinaire ? L'inspecteur Zondi mène l'enquête à sa manière, plus empreinte de ses expériences à Soweto (où il a grandi) que de l'école de profiling américaine où il a fait un stage...

Mon premier polar sud-africain et je suis plutôt contente de l'expérience ! L'intrigue démarre sur les chapeaux de roues puis entre en sommeil, le temps de replacer l'histoire dans le contexte (les origines et le parcours de Zondi, l'histoire du pays et ses différentes phases) mais ces changements de rythme ne m'ont pas gênée. Je trouve le personnage de l'inspecteur assez intéressant, bien qu'assez peu fouillé psychologiquement. J'aurais aimé en savoir plus sur sa vie privée, par exemple. Mais au final, ce roman m'a plu, je l'ai trouvé dépaysant, pour tout ce qu'il m'a appris sur l'Afrique du Sud actuelle et en même temps noir, comme je les aime...

Un détail : ce roman est écrit par un Sud-Africain anglophone mais qui écrit en français, en hommage à ses ancêtres Huguenots. Ça se sent, on ne trouve pas de ces maladresses de traduction que je commence à être capable de percevoir dans d'autres textes !

Cette chronique de lecture est originellement parue le 23 septembre sur L'agora des livres, site sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Septentria, ainsi que sur son blog À par ça, rien....

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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 00:37
Une enquête au pays, de Driss Chraïbi
Points (Seuil), juin 1999, 217 pages

Mon premier détour littéraire par le Maroc grâce à ce polar dépaysan
t !
Au départ, j'ai cru me retrouver plongée dans une des aventures de Chick Bill (on a les références qu'on a), avec l'inspecteur Ali dans le rôle de Kid Ordinn, shérif adjoint et accessoirement sous-fifre, et le chef dans le rôle du shérif Dog Bull. L'humour et les pitreries d'Ali, de même que les vaines colères de son chef n'étaient pas sans me rappeler les personnages de cette BD. C'était parfois très drôle, parfois lourd, Ali étant un petit peu pénible par moment et pas toujours amusant (comme les personnes qui en font trop), quoique au fur et à mesure de la lecture, j'ai fini par me faire au style de l'auteur et à m'attacher aux personnages.
J'ai particulièrement adoré le début avec la première confrontation et le dialogue de sourds entre Raho, l'homme de la montagne et nos deux citadins, la mise en scène était cocasse à souhait et excellement dépeinte, très visuelle, j'avais l'impression d'être sur place, en témoin des événements.
Toute l'intrigue se déroule sur ce mode, confrontant deux univers différents, les montagnards et les gens de la ville, traditions et modernité, le Moyen-Âge et le XXè siècle en somme, comme le clament d'ailleurs les protagonistes.

L'objet de l'enquête elle-même tarde à se révéler et l'intrigue ne se déroule du coup pas comme un polar classique, l'enquête étant secondaire, un prétexte surtout à parler du choc des cultures au sein d'un même pays et d'un même peuple, l'Histoire expliquant comment les choses en sont arrivées là.

Un exemple de dialogue :
« C'est pas ça, dit l'inspecteur avec patience. Écoute voir: dans les villes les gens ont toute sorte de papiers plein leurs poches.
- On n'est pas à la ville, mon gars.
- Je vais t'expliquer. Donne-moi la main, mon vieux. C'est des papiers et aussi des cartes qu'ils ont, tu comprends ?
- Non, dit le paysan. Tes paroles n'arrivent pas jusqu'à ma tête.
- Je vais t'expliquer, répéta l'inspecteur, tenace. Il y en a des roses, des bleus, de toutes les couleurs. Il y en a pour conduire une automobile, deux : une carte grise pour avoir cette automobile, et une rose pour la mettre en route. C'est simple.
- Je n'ai pas d'automobile, dis donc ! Il y a juste une mule et un bourricot par là, va voir. Et essaie donc de leur présenter du papier pour les faire bouger ! Tu es un rigolo, toi. »

J'ai trouvé ce roman culturellement très intéressant du coup, instructif, l'auteur masque bien la tragédie de la réalité sociale de son pays par l'humour. J'avais l'impression toutefois qu'il insistait un peu trop sur ces points et sur les différences entre les deux univers en les pointant exagérément du doigt et en les ressassant comme si ce n'était toujours pas clair. Il en ressort un effet de moquerie un peu cruelle parfois j'ai trouvé, la façon dont les personnages parlent français par exemple, même si cela est amené avec dérision. Le chef me faisait bien rire n'empêche. L'auteur a réussi à vraiment bien saisir l'essence du parvenu social.
J'ai bien aimé la toute fin également, très drôle ce revirement de situation !

Je ne m'attendais pas du tout, en abordant ce livre, à un auteur aussi loufoque et farceur, pour preuve ses NdA en bas de pages ou la pseudo-lettre signée « l'inspecteur Ali » dans laquelle il se moque de lui-même. Belle surprise donc !
Je pense continuer - oooh, probablement pas de si tôt mais bon - ma découverte de cette série, notamment avec L'inspecteur Ali, celui que j'ai failli choisir pour ce défi, le choc des cultures Écosse/Maroc me semblant très prometteur !

L'auteur
Driss Chraïbi (15 juillet 1926 - 1er avril 2007) est un auteur marocain de langue française. Il a également fait des émissions radiophoniques pour France Culture. Driss Chraïbi est un écrivain qui est trop souvent réduit à son œuvre majeure Le passé simple, et à une seule analyse de ce livre : révolte contre le père sur fond d'autobiographie. Or, Driss Chraïbi aborde bien d'autres thèmes au cours d'une œuvre qui n'a cessé de se renouveler : colonialisme, racisme, condition de la femme, société de consommation, Islam, Al Andalus, Tiers-Monde.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 17 septembre dans Lecture sans frontières, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles d'A Girl from Earth.
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17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 01:41

L'empreinte du renard est un roman policier du Malien Moussa Konaté paru chez Fayard noir en février 2006 (265 pages, 17 €, ISBN 978-2-213-62682-6).

 

J'ai tellement aimé La malédiction du Lamantin (qui se passe chez les Bozos) que j'ai voulu lire rapidement cette empreinte du renard (qui se passe chez les Dogons) et que je ne résiste pas à l'envie de vous poster cette note de lecture tout de suite !

 

Pigui, près de la falaise de Bandagaria, est un village Dogon. Alerté par sa jeune soeur Yalèmo, Yadgè doit se battre contre son meilleur ami Nèmègo qui a couché avec sa fiancée Yakoromo. Le jeune homme qui est en tort doit mourir pour réparer les honneurs qu'il a salis. De son côté, la mère de Yadgè a consulté Kodjo, le devin à tête de chat qui a lu dans les empreintes de renard : « [...] la paix quittera cette maison pour longtemps. À sa place, il y aura du sang, beaucoup de sang. Ce sang se répandra dans tout le village. Tout cela durera longtemps. » (page 33). Le lendemain matin, sur la table de pierre suspendue au-dessus du vide, le combat ne se passe comme prévu...

Bamako, capitale du Mali, le commissaire Habib Kéita et son jeune assistant Sosso Traoré de la Brigade criminelle sont appelés dans le bureau d'Issa, ami d'enfance de Habib, devenu conseiller du ministre de la sécurité intérieure. Ils sont envoyés à Pigui pour enquêter sur plusieurs morts.

Le quotidien de Bamako et de la brigade, la vie de famille du commissaire avec son épouse Haby, une institutrice, et leurs enfants. Beaucoup d'éclats de rire. Puis le déplacement à Pigui.

« Je crois qu'on va bien s'amuser au pays dogon, ironisa le commissaire sans transition. Avec un adolescent comme maire, des assassinats sans auteur et sans arme, le tout dans un environnement irrationnel, c'est du plaisir. » (page 65).

S'amuser ? La personne suspectée par les gendarmes sur place est Djènè Kansaye, l'oncle de Yadgè, mais Habib pense qu'il est innocent. L'enquête ne sera pas très longue (quelques jours) mais elle sera difficile et Sosso manquera se faire tuer deux fois par des serpents...

 

J'ai beaucoup aimé cette enquête. Les Dogons sont vraiment différents des Bozos mais ils ont aussi leur propres traditions et leur justice. En fait ils se contre-fichent d'un pouvoir central qui ne les concerne pas et qui ne connaît rien à leurs ancêtres, leur honneur et à la vie qu'ils mènent. Malheureusement les jeunes se laissent séduire par l'argent et les sirènes du monde moderne, monde qu'ils ne connaissent pas et qu'ils ne comprennent pas mais qui les attirent pour leur perte.

 

Phrases intéressantes

Le commissaire Habib : « Quand j'étudiais en France, je ne dédaignais pas le bon vin rouge, d'autant plus que je vivais dans le Bordelais. Mais, une fois ici, j'ai dû me reconvertir à l'eau, pas toujours potable, du reste. » (page 110).

Le gendarme Ouologuem à Sosso : « Tu sais, on étouffe dans ce pays. Toutes ces coutumes, cette religion, ces contraintes, on en a marre. Nous, on est jeunes et on veut vivre. [... Je ne cherche qu'une chose : être riche et foutre le camp. Pour les autres, c'est pareil. » (page 137).


 

Cette chronique de lecture (postée hors-défi) est originellement parue le 7 septembre dans La culture se partage, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Catherine.

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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 01:51
C'est grâce au défi Littérature policière sur les 5 continents que j'ai lu des notes de lecture sur L'empreinte du renard - Meurtres en pays Dogon et La malédiction du Lamantin de Moussa Konaté et que j'ai eu envie de découvrir ces romans policiers du Mali. Je vais sûrement regretter de ne pas les avoir lus dans l'ordre chronologique mais j'ai eu l'occasion de lire d'abord La malédiction du Lamantin et c'est lui que j'ai choisi pour le continent africain pour mon second tour du défi. Du même auteur L'assassin du Banconi, suivi de L'honneur des Kéita (Gallimard, 2002).

La malédiction du Lamantin est donc un roman policier de Moussa Konaté paru en mai 2009 dans la collection Fayard noir (213 pages, 15,90 €, ISBN 978-2-213-63514-9) et d'après ce que j'ai compris, c'est le troisième livre mettant en scène le commissaire Habib et à chaque enquête, il rend visite à une minorité différente du Mali et doit faire avec leurs superstitions.

Kokri, un village de pêcheurs Bozos, proche de Bamako, la nuit. Kouata, le chef du village hémiplégique, son épouse Nassoumba, le vieux thérapeute traditionnel Zarka et Mandjou le griot sont présents à une cérémonie : le devin Kalapo a interrogé le sable à trois reprises et le peuple Bozo doit demander pardon à Maa, le dieu Lamantin du fleuve Djoliba (fleuve Niger) pour ses erreurs. Mais Maa a refusé leurs offrandes : « [...] les eaux du fleuve furent violemment agitées par des vagues énormes qui rejetèrent le coq, puis ses plumes, puis les noix de cola sur la berge. » (page 16). Apété, témoin caché de la scène, est apostrophé par « un géant d'un noir foncé, taillé comme un haltérophile [...], et armé d'un énorme gourdin » (page 17) qui l'oblige à parcourir Kokri et Bamako en annonçant leur mort aux habitants.

Bamako, le lendemain. Le commissaire Habib Kéita est mécontent car sa précédente enquête, menée en pays Dogon (voilà, je le savais que j'aurais dû les lire dans l'ordre !) est close, le dossier est classé et les coupables courent toujours... C'est en compagnie de son jeune collaborateur, l'inspecteur Sosso Traoré, que le commissaire Habib surprend Apété annoncer la fin du monde. Plus tard, Zarka (qui était un ami de son défunt père) lui rend visite à la brigade criminelle et lui annonce aussi la fin du monde. Puis un violent orage, inhabituel en février, secoue le pays : « Si ce n'était pas l'annonce de la fin du monde, ça y ressemblait étrangement. » (page 29).

Le surlendemain, Habib et Sosso sont appelés à Kokrini car les corps de Kouata et de Nassoumba ont été découverts. Mais à cause des superstitions des Bozos qui se fichent des preuves et des empreintes, les policiers doivent laisser agir l'imam Lassine et le devin Kalapo avant de voir les corps... « Maintenant, les autorités vont faire leur travail. C'est la loi qui le veut. Ils nous ramèneront les corps sans tarder. » (page 33). « Dans quel monde vivons-nous ? s'étonna Habib une fois assis dans la voiture, à côté de Sosso. C'est à en devenir fou. » (page 34).

Le principal suspect est Sodjè, le fils que le chef Kouta a eu avec sa première épouse aujourd'hui décédée.

Comme ils s'en doutaient depuis le début, Habib et Sosso reçoivent des pressions afin d'arrêter l'enquête : « De quel droit des gens n'ayant aucun lien avec la police pouvaient-ils se donner l'autorité d'imposer au chef de la brigade criminelle d'abandonner une enquête ordonnée par le procureur de la République ? Était-ce la république ou la gérontocratie ? Certes, on pouvait comprendre l'attachement des personnes âgées aux traditions ancestrales, mais elles n'étaient ni élues ni nommées. À supposer qu'on leur cédât une fois, ne faudrait-il pas céder toujours ? Ne deviendraient-elles pas les vrais maîtres du pays, qu'elles gouverneraient strictement selon les traditions millénaires ? À quoi cela pourrait-il mener, sinon au chaos ? » (pages 108-109) et « Je ne comprends pas ce que tu veux dire. J'ai une enquête à mener sur un ou deux meurtres. J'en suis tout juste au début. Que les Bozos, puis à leur suite les autres ethnies m'intiment l'ordre d'arrêter mes investigations parce qu'ils ont une tout autre conception du crime, je peux comprendre, mais que toi, tu souhaites que je change de démarche, alors là, je reste perplexe. » (page 131).

Heureusement quelques-uns (qui ne sont pas des Bozos) acceptent de parler ce qui permet à l'enquête d'avancer un peu.

Et puis, on voit un peu la vie de famille du commissaire (il est marié et a deux enfants, un garçon et une fille), le quotidien à Bamako, les différences entre les ethnies (qui n'ont souvent pas le droit de se mélanger).

Un de mes passages préférés
« Écoute, mon cher, ne perdons pas de temps : tu as fauté et du dois payer. Ou c'est à moi que tu paies directement et ça te fera six mille francs, ou tu vas payer à la fourrière et ça te coûtera douze mille francs. Décide-toi vite et laisse-moi faire mon boulot. » « Ah, quel pays ! se désola le commissaire. Des agents de police qui rackettent au su et au vu de tous ! » (pages 21-22).

C'est un roman policier totalement dépaysant et agréable à lire (l'enquête ne se déroule qu'en quelques jours). J'ai tellement aimé que j'ai enchaîné avec L'empreinte du renard !

Cette chronique de lecture est originellement parue le 4 septembre dans La culture se partage, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Catherine.
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14 août 2009 5 14 /08 /août /2009 07:41
Mma Ramotswe détective, d'Alexander McCall Smith
Titre original : The N°1 Ladies' Detective Agency - Paru en 1998
Traduit de l'anglais par Elisabeth Kern
10/18, collection Grands Détectives, 2003

Quatrième de couverture
Divorcée d'un mari trompettiste porté sur la bouteille, Precious Ramotswe est bien décidée à ne plus céder aux mirages de l'amour ! J.L.B. Matekoni, gentleman garagiste, lui fait pourtant les yeux doux mais l'inénarrable « Mma » a un projet en tête... Un beau jour, elle se jette à l'eau et ouvre à Gaborone, capitale du Botswana, son pays bien-aimé, la première agence de détectives strictement au féminin.
En compagnie de son assistante, Mma Makutsi, elle déclare la guerre aux maris en fuite et aux escrocs sans vergogne. Ne reculant devant aucun danger, elle s'attaquera même à la sorcellerie, le grand tabou de l'Afrique. Mma Ramotswe mène ses enquêtes tambour battant, sous les yeux de son soupirant favori... Et pour notre plus grand plaisir.

Mon avis
Il ne s'agit pas d'une enquête classique avec un certain nombre de suspects et où l'on fournit peu à peu des indices au lecteur, avec des fausses pistes, pour qu'il tente de démasquer le coupable.
Le lecteur assiste aux évolutions des enquêtes sans être vraiment sollicité. Certaines sont très courtes, d'autres plus longues, comme dans un réel cabinet de détectives qui pourrait être sollicité simultanément pour plusieurs affaires à la fois.
J'ai trouvé ce livre très agréable à lire. Pour ce premier volet des aventures de Mma Ramotswe, son passé depuis son enfance jusqu'à son âge actuel - 35 ans - sont évoqués. Le tout est agrémenté de parenthèses sur la vie en Afrique et au Botswana en particulier (histoire, vie quotidienne), ainsi que de petites réflexions philosophiques sur la vie.
Le personnage de Mma Ramotswe est très chaleureux, une femme pleine de bonté et courageuse. La façon d'écrire de l'auteur est très chaleureuse et généreuse également. J'ai trouvé le personnage de la secrétaire un peu effacé, mais ce n'est que le premier volet, peut-être prendra-t-elle de l'ampleur par la suite... Un livre plein d'humanité.

J'ai lu ce livre dans le cadre du défi de Littérature policière sur les 5 continents, catégorie Afrique, ce qui porte mon bilan de livres lus pour ce défi à 4/5.

Vous pouvez consulter la liste ICI.

Et si vous souhaitez avoir un aperçu du Botswana, je vous invite à découvrir les superbes photos (vous verrez après les avoir regardées que je n'exagère pas) de Patrick Gallet.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 25 juillet dans Soie dit en passant, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Soie.

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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 07:21
La mémoire courte, de Louis-Ferdinand Despreez
Points Policier, janvier 2008, 255 pages, ISBN 978-2-7578-0466-7

Non je n'ai pas laissé tombé le défi, mais j'ai beaucoup lu enchainant les ouvrages sans prendre le temps de mettre au propre mes notes de lecture.

L'organisation du Polar dans tous ses états du mois de novembre prochain m'occupe également. Dans ce cadre, j'ai eu beaucoup de plaisir à participer au FIRN découvrant ainsi des auteurs dont je ne manquerai pas de parler ici.
 
J'avais retenu dans la liste des ouvrages représentant le continent africain deux titres. L'empreinte du renard a déjà fait l'objet d'un billet dans ce blog.
Suivant les conseils de Catherine, je ne résiste pas à présenter le second La mémoire courte de Louis-Ferdinand Despreez.

Reprenons donc le défi.

4e de couverture
En pleine période électorale, une série de meurtres déstabilise l'Afrique du Sud. Chaque samedi matin, un homme est retrouvé dans une poubelle, sur le siège d'un train, dans un parc ou devant le palais présidentiel. Les corps sont violemment mutilés et la peau des visages a été arrachée. Comment identifier les victimes ? L'inspecteur Zondi va tenter d'enrayer le cycle infernal de ces crimes.
Quelquefois le prix d'un bonheur plus facile, c'est d'avoir la mémoire courte.

Louis Ferdinand Despreez est citoyen sud-africain d'expression anglaise, mais écrit en français, la langue de ses ancêtres huguenots. Il a beaucoup voyagé.
La mémoire courte est son premier roman.

Reprenant mes notes pour écrire ce billet et voulant vérifier quelques détails, j'ai commencé par relire certains passages et pris par l'intrigue, je l'ai relu entièrement et sans m'arrêter jusqu'à la dernière ligne. J'y ai pris autant de plaisir que la première fois.

L'histoire se passe dans la nouvelle Afrique du Sud, la Nation Arc-En-Ciel. Un policier noir, né et ayant vécu toute son enfance à Soweto est en charge de résoudre une affaire délicate. Des victimes sont retrouvées affreusement mutilées chaque samedi matin dans des divers endroits. Qui sont-ils ? Comment gérer cette affaire en cette période électorale toujours difficile pour le pouvoir en place ? L'enquête que mène l'inspecteur Zondi nous fait découvrir une Afrique du Sud loin des images d'Épinal. Sans concession c'est un regard désabusé qui est posé sur la Rainbow Nation, la vie de tous les jours, la politique, les traditions, l'après apartheid avec ses profiteurs et ses laissés pour compte, les pages noires de la lutte contre l'apartheid, les relations avec les autres pays dun continent africain...

Le style est agréable. Louis-Ferdinand Despreez semble faire un constat sans concession, il égratigne aussi, avec quelques pointes d'humour parfois, ceux que l'on peut qualifier de « donneurs de leçon patentés ». L'exploration de différentes pistes que propose l'auteur place le lecteur au coeur d'une intrigue bien construite qui le tient en haleine jusqu'au bout.

À ne surtout pas oublier !

Quelques phrases relevées ici et là.
1. On ne s'arrête jamais sur le bord d'une autoroute en Afrique du Sud, sauf lorsque l'on est un malade mental, une bonne sœur étrangère, un bandit ou un touriste intello qui lit des revues de politique étrangère calées mais pas les journaux locaux. Qui plus est il n'y a pas de touristes, même avec de l'éducation, sur le Ben Schoeman à 16 h 30 un vendredi.
2. Et pendant que le capitaine fait le poireau sur le bitume en regardant passer les BMW neuves et les minibus délabrés et bondés des nouveaux Sud Africains presque tous égaux, à trente ou quarante minutes de route on se prépare à tuer un Noir, peut-être deux si la soirée est bien réussie.
3. Ian ne disait plus jamais Kaffir en parlant des Noirs... Au début il avait du mal, mais maintenant ça venait tout seul, il disait boykkie à la place de kaffir. Plus personne ne disait kaffir, même si beaucoup de gens le pensaient tellement fort en disant monsieur ou madame que le mot grinçait dans leur bouche. -kaffir : terme méprisant pour désigner un Noir.
4. Son visage va servir à un muti (remède utilisé en sorcellerie)... Un dossier exhumé du fichier racontait qu'à Soweto, en janvier 2001, un malade du cancer des poumons en phase terminale avait sacrifié son petit-fils de cinq ans avec l'accord de ses parents.
5. Hillbrow, un quartier perché au sommet d'une colline au nord de la ville, était un joyeux Harlem tropical... En tirant tout doucement et subrepticement sur la ficelle de l'intolérance, les Noirs et les Blancs avaient même fini par y cohabiter en violation de l'imbécile Group Area Act qui consignait les Bantous dans leurs ghettos et de l'Immorality Act qui interdisait aux Noirs et aux Blancs de mélanger leur sang et leur salive. Hillbrow et ses quartiers environnants étaient devenus ce que les autorités appelaient pudiquement des « zones grises »... Hillbrow était avec vingt ans d'avance, le creuset de la Nouvelle Afrique du Sud. Aujourd'hui ce quartier en était devenu la poubelle...
6. C'était le seul palace cinq étoiles du continent entre Le Caire et Le Cap... Francis y avait trimballé les bagages du vieux Mitterrand, un ancien président français souffreteux et méprisant qui ne lui avait même pas adressé un regard...
7. Albert Luthuli. Avait été prix Nobel de la paix en 1960...  « Devant nous il reste à construire un nouveau pays. Il ne sera pas nécessairement noir, mais il sera africain ».
8. Le seul courant qui aurait pu passer entre ce Booysen et lui serait celui des pinces crocos d'une gégène dans les couilles pour le faire parler... S'il en avait eu le droit évidemment, mais on n'était plus « au bon vieux temps ».
9. Zondi glissa une cassette dans le lecteur du tableau de bord. Il ne comprenait rien à ce que chantait ce Jacques Brel mais il aimait bien le rythme et la langue...

Cette chronique de lecture est originellement parue le 29 juillet dans Un lecteur parmi tant d'autres, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Michel/Anagnoste.

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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 07:53
Meurtres en sérail, de Charaf Abdessemed
Métropolis, 2002, 284 pages

Quelques mots sur l'auteur
Charaf Abdessemed est né en 1970 en Algérie, où il a obtenu son bac au Lycée français d'Alger, puis un doctorat de médecine générale à l'Université d'Alger. Il a travaillé comme médecin interne des Hôpitaux d'Alger et journaliste chroniqueur à la télévision algérienne. Émigré à Genève en 1995, où il est diplômé des Études du développement de l'Université de cette ville (1998), il travaille comme collaborateur scientifique à l'Institut universitaire du développement et comme journaliste indépendant. Meurtres en sérail est son premier roman.

Des femmes de notables sont assassinées. Les meurtres, qui suivent un modus operandi particulier, mettent les enquêteurs sur la voie d'un serial-killer ce qui est une nouveauté à Alger.
Farid Ouz, jeune médecin légiste, est réquisitionné par l'armée pour enquêter sur ses affaires. Il est aidé en cela d'un jeune policier un peu « chien fou ». Les deux hommes se rendent vite compte que l'enquête ne sera pas vraiment simple.

Ce premier roman est une belle découverte. J'ai aimé le style d'écriture de Charaf Abdessemed, clair et concis. Son écriture oscille tout au long du livre entre gravité et humour. Le personnage principal, Farid Ouz, est le type même de l'anti-héros. Au-delà de l'enquête policière, l'auteur s'arrête sur la société algérienne. La famille, le mariage, la guerre civile, la fracture générationnelle, tous ces sujets sont évoqués avec dérision.

J'ai lu ce livre dans le cadre du défi Littérature policière sur les 5 continents.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 26 juillet dans Yoshi73, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles d'Audrey.
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  • : Suite au défi 'Littérature policière sur les 5 continents' lancé en décembre 2008 sur 'La culture se partage', ce blog - créé le 1er janvier 2009 - centralise les articles concernant ce défi pour en faciliter la lecture et les liens vers les blogs d'origine.
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