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1 août 2009 6 01 /08 /août /2009 07:15
La vie en spirale, d'Abasse Ndione
Gallimard, Série Noire, 1998
   
Résumé
La vie en spirale nous raconte l'histoire de cinq gars d'une vingtaine d'années, isolés dans un village, Sambay, situé à une heure de voiture de Dakar. Ils ne cessent de s'adonner au yamba (herbe) tranquillement mais régulièrement. Jusqu'au jour, qui dure cinq semaines, où ils se retrouvent en rupture de marchandise. Amuyaakar Ndooy décide alors de devenir un sipikat (trafiquant de cannabis) afin d'éviter ces problèmes de stock et pouvoir développer (fumer) à sa guise. Le trafic ira en grandissant au fil des pages.

Avis libraire
Servi par une bonne écriture, un sacré personnage principal et des bonheurs d'expressions africaines, ce premier roman est prometteur.

Cette chronique de lecture est originellement parue dans Entre deux noirs, site de cette librairie (spécialisée dans le polar) sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Christophe.

Article n° 200.
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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 07:06
La malédiction du Lamantin, de Moussa Konaté
Fayard/Noir, mai 2009

Avant-goût
Au coeur du Mali, le commissaire Habid et le jeune inspecteur Sosso enquêtent sur la mort de deux Bozos, un mari et sa femme, mort au cours d'une nuit de furie, où les éléments se sont déchainés...

Critique
Un polar se déroulant en Afrique et écrit par un africain voilà qui est très intéressant. Cette « Malédiction du Lamantin » remplit parfaitement son rôle puisqu'au travers d'une enquête policière, elle permet de découvrir un pays partagé, le Mali, et toute une culture vue de l'intérieur.
L'aspect policier est assez bien mis en œuvre, sans être bouleversant non plus avec une intrigue peu complexe et un déroulement classique voire même quasi scolaire. On notera aussi la présence d'humour ainsi qu'un conte sur les croyances du peuple Bozo. L'intérêt du roman porte évidemment sur les réflexions de l'auteur sur l'évolution de son pays.
Le Mali apparaît alors comme plein de contradictions, de paradoxes. Dans le domaine religieux d'abord où la plupart des hommes croient à la fois en Allah (ils sont apparemment de confession musulmane) et aussi aux esprits (en héritage des croyances de leurs ancêtres). Ils acceptent et comprennent le rôle de la police mais dès qu'il s'agit d'enquêter sur leurs propres familles, ils sont prêt à accepter une explication irrationnelle, à savoir le courroux d'un esprit.
De même des personnes représentant les esprits possèdent autant d'influence que les autorités officielles... Et la liste est encore longue.
Ainsi ce polar malien de 200 pages constitue un excellent moyen pour s'immerger au coeur d'un pays aux multiples paradoxes...

Note : 4 étoiles

Cette chronique de lecture est originellement parue le 9 juillet dans Polars addict, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Clément.
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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 07:48
Les mots perdus du Kalahari, d'Alexander McCall Smith
10/18, Grands détectives, octobre 2004, 223 pages

Il pleut et le jardin n'est guère praticable... C'est le moment de me remettre au défi initié par Catherine, Littérature policière sur les 5 continents.

Aujourd'hui, direction l'Afrique...

Alexander McCall Smith est un de mes auteurs de prédilection et son héroïne, Precious Ratmotswe, directrice de l'Agence n°1 des Dames Détectives du Botswana est une « vieille connaissance ».  J'adore cette femme de « constitution traditionnelle » selon sa formule, de forte corpulence pour les autres, qui abrite sous un corps généreux un cœur d'or et un attachement viscéral à sa patrie.

Nous la retrouvons, fiancée à Mr. J.L.B. Matekoni, propriétaire du garage Tlokweng Road Speedy Motors, mère d'adoption de deux jeunes orphelins et plutôt contente de son sort... Seulement, une série de déboires l'attend dont le premier est l'ouverture d'une agence concurrente tenue par un HOMME !

Le charme de cette série ne tient pas à l'intrigue, toujours assez simple mais à la description de la vie au Botswana telle que nous la présente l'héroïne. Précious Ratmotswe est un singulier mélange de tradition et de modernité. Elle est royaliste : « Elle admirait les monarques lorsque ceux-ci se montraient respectables et se comportaient de façon correcte », regrette l'ancien temps où les mœurs étaient moins relâchées mais se montre une féministe acharnée, persuadée de la supériorité des femmes sur l'engeance masculine qui, selon elle, oscille entre puérilité et irresponsabilité. Comme toute règle établie, celle-ci souffre de deux exceptions notables, son père et son fiancé !

Ce personnage, parfois d'une extrême sagacité, parfois d'une extrême naïveté, nous ramène à des valeurs essentielles : le respect des autres, l'amour pour sa terre et le partage... Un rappel salutaire dans notre société en perte de repères.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 14 avril dans Les livres bonheurs d'Armande, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles d'Armande.
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16 juillet 2009 4 16 /07 /juillet /2009 07:37
L'empreinte du renard, de Moussa Konaté
Points policier, mai 2007, 288 pages, ISBN 9782757803059

J'ai lu L'empreinte du renard dans le cadre du défi littéraire. Il a été écrit par Moussa Konaté, c'était mon choix pour le continent africain.

L'auteur est Malien et l'action de ce livre se passe d'abord à Bamako puis au pays dogon. Il est difficile de passer après 3 fins commentateurs d'abord Dolly puis Michel/Anagnoste et enfin Saraswati.

L'auteur prend prétexte d'un meurtre au pays dogon pour nous initier à leurs us et coutumes. Ceux-ci sont ancrés dans un passé lointain qui leur donnent droit de vie et mort sur les leurs, ils sont certes d'une grande sagesse mais ils ont une façon à mon avis fort particulière de maintenir leurs traditions.
Habib l'enquêteur entre dans la danse avec brio, parlant pour un temps le même langage que les Dogons.

Mon avis est mitigé, l'écriture est agréable, les personnages finement décrits, ce n'est pas la façon d'écrire qui m'a gênée mais le pourquoi des crimes, cela m'a mise mal à l'aise. Justifier (pas pour l'auteur bien sûr) et même pardonner les meurtres au nom de la tradition va à l'encontre de mes idées même si les morts ne m'ont paru guère sympathiques.
Je ne peux vous en dire plus pour ne pas dévoiler l'essence de l'intrigue, j'ai attendu la fin de ma lecture pour lire les avis de mes prédécesseurs.

Un bon choix malgré tout pour l'Afrique.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 11 juillet dans Au Phil de Lo, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Lorence.
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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 06:44
La malédiction du Lamantin / Moussa Konaté
Fayard/Noir, mai 2009

Il paraît tant de polars chaque année que l'on en rate forcément. C'est ainsi que je n'ai pas lu les premiers romans de Moussa Konaté consacrés au commissaire Habib. Je le découvre aujourd'hui avec La malédiction du Lamantin.

Bamako, Mali, saison sèche. Comme tous les ans, les Bozos, ethnie de pêcheurs, s'installent au bord du fleuve. Un soir, un orage dévastateur sème la désolation sur la ville et le campement Bozo. Au petit matin, le chef Kouata et son épouse sont retrouvés morts entre les petites maisons de terre. Pour tous les Bozos, la cause est entendue, c'est Maa, le Lamantin, divinité du fleuve Niger à laquelle ils sont intimement liés, qui s'est vengé d'une offense passée en foudroyant le couple. Pour le commissaire Habib, la réalité est tout autre : Kouata est mort d'une crise cardiaque sur le cadavre de son épouse, tuée de deux coups de poignard. Malgré la pression rageuse de toute l'ethnie, Habib est bien décidé à faire la lumière sur cette affaire.

J'aurais voulu être beaucoup plus enthousiaste après la lecture de ce roman. Pensez donc, un polar malien, un nouveau personnage, pour tout amateur curieux (et les lecteurs de polars sont curieux), c'est une véritable aubaine.

Or il manque un petit quelque chose pour emporter l'enthousiasme. L'intrigue est vraiment mince, sa résolution facile. Et l'auteur n'arrive pas complètement à nous intéresser aux personnages. Pas suffisamment du moins pour qu'on tremble ou qu'on se réjouisse avec eux. En résumé, un certain manque d'ampleur, de puissance, d'épaisseur.

Malgré ces quelques réserves, je conseillerais quand même cette lecture. Parce que l'auteur réussit pleinement la description de la ville, et surtout de cette ethnie Bozo partagée entre animisme et islam, vivant dans un monde moderne sans avoir jamais perdu ses croyances. Parce qu'il nous fait voyager et découvrir un monde qui nous est totalement inconnu. Parce qu'il nous met fasse aux incompréhensions entre « l'école des blancs » et une autre façon de concevoir le monde, et qu'il le fait, justement, depuis l'autre rive, et pas, comme on en a l'habitude, avec les réflexions de « l'école des blancs ». Parce qu'il le fait au moyen d'une belle écriture, adaptée au propos. Parce qu'il est parfait quand il passe dans le registre du conte.

Peut-être les petits défauts s'effaceront-ils dans les prochains épisodes. Vous avez là l'avis de Jeanjean de Moisson noire.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 24 juin dans Actu du noir, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Jean-Marc.
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10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 06:23
L'automne des chimères - Yasmina Khadra
Baleine, Instantanés de polar, avril 1998, 175 pages

Le commissaire Llob est chargé d'une sale besogne, celle d'accompagner son ami Arezki Naït-Wali - célèbre peintre - à l'enterrement de son frère, Idir, assassiné par un groupe d'intégristes. C'est l'occasion pour le commissaire de revenir à Igidher, son village, dans le bled algérien. Malgré les risques, la tension perceptible à chaque coin de rue, dans chaque bourgade du pays, Llob a tenu à assister aux obsèques de ce berger philosophe qui ne demandait rien à personne, qui ne faisait aucun mal hormis celui de rêver à une société meilleure à l'ombre d'un olivier en surveillant son maigre troupeau de brebis.

Comme le commissaire se sentait heureux là-bas, redevenant, l'espace d'un instant, l'enfant qu'il avait été. Pauvre, certes, mais rempli d'une immense joie, celle de se savoir poète, musicien, artiste dans sa tête, dans son cœur, dans son âme, comme tous les enfants. Et cette grâce d'artiste, le commissaire Llob a voulu la perpétuer dans son quotidien de violence en écrivant sur ce qu'il vivait dans son commissariat, le copinage, les arrangements avantageux, les mafias, les vrais escrocs rarement ennuyés, les petits délinquants plus souvent arrêtés. Cela n'était pas vraiment du goût de ses supérieurs qui ne savaient pas apprécier sa plume trempée dans l'acide. Sa récompense avait été une mise à la retraite d'office pour tenter de le faire taire. Et quand Llob refuse poliment mais fermement de faire son autocritique en public pour être réintégré à son poste, il déclenche ouvertement les hostilités contre lui.

À lire L'automne des chimères, on se dit que ce roman est sans aucun doute celui d'un auteur désenchanté. C'est aussi le livre le plus accompli et le plus désespéré de Yasmina Khadra. Dans cet ouvrage, il y a mis beaucoup de lui-même, plus que dans les précédents. À travers le commissaire Llob - son double d'encre et de papier -, Yasmina Khadra a cherché à comprendre les racines du mal qui enserrent l'Algérie des années 1990, l'étouffent, l'empêchant de vivre normalement. Une fois encore, mais avec plus acuité, Yasmina Khadra dénonce tous ceux qui profitent du système véreux et délétère de l'époque, véritable plaie pour le développement économique et social de l'Algérie. Sur un ton encore plus sarcastique et désabusé, il pourfend ceux qui ont su naviguer en eaux troubles, n'hésitant jamais entre le Bien et le Mal, la Justice et la corruption. Seul compte l'intérêt immédiat et personnel, celui qui procure un maximum d'avantages en un minimum de temps. Yasmina Khadra nous dévoile une société algérienne en plein chaos, remplie d'incertitudes, laissée pour compte par les hommes politiques qu'elle a mis en place. Une société qui ne croit plus en rien, qui n'a plus confiance en elle. Ou quand elle croit, se fanatise, se radicalise pour sombrer - à son tour - dans le bellicisme pour obtenir le pouvoir.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 5 juin dans D'un livre l'autre, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Nanne.
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17 mai 2009 7 17 /05 /mai /2009 05:56
L'âme du chasseur / Deon Meyer
Seuil - ISBN 2020631504

Voilà mon cinquième et dernier roman policier pour mon challenge Littérature policière sur les 5 continents organisé par Catherine. Celui-ci représentait le continent africain.
 
Résumé
Véritable force de la nature, « P'tit » Mpayipheli s'est refait une vie honorable après sa mise au chômage par les services secrets sud-africains lorsque la fille d'un vieux camarade de lutte lui demande son aide : son père a été enlevé et ses ravisseurs menacent de le tuer si elle ne leur livre pas la rançon bien particulière qu'ils exigent. Que faire ? Renouer avec un passé de meurtres et de corruption qu'il a eu du mal à mettre derrière lui pour sauver son ami ou le laisser tomber pour protéger sa nouvelle existence ? Il n'hésite pas et les ennuis commencent : derrière le kidnapping, c'est en effet tout autre chose qui se joue et l'oblige à jouer son va-tout. Superbe course poursuite à travers une Afrique du Sud toujours en proie à ses vieux démons.
 
Mon avis
C'était le roman qui me laissait le plus dubitative... Je me demandais si ça ne risquait pas d'être trop violent ou ennuyeux avec trop d'espionnage... Et en fait, j'ai adoré ! C'est celui que j'ai préféré.

J'ai adoré l'intrigue, vraiment très bien menée, originale, avec de nombreux retournements de situation qui m'ont laissée sans voix (surtout la fin... exceptionnelle !). On apprend beaucoup de choses sur l'apartheid, l'Afrique du Sud, le rôle de l'URSS et des USA dans la guerre qui a déchiré le pays. Je ne connaissais pas du tout cette période, mais l'auteur ne laisse jamais le lecteur sans explication, il intègre très bien des pages de l'Histoire sud- africaine, sous différentes formes, de manière à ce que ce ne soit jamais indigeste. J'ai même réussi à suivre les différentes affaires d'espionnage et de contre-espionnage, ce qui tient du miracle, vu que quand je regarde un James Bond, au bout de cinq minutes j'exaspère tout le monde avec mes « mais qu'est-ce qui se passe ? » et « mais lui c'est qui? »... Ici, tout s'enchaîne. On prend son temps... Et l'ensemble devient clair.

De plus je me suis attachée au personnage de Thobela. J'ai aimé sa complexité, son évolution tout au long du livre. Ses doutes. Ses hésitations. Toutes ces choses qui le rendent tellement humain. Pareil à chacun d'entre nous. Il est à la fois en quête de rédemption, mais aussi de lui-même. Tout au long de l'ouvrage, les autres personnages, comme le lecteur essaye de le cerner. Personne n'y arrive. Il est insaisissable. Mouvant. À la fois beauté et haine. Force et fragilité. Comme les paysages qu'il traverse. Paysages magnifiquement rendus par l'auteur, dans un style flamboyant, rythmé, unique.

Je me suis tout de suite laissée prendre par ce style. Je ne voulais plus lâcher ce livre tellement c'était beau, étonnant. On plonge dans l'histoire. Jusqu'au bout. C'est une magnifique fresque avec un souffle épique remarquable. Thobela devient alors un véritable héros tragique face au Fatum. Ce n'est qu'à la fin qu'il entrapercevra ce qu'il est... Et ce qu'il veut devenir. Un pur régal.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 12 mai dans Lectures et farfafouilles, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles d'Edelwe.
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7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 05:42
Épouses & assassins / Kwei Quartey
Wife of the Gods, trad. de l'anglais (Ghana) par Michèle Valencia
Payot suspense, avril 2009, 341 pages
 
On connaît les Sud-Africains Deon Meyer et L.F. Despreez, le Sénégalais Abasse Ndione, le Malien Moussa Konaté (dont un nouveau roman doit sortir le mois prochain) ainsi que l'Algérien Yasmina Khadra et son commissaire Llob. J'en oublie certainement, mais toujours est-il que les auteurs africains de polars ne sont guère nombreux.

On peut désormais ajouter Kwei Quartey, jeune médecin ghanéen désormais installé aux États-unis et auteur d'un bon et prometteur premier roman.

Darko Dawson, inspecteur de la police d'Accra, est chargé de se rendre à Ketanu, un village éloigné au bord de la Volta - en pleine brousse, pour le coup - afin d'élucider le meurtre d'une jeune étudiante qui participait à un programme de lutte contre le sida.
Une enquête particulière pour lui, puisque Ketanu est aussi le village natal de sa mère, disparue 25 ans auparavant dans des circonstances jamais éclaircies.

On repère assez vite les fausses pistes de l'auteur, qui reprend les schémas classiques du roman policier, mais comme souvent avec le polar, l'intérêt est ailleurs. Loin de tout pittoresque, Quartey dresse un tableau en clair-obscur de la société ghanéenne et nous donne un bon aperçu de la vie quotidienne d'un pays tiraillé entre des pratiques ancestrales et l'avènement d'une certaine modernité. En abordant les questions de la polygamie, des liens familiaux, du sida, de la condition des femmes, du poids des traditions et des superstitions...

D'ailleurs, Dawson est lui-même le fruit de cette société en pleine mutation. Quand il règle seul et à sa manière un problème domestique sans en discuter avec sa femme, celle-ci lui rétorque : « Tu es censé être un homme moderne et progressiste, en faveur de l'égalité des femmes, tout ça, mais, en fin de compte, est-ce que ce n'est pas cette bonne vieille phallocratie qui pointe le bout de son nez ? ».

Un style direct, léger et sans fioritures stylistiques pour une intrigue policière simple et efficace, des personnages bien campés : il n'y a rien à reprocher à ce polar, sans grande prétention sur le plan littéraire certes, mais dépaysant, intéressant et agréable à lire. C'est déjà beaucoup.
Pourvu qu'on retrouve prochainement Darko Dawson afin de poursuivre cette exploration de la société ghanéenne, microcosme de l'Afrique noire.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 14 avril dans Moisson noire, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Yann.
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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 05:59
Lisahohé de Théo Ananissoh - Gallimard, Continents noirs, janvier 2005, 135 pages, ISBN 978-2070771646

L'auteur
Théo Ananissoh est Togolais. Il est né en 1962. Il vit en Allemagne où il enseigne la littérature africaine francophone à l'université de Cologne. Lisahohé est son premier roman.

Je me suis toujours dit qu'à partir du moment où il y avait un meurtre et une enquête dans un roman, on pouvait le classer les yeux fermés dans la catégorie thriller/polar.
Eh bien ce n'est pas aussi simple que ça... Et pourtant dès les premières pages, on est plongé dans une ambiance assez énigmatique et déconcertante qui n'était pas sans m'évoquer certains romans japonais.

Après 15 ans passés en Allemagne, Paul A., le narrateur, retourne à Lisahohé, sa ville natale située au coeur de la savane africaine, sans but précis. Un ministre a été assassiné et son meurtrier présumé arrêté. De rencontres en retrouvailles fortuites, le narrateur va renouer avec son passé et se retrouver malgré lui sur la piste du véritable coupable.

L'intrigue meurtrière est en réalité secondaire dans cette histoire qui s'attache davantage à explorer la quête (et non l'enquête) d'un natif dans un pays dont 15 ans d'absence lui auront fait perdre quelques repères et le sens des réalités de ce pays. Malgré sa nostalgie et son attachement naturel, sa double culture le lie plus facilement avec les deux touristes allemandes qu'avec ses amis d'enfance. C'est avec un certain détachement qu'il redécouvre sa ville au départ, comme sans émotion particulière, et pourtant, il est là, comme si au fond de lui il espérait quelque chose, sans savoir exactement quoi.
Eh bien il n'aura pas eu à attendre longtemps, pour preuve ce roman qui ne manque pas de rebondissements et qu'on a du mal à lâcher jusqu'à la fin, malgré un départ qui s'annonce tranquille tranquille quoique intrigant dès les premières lignes.

À ce sujet, j'ai vraiment aimé l'écriture de Théo Ananissoh, elle est sobre, directe et va à l'essentiel. Pas d'introductions ni de constructions inutiles autour des lieux, des personnages, du temps, des événements, on passe d'un lieu à l'autre, d'une situation à l'autre sans préambule, sans détails, c'est ce qui contribue un peu à cette impression d'ambiance énigmatique. On s'apprête à rassembler un puzzle, mais c'est « simplement » une intrigue subtilement tissée et non un casse-tête que nous offre l'auteur. C'est une expérience de lecture particulièrement agréable je trouve.

Un dernier mot sur Lisahohé qui est une ville fictive à en croire mes recherches sur le Net et dont j'ai beaucoup aimé l'histoire que l'auteur a brodée autour - d'ailleurs, avant mes recherches, j'ai gobé comme une mouche tous les faits liés à ce pays fictif dont il est question dans ce roman... Pays fictif qui a tout de même tout du Togo dont est originaire l'auteur et qu'il dépeint avec un réalisme très appréciable.

J'ai été très agréablement surprise et séduite par cette découverte et j'attends avec impatience la sortie d'autres romans de cet auteur au talent indéniable !

Également commenté par La plume francophone et Hervé.

DÉFI RELEVÉ HAUT LA MAIN - FIN DU PREMIER ROUND ! ET C'EST PARTI POUR LE DEUXIÈME TOUR !

Cette chronique de lecture est originellement parue le 23 avril dans Lecture sans frontières, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles d'A Girl from Earth.
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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 05:56
L'empreinte du renard, de Moussa Konaté
Points Fayard, 288 p, ISBN 978-2-7578-0305-9

La 4e de couverture était alléchante et c'est ce qui a motivé mon choix pour ce roman policier d'un auteur que je ne connaissais pas et que je suis ravie d'avoir lu !
Ce roman est un vrai régal : l'écriture est simple et rythmée, l'intrigue réunit tous les atouts d'un bon roman policier capable de vous tenir en haleine - amour, trahison, suspense, crime effroyable, politique... - et il propose une vision intéressante d'une tribu Dogon en pays malien.
J'ai particulièrement apprécié de découvrir les traditions des Dogons, comme le personnage du Hogon, le conseil des vieux du village ainsi que la divination à l'aide des empreintes de renard, traditions qui sont en opposition avec l'effervescence, image de la modernité, de Bamako peinte au chapitre 4.
L'enquête se met en place doucement, et notre attention se porte rapidement sur le personnage du commissaire Habib qui n'est pas sans me rappeler Sherlock Holmes, peut-être parce que l'arme du crime nous renvoie à une des célèbres nouvelles de Conan Doyle, La bande mouchetée, mais je ne dévoilerai rien de plus.

Ce commissaire malien a aussi des « liens de parenté » avec Hercule Poirot, notamment dans sa manière d'exposer son raisonnement et ses déductions devant tous les suspects. On sent dans l'écriture de Konaté un hommage à la littérature policière classique.

J'ai envie de vous faire partager une des pensées de ce commissaire qui permet de montrer combien ce personnage est humain et qui nous pousse aussi à nous interroger sur la société dans laquelle on vit et les valeurs qu'elle prône : « Ce qui est sûr, dit Habib, c'est que j'ai reçu la plus belle leçon d'humilité de ma vie. J'ai rencontré des personnes qui mettent l'homme au centre du monde. S'ils commettent un crime, ce n'est jamais pour défendre des intérêts personnels, mais pour sauver leur honneur et maintenir les fondements de leur société. Pour eux, les mots ont un sens. Ils vivent peut-être en-dehors du temps, ils s'accrochent peut-être à un monde condamné à disparaître, mais ce monde a un sens. » À méditer...

Bonne lecture à tous,
Dolly
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