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26 avril 2009 7 26 /04 /avril /2009 05:35
Défi roman policier : direction l'Afrique du Sud
Pour l'Afrique mon choix s'est porté sur La mémoire courte de Louis-Ferdinand Despreez.
Points, 255 pages, 2008, ISBN 987.2.7578.0466.7

Quatrième de couverture
« En pleine période électorale, une série de meurtres déstabilise l'Afrique du Sud. Chaque samedi matin, un homme est retrouvé dans une poubelle, sur le siège d'un train, dans un parc ou devant le palais présidentiel. Les corps sont violemment mutilés et la peau des visages a été arrachée. Comment identifier les victimes ? L'inspecteur Zondi va tenter d'enrayer le cycle infernal de ces crimes... Louis-Ferdinand Despreez est citoyen sud-africain d'expression anglaise, mais écrit en français, la langue de ses ancêtres Huguenots. Il a beaucoup voyagé. La mémoire courte est son premier roman. »

Ce roman policier m'a plu parce que l'auteur utilise l'aparthied pour construire son intrigue. Louis-Ferdinand Despreez nous apprend plein de choses sur l'histoire de son pays et sur les relents de racisme dans la société sud-africaine actuelle. L'intrigue est bien ficelée. Zondi, l'inspecteur en charge de l'affaire, arrive à trouver le meutrier en dénouant les ficelles petit à petit. La chute n'est pas brutale, elle est prévisible mais c'est ce qui fait la qualité de ce roman.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 17 avril sur Lilas Violet, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles d'Ashentie.
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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 05:28
L'empreinte du renard : meurtres en pays Dogon, de Moussa Konaté - Points Fayard, 288 p, ISBN 978.2.7578.0305.9

Dans la liste des polars africains, j'avais sélectionné  pour mon défi littéraire deux ouvrages mais le règlement oblige à n'en retenir qu'un seul. Bien entendu j'ai lu le second... Il s'agit de L'empreinte du renard de Moussa Konaté.
Comme il est permis de modifier la liste, je me réserve la possibilité de changer ma sélection et en attendant je commencerai donc par celui-ci.
J'ai mis du temps à démarrer le défi pour la simple et bonne raison que depuis mon inscription j'ai relu, L'étranger et La peste de Camus, grâce à (à cause de) Marie Sabine Roger et de son merveilleux livre La tête en friche.
De plus j'ai accompagné Gabriel Lecouvreur alias le Poulpe dans son aventure marseillaise St-Pierre et Nuque Longue de Serge Scotto un auteur que j'aime bien.
Mais revenons à notre sujet et ce qui pourrait devenir un des ouvrages de mon défi.

4e de couverture
Au cœur du pays Dogon, une série de morts bizarres alerte les autorités maliennes. L'affaire est délicate : les Dogons, très attachés à leurs traditions, vivent en marge de la société et sont redoutés pour la puissance de leur magie. Le vieux commissaire Habib, à la sagesse et au flair légendaires, est envoyé sur place. Mais le village entier se tait obstinément, et un étrange sorcier à tête de renard veille au respect absolu de l'omerta...
« Je savais que la mort frapperait notre maison, je le savais. Le renard me l'avait dit. »

Le « défi sur la falaise » chez les Dogons est une lutte à mort, semblable à l'ancien « Jugement de Dieu ». Précipité du haut de la falaise, le vaincu, celui qui a offensé, paye sa faute. Les familles des deux adversaires retrouvent chacune leur respectabilité et leur honneur.

Lorsque c'est l'offensé qui perd le combat, l'offenseur qui malgré sa chute paraît sauvé et décède dans des conditions inexplicables, que plusieurs habitants du village meurent également dans des conditions mystérieuses, les plus hautes autorités du pays décident de prendre les affaires en main et de confier l'enquête à un spécialiste. C'est ainsi que le commissaire Habib quitte Bamako, pour se rendre dans le pays Dogon.

En quelques lignes Moussa Konaté nous plonge dans l'univers Dogon. Arrivés depuis plus de sept siècles dans une région peu hospitalière, ils ont su s'adapter grâce à une organisation sociale très structurée et à leurs croyances.

L'enquête menée par le commissaire est l'occasion d'aborder sous un angle original l'éternel conflit entre « les anciens » et « les modernes », « les citadins » et « les paysans ». L'incompréhension semble totale de part et d'autre, mais c'est sans compter sur ce vieux sage qu'est Habib Keita.

« ...j'ai compris qu'il y a une frontière entre eux et nous, nous concevons le monde différemment. Or, tant que nous ne serons pas rentrés dans leur univers, il nous sera difficile de les comprendre et de comprendre le problème qui nous amène ici. » explique-t-il à Solos, son inspecteur.

« Des périphrases, des images, des proverbes. Il faut connaître tout ça, chef, pour parler avec les villageois. » lui répondra un peu plus tard son inspecteur.

L'écriture est agréable, l'intrigue classique et bien construite. Le commissaire mène l'enquête jusqu'à son terme et la conclut... d'une manière très sage.

À découvrir.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 12 avril dans Anagnoste : un lecteur parmi tant d'autres, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Michel/Anagnoste.
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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 05:52
L'empreinte du renard, meurtres en pays Dogon de Moussa Konaté
Points policier, mai 2007, 288 pages, ISBN 9782757803059

C'est le troisième volet des enquêtes du commissaire Habib, un peu un Maigret africain... Beaucoup de flair, de psychologie et de philosophie.

Présentation de l'éditeur : Au cœur du pays Dogon, une série de morts bizarres alerte les autorités maliennes. L'affaire est délicate : les Dogons, très attachés à leurs traditions, vivent en marge de la société et sont redoutés pour la puissance de leur magie. Le vieux commissaire Habib, à la sagesse et au flair légendaires, est envoyé sur place. Mais le village entier se tait obstinément, et un étrange sorcier à tête de renard veille au respect absolu de
l'omerta...

L'intrigue commence chez les Dogons. D'emblée, le ton est donné : amour, trahison, mort, honneur... On est plongé au coeur de l'Afrique des traditions ; tout est consommé, le mystère s'installe.
Puis, changement de décor : Bamako, pas très loin du pays Dogon et en même temps à des années lumières de cet univers inchangé depuis des siècles. Bamako, c'est la modernité, les voitures, les embouteillages, des policiers avec leurs petits tracas d'hommes modernes. Ici, l'affaire arrive comme étouffée dans les bureaux du ministère. Y a-t-il vraiment eu crime, pourquoi, comment ? On ne nous dit pas tout...
Dès cet instant, les personnalités du commissaire Habib et du jeune inspecteur Sosso commencent à se dessiner : un Maigret africain avec un associé jeune et fougueux, chargés de l'enquête, ils partent au pays Dogon.
Retour dans l'ambiance de magie de l'Afrique profonde avec sorciers et croyances, malédictions et tabous. Le personnage énigmatique et inquiétant du « chat » et les fameuses empreintes du renard entrent en scène.
L'irrationnel règne en maître. Pour comprendre les Dogons, il faut se mettre à penser « Dogon » ; ce sera là la force de Habib qui comprend que les gens de la falaise n'obéissent pas aux mêmes lois que les autres hommes ; c'est la coutume et les ancêtres qui décident ; alors, peu à peu la solution se fait jour conforme à la philosophie du récit.
J'ai aimé cette belle fable, les joutes verbales entre Habib et les anciens, son respect des coutumes et son désir de légalité, la tradition contre les lois, les anciens contre les modernes.

Le roman permet aussi d'entrevoir un pan des mystères Dogons avec la présence du Hogon, de la Togouna et du renard (cher à Marcel Griaule) dont les empreintes prédisent l'avenir. Un polar avec un zeste d'ethnographie et une pincée de modernité.
L'écriture est limpide et agréable. C'est vrai que l'enquête démarre doucement mais elle nous emporte alors complètement. On connaîtra quelques moments de peur, l'intrigue est bien développée.
J'ai aussi apprécié la description de la personnalité du commissaire Habib et la fougue brouillonne de son jeune adjoint Sosso. On rit parfois à ses dépens.
La fin est à l'image de cette enquête, inattendue et pleine de leçons et d'interrogations sur les contradictions d'un continent fascinant...

Cette chronique de lecture est originellement parue le 13 mars dans Orient Express, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Sarawasti.
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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 05:56
Les soldats de l'aube de Deon Meyer
Points Policier, 1159 ; janvier 2004 ; 519 p. ; ISBN 978-2020631242

Zatopek Van Heerden est un ex-flic policier en Afrique du Sud.
Il est chargé par une avocate, Hope Beneke de retrouver le testament de Johannes Jacobus Smit, torturé et tué chez lui.
Sans ce testament, l'amie qui vivait avec lui depuis plus de dix ans ne pourra pas hériter.
Van Heerden va se retrouver au coeur d'un terrible secret défense...

Je dois dire que j'ai écouté la version audio du livre et c'est décapant !
Le rythme s'accélère jusqu'à la fin !
Ce que j'aime dans ce polar, c'est le rythme justement et aussi le changement de narrateur.
En effet, si l'enquête est racontée à la troisième personne, Van Heerden nous parle aussi de sa vie, de ce qu'il est, de ce qu'il ressent, etc.
Les relations entre les différents protagonistes font aussi de ce livre une lecture incontournable des amateurs de polars !
C'est vraiment un auteur à découvrir !

Cette chronique de lecture est originellement parue le 11 mars sur Bookcrossing, site sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Bilbi, ainsi que sur son blog Livres etc.
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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 05:44
L'inspecteur Ali de Driss Chraïbi
Folio n° 2518, octobre 1993, 218 pages

Le livre que j'ai lu s'appelle L'inspecteur Ali. En réalité ce sont trois récits, nouvelles longues ou romans brefs comme vous préférez : L'inspecteur Ali au Trinity College, L'inspecteur Ali et la CIA, L'inspecteur Ali au village (Une enquête au pays). Au commencement je n'ai pas aimé l'inspecteur Ali : trop bruyant, trop farfelu, trop bavard, trop, trop, trop...

La première histoire voit l'assasinat d'une princesse marocaine, étudiante à Cambridge, un prétexte pour rire non seulement des Marocains mais aussi des Anglais. Comme je l'ai dit, j'ai trouvé l'inspecteur un peu trop clown, même si l'histoire est bien bâtie.

C'est un peu de même pour la seconde histoire, un peu trop facile de comprendre qui est le mystérieux tueur international : j'ai compris dès les premières pages !

Ce que j'ai aimé, c'est le troisième récit, Une enquête au pays. Je le trouve « terrible ». Les deux personnages, le jeune inspecteur Ali (pas encore le policier à qui tous demandent une solution aux énigmes les plus mystérieuses, et un peu plus calme que dans les autres aventures) et son chef se rendent dans un village éloigné de tout pour une enquête un peu mystérieuse. Le chef se veut « occidentalisé » et moderne et ne comprend rien à ce bled désolé, dans des montagnes brûlées par le sol et le vent. Tout ici est terrible, la chaleur, la montagne aride, le petit monde, une seule famille, « nous sommes une famille pas un clan », des gens loin du reste du monde, pour qui la frontière (entre Maroc et Algérie) est une convention, on va au marché ici ou là, c'est la même chose. Terrible l'histoire du vieux Rao, le capitaine Filagare, l'impossibilité de communication, entre le monde archaïque du bled et les soldats du colonialisme mais aussi le policier marocain. Même l'âne, qui agit comme une bête intelligente, est « terrible », même les enfants et les très jolies filles qu'Ali veut marier, tout est aride et terrible. Seul Ali y comprend quelque chose, même si pas assez, lorsqu'il comprend c'est peut-être trop tard.
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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 05:09

Plusieurs participants ont choisi tout comme moi - pour le défi Littérature policière sur les 5 continents - Mma Ramotswe détective, le premier tome d'aventures qui se déroulent au Botswana. J'ai donc modifié mon choix tout en restant dans cette série que je voulais absolument découvrir. Et c'est la couverture, vraiment attirante, (ils sont mignons ces suricates) qui m'a décidée pour celui-ci.


1 cobra, 2 souliers et beaucoup d'ennuis, d'Alexander McCall Smith est le 7ème tome des aventures de Mma Ramotswe qui paraît chez 10/18, dans la collection grands détectives (n° 3975, janvier 2007, 255 pages, ISBN 978-2-264-04455-6). C'est Élisabeth Kern qui a traduit de l'anglais « Blue shoes and happiness » (2006).


Alexander McCall Smith est né le 24 août 1948 en Rhodésie (devenue le Zimbabwe) dans une famille écossaise. C'est pourquoi il étudia le droit à Édimbourg où plus tard il enseigna ainsi qu'au Botswana, pays dans lequel il situe les aventures de Mma Ramotswe. Éclectique, Alexander McCall Smith est non seulement écrivain mais aussi juriste et expert en droit médical et bioéthique, et musicien à ses heures perdues avec le Really Terrible Orchestra qu'il a fondé en 1995. Auteur prolifique, il a d'abord écrit des contes et des livres pour enfants (dès 1984) avant de créer les séries Mma Ramotswe (en 1998), Dr. von Igelfeld (en 2003) qui se déroule à Regensburg (Ratisbonne), Isabel Dalhousie (en 2004) et 44 Scotland Street (en 2005) qui se déroulent à Édimbourg. Plus d'informations sur son site officiel.


Mma Precious Ramotswe et son époux J.L.B. Matekoni (un garagiste calme, friand de gâteaux, de football et qui sort de dépression) vivent tranquilles dans leur maison de Zebra Drive avec deux enfants qu'ils ont adoptés à l'orphelinat de leur amie, Mma Potokwane. Il y a une fille, Motholeli, en fauteuil roulant, partie en weekend chez une amie, et un garçon, Puso, imprévisible mais qui s'assagit.

Mma Ramotswe gère l'agence n° 1 des dames détectives qu'elle a fondée il y a quelques années.

Son assistante Mma Grace Makutsi, jeune diplômée de l'Institut du Secrétariat du Botswana (et surnommée en cachette 97 sur 100), s'est trouvé un fiancé à l'Académie de danse et de mouvement où elle suit des cours. Phuti Radiphuti, fils d'un riche homme d'affaires, fermier et propriétaire d'un magasin de meubles, est un bon parti malgré un léger bégaiement.


Il fait beau et calme, c'est donc que tout va bien sauf qu'il y a toujours des problèmes... Il y a ceux liés à la Nature (comme la sécheresse ou le serpent dans le bureau) et ceux très courants qui pourraient être évités mais que les gens se créent eux-mêmes (comme une paire de chaussures inadaptée, un vol de nourriture, un chantage, ou la superstition encore présente). « Nous sommes des êtres humains [...] et les êtres humains ne peuvent pas faire autrement. [...] Nous ne pouvons pas nous empêcher de faire des choses qui nous attirent toutes sortes d'ennuis. » (page 10).


Par contre, Mma Ramotswe attire vraiment la sympathie. Elle est de « constitution traditionnelle » (c'est-à-dire bien en chair), bienveillante, observatrice, perspicace, pleine de bon sens et elle suit les principes de Clovis Andersen parus dans « Les principes de l'investigation privée » : « N'ouvrez pas la bouche, quoi qu'il arrive, mais en même temps, incitez les autres à faire exactement le contraire. » (page 19). Elle boit aussi des litres de thé rouge (*) car « La plupart des tourments pouvaient être apaisés en buvant du thé et en réfléchissant pendant ce temps. » (page 20).


Honnête et peu intéressée par l'argent : « - Combien est-ce que... - Inutile de parler de ça maintenant [...]. Ce n'est pas aussi excessif que vous l'imaginez. En plus, nous faisons payer les gens en fonction de leurs possibilités. Nous ne prenons pas très cher. » (page 163), « Mma Ramotswe ne résout pas de crimes. Elle s'occupe de toutes petites choses. [...] Toutefois ces toutes petites choses sont très importantes pour les gens. » (page 65). Et c'est ce dont vous vous rendrez compte à la lecture de cette série dont je vais d'ailleurs lire les autres tomes tellement elle m'a plu !


Les titres de la série

The No.1 ladies' detective agency – Mma Ramotswe détective

Tears of the giraffe – Les larmes de la girafe

Morality for beautiful girls – Vague à l'âme au Botswana

The Kalahari typing school for men – Les mots perdus du Kalahari

The full cupboard of life – La vie comme elle va

In the company of cheerful ladies – En charmante compagnie

Blue shoes and happiness – 1 cobra, 2 souliers et beaucoup d'ennuis

The good husband of Zebra Drive – Le bon mari de Zebra Drive

The miracle at Speedy Motors – Miracle à Speedy Motors

Tea time for the traditionally built (pas encore paru en français)


(*) Quelques mots sur le « thé rouge » que boit Mma Ramotswe

Je crois qu'il s'agit du rooibos, qui en fait n'est pas du thé mais l'infusion d'une plante qui pousse en Afrique du Sud et dont le nom signifie 'buisson rougeâtre' en afrikaans. Plus d'informations (en anglais) sur le site officiel du South African Rooibos Council.

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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 05:58
L'homme qui venait du passé est le dernier roman publié de Driss Chraïbi, malheureusement décédé en 2007. Ce roman fait parti de ma sélection pour le défi littéraire des cinq continents ; catégorie Afrique.
Éditeur : Denoël ; 199 pages ; ISBN 2.207.24588.8
Note : 14/20

Présentation de l'éditeur
L'inspecteur Ali n'est jamais pressé, même quand la sécurité du monde est en jeu. A fortiori quand une huile du gouvernement marocain le convoque pour lui annoncer une macabre découverte : un cadavre au fond d'un puits dans le patio d'un riyad, un palais de Marrakech. Entre deux bouffées de kif et quelques tajines épicés, Ali mène l'enquête grâce à son traditionnel réseau d'indics, composé de femmes de ménage, de chauffeurs de taxi et de caïds de la drogue. Mais il déploie cette fois ses antennes beaucoup plus loin que d'habitude, du côté de la France, des États-Unis et de l'Afghanistan. Qui est donc le mort du riyad, de quel réseau islamiste était-il le chef ? De la mafia marocaine aux coffres-forts des banques suisses, en passant par les hautes sphères du renseignement occidental, un gigantesque jeu de pistes se met en place, où Ali progresse nonchalamment vers les secrets les mieux gardés de la planète.

L'homme qui venait du passé fait parti d'une série de romans de Driss Chraïbi mettant en scène l'inspecteur Ali. Ce farfelu personnage nous entraîne dans une aventure pour le moins surprenante et importante à l'échelle mondiale. Sans oublier son sens de l'humour - on pense notamment au judicieux homo americanus -, Ali va parcourir des kilomètres allant du Maroc jusqu'en France pour enquêter sur le mystérieux meurtre de Marrakech. Alors qu'il vient d'être promu chef de la police criminelle marocaine, l'inspecteur se voit offrir une affaire très particulière ; le maquillage de l'identité du cadavre découvert à Marrakech. Qui se cache sous cette mystérieuse identité ?

Nous, on n'a pas de démocratie, mais on mange bien.

L'inspecteur Ali doit cacher au monde entier le décès d'un des personnages les plus importants du monde musulman. Comment s'y prendre ? Il va devoir user d'astuces, trouver les mots et trafiquer des preuves pour se jouer du médecin légiste, de Scotland Yard, du MI5, de la CIA et autres personnes susceptibles d'être intéressées par cette information. Une tâche difficile et périlleuse mais pas impossible pour les larges épaules de l'inspecteur. D'autant plus qu'il profite de cette mission pour y créer sa propre enquête. Une investigation parallèle et autonome où il trouvera le soutien de plusieurs personnages secondaires.

Son quotient intellectuel était variable comme un baromètre, montait et descendait selon les méandres de son raisonnement et les caprices de sa météorologie personnelle.

La trame annonce un roman passionnant, drôle, et riche en évènement. Ce n'est pas tout à fait le cas, notamment à cause de l'humour décalé du policier. Ses discours complètement décousus lui permettent de faire perdre aux différents protagonistes le fil de la discussion. Le problème est que le lecteur se sent à son tour perdu dans cet amas de phrases délirantes et se surprend - je parle pour moi - à décrocher par moment. De plus, certaines situations auraient, à mon avis, gagné à être plus exploitées.

Tu as ouvert la porte pour me laisser entrer dans ta conscience et dans ta souffrance ?

Avec un style abrupt et direct, l'auteur ne cache pas les idées qu'il se fait du monde musulman et occidental. Parfois le personnage semble s'emparer du roman pour ne faire qu'un avec l'écrivain. Les deux protagonistes paraissent en pleine discussion. Driss Chraïbi se sert de l'inspecteur pour vider son sac et dénoncer la pseudo-guerre que certains fanatiques et hommes politiques se sont inventés. Avec un final assez surprenant, il ressort de L'homme qui venait du passé un bon roman plutôt axé sur l'humour et la bêtise humaine que sur une intrigue policière classique.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 17 février dans Les polars de MiKa, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de MiKa.
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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 05:26
Jusqu'au dernier** de Deon Meyer
Seuil/Policiers, Points, février 2003, 464 pages, ISBN 9782020580236

Depuis la mort de sa femme, l'inspecteur Mat Joubert, ne s'intéresse plus à rien. L'arrivée de son nouveau chef l'oblige à consulter une psychologue et à se concentrer sur deux enquêtes importantes.
La première concerne un certain « Monsieur Mon Cœur » qui détrousse une à une les succursales de la banque Premier.
La deuxième a pour objet des meurtres perpétrés à l'aide d'un Tokarev, arme dont se servaient les guérillas marxistes de l'Angola, ou d'un Mauser, tout droit sorti de la guerre des Boers.
Meurtres politiques, crapuleux, voire maffieux, personne n'a de piste sérieuse et les crimes et les hold-up continuent... Y a-t-il un lien entre eux ? Mat va émerger de ses ténèbres pour plonger dans celles de l'assassin.

Ce roman policier sud-africain m'a happée. J'ai trouvé l'analyse psychologique du personnage central excellente. On découvre aussi l'Afrique du Sud et ses tensions politiques, son racisme encore trop présent. Et surtout, on est pris par cette enquête passionante... Jusqu'au dénouement... Excellent !

Cette chronique de lecture est originellement parue le 3 février sur Fleurysoub Family, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Sarah.
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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 05:52
Alexander McCall Smith « Mma Ramotswe détective »
Traduit de l'anglais par Elisabeth Kern
Titre original : «The N°1 Ladies' Detective Agency »
Éditions 10/18 - Collection Grands détectives
1998 pour l’édition originale, 2003 pour la traduction française
256 pages - ISBN 2-264-04554-X - Prix : 7 €
Date de parution : 30/11/2006
Source : ma bibliothèque municipale - Terminé le 1er février 2009

Auteur
Ressortissant britannique né en 1948 au Zimbabwe, où il a grandi, Alexander McCall Smith vit aujourd'hui à Édimbourg et exerce les fonctions de professeur de droit appliqué à la médecine. Il est internationalement connu pour avoir créé le personnage de la première femme détective du Botswana, Mma Precious Ramotswe, héroïne d'une série qui compte déjà huit volumes. Quand il n'écrit pas, Alexander McCall Smith s'adonne à la musique - il fait partie de l'Orchestre épouvantable - et aux voyages. Il est également l'auteur des aventures d'Isabel Dalhousie, présidente du Club des philosophes amateurs et de 44 Scotland Street, qui inaugure les « Chroniques d'Édimbourg », un roman-feuilleton relatant les tribulations d'un immeuble peuplé de personnages hauts en couleur.

Lieu de l'action
Le Botswana, sa capitale Gabarone, au pied du mont Kgale.

Personnages
Mma Ramotswe (et sa famille)
Mme Makutsi, son assistante
Les clients de l'agence de détectives

Résumé
Le livre s'ouvre  sur la description du paysage où se trouve l'agence de détectives, la présentation de sa responsable et d'une de ses premières enquêtes.
Les  chapitres suivants content l'histoire de Mma Ramotswe : l'itinéraire de son père et le sien jusqu'à la  fin de son mariage calamiteux et la mort de son père dont l'héritage lui a permis de monter son agence.
Au chapitre V, commence l'aventure de l'agence et les premières enquêtes car dans ce livre, ce n'est pas une intrigue que l'auteur nous offre mais plusieurs intrigues, les enquêtes de la nouvelle détective.

Avis
Les enquêtes sont entrecoupées de descriptions de paysages du pays, de sa vie qui nous apprennent beaucoup sur le contexte dans lequel la détective travaille. Les personnages sont attachants comme celui central de la détective qui est comme une incarnation de cette Afrique qu'elle nous fait aimer.

Anecdote personnelle
J'ai beaucoup travaillé sur l'Afrique en fac de droit ; je connaissais le Botswana mais mon mari non. Alors nous avons racheté un atlas pour mieux localiser ces histoires. Le soir au coucher, j'allais au Botswana et maintenant, me voilà parti vers l’Australie et tout ça grâce à Catherine.

Citations
p. 7 : « Il y avait la vue aussi, mais elle non plus ne pouvait apparaître dans un inventaire. »
p. 249 : « Il tourna la tête dans l'obscurité pour regarder cette femme qui était tout pour lui : la mère, l'Afrique, la sagesse, la compréhension, la bonne cuisine, le potiron, le poulet, l'odeur sucrée de l'haleine du bétail, le ciel blanc sur l'infinité de la savane, et aussi la girafe qui pleurait et donnait ses larmes aux femmes, qui en enduisaient alors leurs paniers. O Botswana, mon pays, ma patrie. »

Ce livre dans ma bibliothèque Babelio.

Ce livre est le 3ème que je lis dans le cadre du Défi de littérature policière sur les 5 continents. Les deux précédents sont « D'ombre et de lumière » de John Harvey et « Solutions » de Diao Dou.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 4 février sur Laura Vanel-Coytte, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Laura.
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8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 05:23
Le Noir qui marche à pied de Louis-Ferdinand Despreez, Phébus, 216 pages

Louis Ferdinand Despreez, pseudonyme qui lui vient de qui nous savons tous, est un auteur sud-africain qui écrit directement en français. Et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il maîtrise notre langue aussi bien, voire bien mieux, que beaucoup d'entre nous.
Avec ce Noir qui marche à pied, l'écrivain de la "nation arc-en-ciel", comme il la désigne à de nombreuses reprises lui-même, nous dépeint une société complexe, engluée malgré la fin de l'apartheid dans des problèmes qui prennent de plus en plus de place et qui touchent aussi les ex-seigneurs de l'Afrique australe : les Blancs.
L'inspecteur Zondi, le personnage principal du livre, est un flic zoulou qui va devoir faire face à une affaire inédite : des enlèvements d'enfants blancs à la sortie de leur école. En effet, cruelle nouveauté, cette forme de criminalité touche désormais les gosses des beaux quartiers, d'origine afrikaaner de surcroît. L'ensemble s'avère bien étrange car il faut attendre des semaines avant que les ravisseurs ne se manifestent et précisent leurs intentions.
Zondi, accompagné de son adjoint afrikaaner Roelof Krieg, va essayer de déterminer les tenants et les aboutissants de cette histoire de rapts d'enfants.

Si l'enquête en elle-même ne présente pas un intérêt des plus grands - les policiers étant mis sur la bonne piste grâce à la bêtise des ravisseurs et à la découverte d'un indice bien trop évident - Despreez nous invite essentiellement à découvrir l'état de la société sud-africaine contemporaine.
Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'est pas très reluisant...
En fait, mais on n'avait pas encore mesuré l'ampleur d'un phénomène pourtant connu, on réalise que la nouvelle Afrique du Sud multi-ethnique ressemble un peu à une jungle dont on ne saurait affirmer si elle sera un jour maîtrisée.
L'auteur nous décrit un pays que l'on perçoit à la dérive, encore terriblement marqué par son passé et les réflexes y étant liés mais surtout, et c'est là qu'on sent poindre un pessimisme radical sous sa plume, livré aux affres du présent de manière désordonnée. Rien ne semble fonctionner dans ce pays mis à part la criminalité qui jouit d'une excellente santé.
À l'image du pays, Zondi paraît souvent avoir du mal à se positionner : dans sa vie personnelle, dans la pratique de son métier, dans sa conception de la justice comme dans celle de la nation.
Volontariste, efficace, à la limite de la légalité, Zondi ne fait preuve de faiblesse que lorsqu'il se livre à des analyses du monde qui l'entoure ou quand il se laisse un peu aller à être surpris, par exemple, à apprécier, dans une séquence du livre où il se retrouve dans un bar afrikaaner, l'écoute de la country australe (sic). C'est pourtant lors de la lecture de tels épisodes, comme de ceux, entre autres, mettant en scène les familles des enfants enlevés que l'on est pris par ce roman.
L'écriture de Despreez est admirable. Dénuée de tout sensationnalisme voyeur comme de pudeur excessive, le Sud-Africain parvient à nous toucher là où ça fait mal, comme on dit vulgairement, et le tout, sans complaisance.
En outre, on lui est reconnaissant d'éviter de nous faire verser des larmes et de s'en tenir, en ce qui concerne l'aspect policier de son récit, aux faits.
Par ailleurs, les descriptions des townships, des "hauts-quartiers" blancs comme des banlieues dégradées où vit un sous-prolétariat, blanc également, nous permettent d'appréhender la réalité d'un pays que certains auraient trop vite idéalisé avec la chute de l'apartheid. Despreez, par la galérie de personnages qu'il nous expose, nous interroge sur l'avenir d'une nation qui, trop souvent, ne semble pas en être une tant les gouffres séparant les communautés semblent profonds.
Ce roman nous pose donc une série de questions sur l'identité comme sur les possibles d'un pays qui doit faire avec plus de 11 langues nationales. À cet égard, on est surpris par les termes qui passent dans l'un ou l'autre des idiomes comme par Zondi qui répugne à s'exprimer "en langue", c'est-à-dire en zoulou. Problème d'identité, je disais...

Si on devait émettre des réserves, ce serait surtout en ce qui concerne les conceptions de la justice comme de la nature humaine que l'ouvrage véhicule.

Zondi, à de nombreuses reprises, se montre intransigeant et à la limite de ce que, chez nous, on désignerait par le vocable de "réactionnaire". Détestant les marginaux, résolument pour la peine de mort, l'inspecteur zoulou ne nous inspire, quand il exprime ces idées précises, aucune sympathie contrairement aux passages où il s'avère lucide, reconnaît ses propres limites et nous livre une intéressante analyse de ce qu'est le racisme.
On pourrait rétorquer que c'est le personnage qui s'exprime et non l'auteur. Le problème, c'est que la voix de l'auteur ne nous semble guère différente par moments et se mêle, bien trop souvent à notre goût, à celle de son héros. On citera, par exemple, le discours d'une juge à la fin de l'ouvrage qui ferait défaillir n'importe quel abolitionniste convaincu.
Pour terminer, on serait tenté de taxer le roman de manque de hauteur de vue lorsqu'il attribue les "racines du mal", un peu trop aisément, à la nature de l'individu lui-même plutôt qu'à son environnement social.

Tout cela, je le regrette amèrement, gâche un peu le plaisir qu'on a eu à découvrir un pays dans toute sa complexité, un roman très recommandable et un auteur qui, indéniablement, ne manque pas de talent.

PS : un petit glossaire à la fin de l'ouvrage s'avère bien utile.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 1er février dans Noirs desseins, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Cynic63.
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