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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 17:19

SaveursAssassines.jpgSaveurs assassines, de Kalpana Swaminathan
Le Cherche Midi, mars 2007, 334 pages, ISBN 978-2-749109541
Traduit de l'anglais (Inde) par Edith Ochs

J'avais opté au départ pour La chanson du jardinier, mais c'était sans savoir que c'était le 2e volume de la série des enquêtes de Miss Lalli, or comme j'aime faire les choses dans l'ordre, surtout pour découvrir une série, j'ai finalement choisi ce titre.

L'auteure
Kalpana Swaminathan est médecin. Elle vit à Bombay. Saveurs assassines, son premier livre publié en France, inaugure une série de cinq romans policiers.

Un polar divertissant à la sauce indienne, et avec de l'humour, ce qui ne gâche rien.

Je m'attendais à une version indienne des Dix petits nègres d'Agatha Christie (décidément la reine du crime en inspire beaucoup), une version originale intégrant en plus des aspects gastronomiques de la cuisine indienne, ce qui n'était pas pour me déplaire vu que : 1) j'aime assez les polars façon Cluedo, où l'on enquête à la même vitesse et avec tous les éléments que les protagonistes, et 2) je suis très gourmande et les descriptions de mets m'inspirent et titillent mon imagination.

J'ai été d'emblée conquise par la voix de la narratrice, nièce de notre Miss Marple indienne, alias Miss Lalli, et de son sens de l'auto-dérision. Les premières pages décrivant le contexte de sa vie et les activités de sa tante m'ont énormément divertie et amusée. Les personnages et situations décrites sont savoureux, ceci jusqu'à ce que l'on en arrive enfin au lieu du crime, dans une luxueuse villa de Bombay qui rassemble, pour un week-end, quelques personnalités en vue, ainsi que la narratrice et Miss Lali. On s'y détend, tout comme les convives, guettant déjà tout ce qui clocherait dans leurs comportements et paroles.

Et puis, au bout d'un moment, j'ai commencé à me demander quand est-ce qu'on allait en venir aux faits, c'est-à-dire, à notre intrigue policière à proprement parler. Car arrivé à la moitié du livre, toujours pas de crime en vue, et donc pas d'enquête ! Nos convives mangent, boivent, discutent, dansent, dorment et râlent pendant plusieurs chapitres, mais pas de meurtre à l'horizon. Du coup j'ai commencé à trouvé le temps un peu longuet et à m'ennuyer un peu des personnages et de leurs activités.

Ce n'est que quasi au dernier tiers du livre qu'on découvre enfin un corps (aaaah yes un meurtre ! Youhou ! Enfin !) et l'enquête est résolue par Miss Lalli avec une facilité déconcertante en quelques pages et interrogatoires de rigueur.

C'est l'aspect du roman qui m'a semblé le moins réussi et convaincant, l'intrigue policière en elle-même, d'autant plus que j'avais déjà découvert l'identité de l'assassin avant la découverte du meurtre (ce qui est assez fort pour quelqu'un comme moi qui n'y voit que du feu habituellement). Je le dois, non pas à ma grande perspicacité (hélas), mais au fait que l'auteure exploite du déjà-vu, un indice gros comme le nez au milieu de la figure... Mais peut-être aussi commencé-je à être plus rôdée, habituée aux intrigues policières.

J'ai vu ce livre, du coup, surtout comme roman prétexte à un hommage à la gastronomie indienne et un peu à la reine du crime, bien que pour l'auteure, ce soit plus un roman « inspiré par les nombreux hommes et femmes dépossédées qui ont reconstruit leur vie  sur les trottoirs de notre ville hospitalière, Bombay, dans les décennies qui ont suivi la libération du Bangladesh. Leurs histoires faites d'un courage et d'une force d'âme exemplaires ont peu à voir avec ce récit, mais j'ai emprunté une partie de leur insatiable appétit pour la vie. » (tiré des remerciements de l'auteure en fin de livre). 

Le glossaire reflète bien la diversité des langues du mélange culturel de Bombay. L'anglais des romans de l'auteure, dixit la préface, est enrichi de nombreux mots et expressions appartenant aux diverses langues de ses habitants, venus des quatre coins du sous-continent indien (tamoul, ourdou, bengali, marathe, télougou et le gujerati, en plus de l'hindi).

Bon, je continuerai probablement la série à l'occasion, car j'aime assez l'univers de l'auteure, la plongée dans la culture de Bombay (pour ça, rien à dire, on est bien servi et c'est intéressant) mais je serai prévenue pour le côté policier assez léger.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 12 mai 2011 dans Lecture sans frontière, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles d'A Girl from Earth.

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Publié par A Girl from Earth - dans Asie
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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 17:12

MaitreFengshuiNord.jpgLe maître de fengshui perd le nord, de Nury Vittachi
Philippe Picquier, 2004, 349 pages, ISBN 978-2-877307222
Traduit de l'anglais (Hong Kong) par Julie Sibony.

Nury Vittachi est né au Sri Lanka mais il vit depuis 1987 à Hong Kong. Il est à la fois écrivain, professeur, journaliste, spécialiste du fengshui et fondateur d'un festival international de littérature.

Quatrième de couverture : « Mourir est très mauvais pour le fengshui. C'est pourquoi C.F. Wong, digne maître de fengshui exerçant à Singapour, se trouve amené à résoudre quelques énigmes criminelles comme l'apparition intempestive d'un fantôme dans un cabinet dentaire, ou la disparition d'une jeune Chinoise promise à une mort inévitable et prochaine. Ici, il est confronté à une histoire très compliquée, qu'il va s'efforcer de dénouer avec l'aide de sa pétillante stagiaire, Joyce McQuinnie, une Anglo-Australienne plus préoccupée par ses soirées en boîte de nuit que par les enseignements de la géomancie traditionnelle chinoise. Le duo Wong-Joyce illustre avec malice les antagonismes spectaculaires de ce Singapour cosmopolite, où l'on peut à la fois vivre complètement à la chinoise sans parler un seul mot d'anglais, ou au contraire à l'occidentale sans comprendre un mot de malais. Tous deux passent leur temps à se chamailler sur ce qu'ils vont manger au petit-déjeuner, mais la richesse de leur rencontre vient du fait qu'ils finissent par pénétrer l'univers de l'autre. Grâce à cela, ils parviendront à résoudre tous les mystères - même si cela doit les mener jusqu'en Australie, un endroit qui incarne le pire des cauchemars pour un maître de fengshui ! ».

Ce roman policier est très original. Je ne m'attendais pas du tout à cela. Nous ne sommes pas du tout dans le schéma habituel d'un meurtre et d'une enquête. Il y a plusieurs affaires, les histoires se recoupent et les méthodes utilisées pour résoudre les faits sont quelques peu hors du commun. L'auteur fait 'cohabiter' une Australienne et un Chinois, leurs relations ne peuvent être qu'explosives. L'humour du roman se base sur l'incompréhension culturelle entre le maître de fengshui et sa stagiaire occidentale. J'ai laissé de côté les passages consacrés à la rédaction des sagesses orientales de C. Wong parce que j'ai trouvé cela pesant. Ce livre est une découverte, j'ai passé un bon moment même si les situations semblent parfois irréalistes, je n'hésiterai pas à relire cet auteur à l'avenir.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 5 mai 2011 dans Lilas Violet, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles d'Ashentie.

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Publié par Ashentie - dans Asie
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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 16:15

FatalFengshui.jpgFatal fengshui,de Nury Vittachi

Picquier poche, 380 pages, ISBN 978-2877307857

 

Nury Vittachi est un auteur sri-lankais vivant à Hong Kong. Il a écrit plusieurs romans dont cinq (quatre sont traduits en français) mettant en scène le maître de fengshui, C.F. Wong. Fatal fengshui est le troisième de la série (le deuxième en français puisqu'il semblerait que le second volet, The Fengshui Detective goes South, n'ait pas été traduit ???).

 

M. Pun, principal employeur de C.F. Wong, a décidé d'offrir pour Noël une séance de fengshui gratuite aux membres de  son conseil d'administration international. Wong se retrouve donc avec une série de missions à accomplir à Singapour où il vit mais aussi en Inde, en Thaïlande, aux Philippines et en Australie.

 

J'ai vraiment bien aimé ce livre. C'est facile et rapide à lire et le livre se présente sous la forme de chapitres quasi-indépendants les uns des autres, relatant chacun une enquête de Wong et de son écervelée d'assistante, Joyce McQuinnie. Ce roman est plein d'humour et les enquêtes sont plutôt bien ficelées malgré leur brièveté. J'ai aussi bien aimé le fait que les enquêtes aient lieu dans différents pays d'Asie et d'Océanie. Cela permet de découvrir un peu ces pays et leurs populations.

 

Les personnages sont particulièrement bien réussis. Wong est un petit bonhomme chinois très malin n'ayant que deux passions dans la vie… l'argent et la nourriture ! Joyce McQuinnie est une jeune femme de 18 ans encore adolescente. Elle est très fleur bleue et tombe amoureuse quasiment à chaque chapitre. D'ailleurs, son comportement avec ses prétendants est à mourir de rire. Elle parle aussi en langage imagé que Wong ne comprend pas ce qui donne souvent à sourire. La secrétaire de Wong est loin d'être un bourreau de travail mais a par contre un solide appétit et pique souvent la pitance de Wong sous son nez.

 

Bref, si vous recherchez du roman policier divertissant et drôle, Fatal fengshui est fait pour vous.

 

[Une chronique de lecture de Pélie]

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Publié par Pélie - dans Asie
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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 16:07

BengalHot.jpgBengal hot, de Sarah Dars

Picquier poche, 351 pages, ISBN 978-2877309752

 

J'ai lu ce roman dans la catégorie Asie bien que Sarah Dars soit Française. En fait, elle a beaucoup voyagé en Inde et s'est imprégnée de la culture indienne en étudiant des doctrines philosophiques de ce pays. Elle a écrit plusieurs romans dont huit mettent en scène le brahmane Doc. Bengal hot est la première apparition de son héros récurrent.

 

Le brahmane Doc et son ami Arjun sont appelés à l'aide par Satyavatî, mère des héritières de la maison d'édition Dâs&Dâs, Tilottamâ et Urvashî, pour guérir cette dernière de son problème de somnambulisme. Un soir de fête, les deux jeunes femmes ainsi que le mari d'Urvashî, Girish, sont retrouvés morts transpercés de balles de révolver. Le brahmane Doc, poussé par la curiosité, décide d'enquêter.

 

Dans l'ensemble, j'ai bien aimé ce livre. J'ai lu rapidement ce livre poussée par la curiosité, comme le brahmane Doc, de comprendre ce qu'il s'était passé et pourquoi. J'ai pu découvrir l’Inde en restant dans mon fauteuil. On comprend un peu mieux les différences entre les diverses régions de ce grand pays, leur philosophie, leur habitudes gastronomiques, etc.

 

Cependant, quelques petites choses m'ont moins plu. Bien que le suspense ait été au rendez-vous, j'ai moyennement aimé la fin que j'ai trouvée un peu « facile ». L'autre point négatif est probablement plus à imputer aux éditeurs qu'à l’auteur. Àla fin du livre, il y a un lexique des mots indiens que l'on retrouve dans le récit. Vu que ma connaissance de l'Inde était proche du niveau zéro, je trouvais que c'était une bonne idée. Au début, je m'arrêtais à chaque mot en italique pour chercher sa signification à la fin du livre. Sauf que tous les mots en italique dans le texte ne se trouvent pas dans le lexique. De plus, la plupart du temps, tous les mots compliqués sont expliqués dans les lignes qui suivent.

 

En bref, Bengal hot a été une lecture plutôt agréable et je ne refuserai pas de croiser à nouveau la route du brahmane Doc.

 

[Une chronique de lecture de Pélie]

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Publié par Pélie - dans Asie
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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 14:21

MeurtreUniv.jpgMeurtre à l'université, de Batya Gour
Histoires de Michael Ohayon - 2, 1993
Folio policier, mars 2007, 448 pages, ISBN 978-2-070339211
Traduit de l'israélien par Jacqueline Carnaud et Jacqueline Lahana

Un crime littéraire !
 
Comme Pascale a déjà présenté un roman de Batya Gour (surnommée la  P.D. James ou l'Agatha Christie israélienne), je ne vais pas présenter l'auteur. Je peux seulement dire, encore une fois, qu'elle est un vrai écrivain et que certaines comparaisons ne rendent pas le mérite de son originalité.

Il faut dire que moi aussi j'avais lu comme premier choix Le meurtre du samedi matin (un cas psychanalytique)  mais comme j'ai attendu trop longtemps (plusieurs mois ) pour écrire mon billet j'ai préféré changer : de titre, mais pas d'auteur car j'avais aimé le livre et le policier, bien attachant et sympa, héros de tous les livres de Batya Gour.

Cette fois, c'est l'université le lieu du crime, en particulier le prestigieux département de littérature de l'université de Jérusalem, lieu bien connu par l'écrivain car c'est là qu'elle a fait ses études et a travaillé. Et aussi le commissaire Michael Ohayon : il a fait là-bas ses études (chose qu'à la police, on lui « reproche » souvent, « on n'est pas à l'université ici » répète son chef de temps en temps.

Deux assassinats endeuillent, au cours d'un même week-end, le département. Ohayon qui accompagnait son fils à un stage de plongée en mer, est par hasard sur les lieux du premier drame : un jeune et brillant assistant de littérature est retrouvé noyé, empoisonné par du monoxyde de carbone volontairement mis dans ses bouteilles. Il revenait des États-Unis totalement transformé par ce qu'il y avait trouvé, disent ses collègues, qui ne savent pas ce qu'il avait trouvé... La préméditation ne fait aucun doute. Un autre éminent spécialiste est découvert battu à mort avec un soin particulier mis à le défigurer. Pour le commissaire, nul doute que ces meurtres sont liés. Peut-on, dans certains milieux, tuer pour d'autres raisons que l'amour, le pouvoir ou l'argent ?  Ce n'est pas facile de sortir du lot parmi les poètes et les critiques littéraires (comme l'était aussi Batya Gour).

On peut dire que Ohayon va pénétrer, comme dans ses précédentes enquêtes, dans un lieu secret, replié sur lui-même, constitué de codes et d'interdits. Si Ido était un jeune homme aimé de tous, en revanche Tirosh le « maître », le grand poète, était loin de faire l'unanimité, même si pour certains on peut parler d'« adoration » envers lui. En démêlant l'écheveau complexe des relations, Ohayon s'apercevra que, là comme ailleurs, il a le choix des pistes : entre l'envie, la luxure, le vol et l'adultère, ou alors est-ce encore autre chose ?

L'histoire est passionnante mais j'ai aimé aussi les autres côtés du livre : la vie en Israël entre colombes et faucons, entre Juifs de différentes origines, Tirosh venait de l'Europe orientale, Ohayon du Maroc, d'autres sont nés en Israël. Une société israélienne ou Ohayon se fait l'observateur sensible et attentif d'une réalité qu'il analyse sans préjugés et sans complaisance.

Très intéressant aussi le côté « littéraire » : on voit quels problèmes éthiques peuvent surgir entre l'artiste et son œuvre, l'œuvre et le critique, et comment le non-respect d'un certain code moral peut aboutir à un « crime littéraire ».

Un polar qui offre une dimension « intellectuelle » inattendue, on peut presque parler d'un authentique traité littéraire.

[Une chronique de lecture de Gaspara]

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Publié par Catherine - dans Asie
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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 08:52

MortHeroineRouge.jpgMort d'une héroïne rouge, de Qiu Xiaolong
Points Policier, janvier 2003, 501 pages
Death of a red heroine traduit de l'anglais par Fanchita Gonzalez Battle

L'auteur
Né à Shanghai en 1953, Qiu Xiaolong émigre aux États-Unis après les événements de Tian'anmen. Également en Points : Visa pour Shanghai et Encres de Chine.

Voilà un polar que j'ai mis du temps à me décider à lire malgré les avis généralement positifs et bien qu'il fasse partie de mes challenges depuis l'année dernière. J'avais en réalité des a priori, je craignais de m'ennuyer dans une histoire de meurtre clairement politique, avec ses clichés et ses évidences, tendant la perche à des discours et considérations sur le communisme qui me parleraient peu, voire pas du tout, et je craignais aussi un style un peu vieillot, traditionnel, un peu trop chinois, que j'imaginais mal adapté aux polars.

Erreur, j'ai été étonnée par le côté très moderne, occidental, qui se dégageait de l'écriture de ce roman, jusqu'à ce que je me rende compte qu'en fait ce livre a été traduit de l'anglais et donc que l'auteur n'était pas un Chinois à 100 %. Enfin, si, mais bon, bien qu'il ait grandi et vécu en Chine, son statut d'expatrié aux États-Unis fait qu'il a tout de même une approche plus libre et décontractée quand il s'agit de pointer du doigt les failles du système dans son pays, et qu'il a une façon de voir les choses beaucoup plus occidentale que chinoise, ce qui se ressent assez à la lecture de son roman.

Ça n'empêche que ce polar est très intéressant et instructif sur la Chine socialiste en transition vers la fin des années 80. L'auteur brosse une peinture politique et sociale de la Chine des années 60 au début des années 90 et s'attache beaucoup au quotidien de ses personnages, s'attardant sur leurs habitudes sociales et leur train-train quotidien.

Vraiment j'ai appris bien des choses que je ne soupçonnais pas sur le mode de vie des Chinois, sur leurs relations entre eux, professionnelles ou amicales, sur leurs difficultés également (la crise du logement y est particulièrement déprimante), sur leurs habitudes alimentaires (qu'est-ce qu'on se goinfre dans ce livre, et qu'est-ce que ça donne envie !).

Ce roman a été pour moi un véritable voyage culturel qui a provoqué chez moi à la fois choc et émerveillement au gré des pages.

Bien sûr, on n'échappe pas aux considérations politiques que je craignais tant (de ne pas suivre surtout), mais ça se fond très bien dans l'enquête que l'auteur développe tout en finesse et avec clareté, et ça se révèle être aussi particulièrement intéressant, même si pour le coup, on n'apprend rien de véritablement neuf, et que le déroulement des événements sur la fin m'a semblée peut-être un peu 'facile'.

Par contre, j'ai été un peu soulée par le côté 'poète' de l'inspecteur et par sa pseudo histoire sentimentale avec la journaliste. Poète, romantique et idéaliste, forcément notre inspecteur ne pouvait pas être un flic ordinaire, et en plus il traduit des romans policiers occidentaux !

À croire que l'auteur l'a un peu façonné à son image...

Un passage que j'ai bien aimé car assez révélateur culturellement parlant :
« - En fait, 'intimité' est un mot difficile à traduire en chinois.
Il s'y était heurté plusieurs fois. Il n'y avait pas de mot équivalent dans sa langue. Il avait dû trouver une périphrase pour en exprimer le sens. »

Lu dans le cadre du deuxième tour du défi Littérature policière sur les 5 continents.
(DAL 2 - 7) DÉFI ACHEVÉ !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Youhou !

Cette chronique de lecture est originellement parue le 24 octobre 2010 dans Lecture sans frontières, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles d'A Girl from Earth.

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Publié par A Girl from Earth - dans Asie
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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 12:23

TempleGrueEcarlate.jpgLe temple de la grue écarlate, de Tran-Nhut

Une enquête du mandarin Tân

Philippe Picquier (poche), 2001, 375 pages, ISBN 978-2877305587

Présentation de l'éditeur

Lorsqu'il rejoint son poste, aux confins de l'empire vietnamien du XVIIe siècle, le mandarin Tân ne sait pas encore que les familles de notables n'ont qu'une idée en tête : le marier à leurs filles nubiles. Cependant le jeune homme n'a guère le temps de se prêter à ces jeux sociaux, car il se voit bientôt confronté à sa première affaire de magistrat. Une succession de meurtres aussi cruels qu'inexplicables le conduit à s'intéresser de près à un ordre de moines plus férus d'arts martiaux que soucieux de la loi de Bouddha. Aidé de son ami le lettré Dinh, il lui faudra parcourir les montagnes embrumées du Nord et déployer toute son ingéniosité pour mener à bout son enquête, dont la solution au goût amer est un défi à son sens inné de la justice.

Quand il s'agit de créer l'étoffe d'une histoire, quatre mains peuvent tisser une trame plus élaborée que deux. C'est en s'inspirant de leur aïeul maternel que les sœurs  Tran-Nhut - l'une est physicienne, l'autre ingénieur d'une grande université américaine - ont imaginé le personnage du mandarin Tân, en convoquant les mille et un détails d'un passé révolu et de ses légendes, avec un évident plaisir d'écriture.

Mon avis

J'ai lu ce roman dans le cadre du défi Littérature policière sur les 5 continents.  Je ne connaissais nullement ce duo d'écrivaines mais partais avec un a priori positif car le récit se déroule au XVIIe siècle et j'apprécie beaucoup me retrouver plongée dans une époque antérieure à la nôtre. 

J'ai pourtant été déçue, non pas par l'écriture qui est pleine de saveur et très imagée : « Leurs comparses se ruèrent à l'assaut, la gueule ouverte, mais le mandarin s'était replié sur lui-même, et exécutant le geste parfait de la Grenouille Ailée, s'éleva dans les airs, par-dessus leurs figures ahuries. [...]  Quand Dinh ouvrit les yeux, il vit un pied puant arriver à grande allure. Par réflexe, il se laissa tomber sur le flanc, ce qui lui évita d'avoir le nez cassé. Le brigand qui l'avait manqué proféra un juron et voulut le frapper au crâne en exécutant la figure connue de la Vieille qui Bat le Grain. Mais ayant pris des appuis trop écartés, il laissa Dinh lui passer entre les jambes.  Celui-ci se redressa et à l'aide de la technique peu élégante de l'Âne qui Rue, atteignit les parties tendres de son agresseur qui s'écroula en hurlant. » 

La déception vient en fait de l'action qui manque, à mon sens, de rythme, surtout durant la première moitié du roman. Bien sûr, le mandarin Tân se voit dès son arrivée dans sa nouvelle fonction confronté à des assassinats particulièrement horribles d'enfants extrêmement difformes, les Rejets de l'Arbre Nain. Mais durant une bonne partie du récit, j'ai eu l'impression que cette enquête s'enlisait quelque peu, elle passait à l'arrière-plan d'une narration faisant alors la part belle à la description d'un lieu et d'une époque, ce qui aurait pu ne pas être dérangeant si l'enquête avait été parallèlement poursuivie. Or, elle semble presque à l'arrêt avant de redémarrer.

La personnalité du mandarin, à la bonhomie apparente, m'a en revanche bien plu, tout comme les relations privilégiées qu'il entretient avec son entourage et particulièrement son ami Dinh.

Bref, nul regret d'avoir lu ce livre mais je ne partirai probablement pas à la découverte d'autres aventures de Tân...

Cette chronique de lecture est originellement parue le 3 octobre dans Le monde de Paikanne, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Pascale.

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Publié par Pascale - dans Asie
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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 19:37

TraversDocteurPorc.jpgLes travers du docteur Porc, de Tran-Nhut

Picquier Poche, 304 pages,  ISBN 2-8097-0169-2

 

Après le polar historique chinois (cf. les enquêtes du juge Ti) et le japonais (cf. les enquêtes de Sugawara Akitada), je me lance dans le petit cousin vietnamien. Encore une fois je ne peux que chaleureusement remercier le défi Littérature policière sur les 5 continents pour cette agréable découverte !

Mais peut-être n'ai-je pas commencé par le bon car, dans ce livre, on n'y suit pas les aventures du mandarin Tân (qui est à TRAN-NHUT ce que le juge TI est à Frédéric LENORMAND ou à Robert VAN GULIK) mais celle du docteur Porc qu'il a choisi pour rendre la justice parce qu'il est appelé hors de sa province. Et celui-ci ne va pas tarder à être confronté à une bien étrange affaire : un homme, après avoir passé une folle nuit d'amour avec une femme, se réveille avec ce qui a tout l'air d’être le cadavre de cette dernière à ses côtés… S'il se doute bien qu'une telle décomposition ne peut avoir lieu aussi rapidement, le médecin aura bien du mal à dénouer tous les fils d'une énigme dont les fils ont été noués il y a plusieurs années déjà car nombreux sont ceux qui tentent de lui mettre des bâtons dans les roues pour garder cette affaire secrète… Et s'il n'y avait que ça ! Car, il devra en plus affronter un docteur sikh pour s'attribuer un cabinet idéalement placé en ville, dans lequel il pourra mettre à profit toute sa science pour ce qui s'annonce comme les prémices de la chirurgie esthétique :

« Non, ce qu'il lui fallait, c'étaient des consultations d'un genre spécial, nombreuses et lucratives, des examens payés rubis sur l'ongle par une population prête à dépenser des cents et des mille sans y regarder à deux fois. Le docteur Porc se frotta ses petites mains potelées à l'évocation de cette manne à visage de femme, dont les désirs étaient connus et immuables : beauté et jeunesse, à toute heure et à tout prix. »


Ce qui fait le charme de ce roman et qui m'a véritablement plu en dehors d'un dépaysement total pour moi (en effet, ce n'est que le second roman vietnamien que je lis et je ne connais pas du tout l'histoire de ce pays) c'est, non seulement, l'alliance de l'humour – pas toujours fin – du docteur pachydermique et du côté historique (si on peut douter de la possibilité d'un premier implant mammaire au 17e siècle, force est de constater en lisant l'appendice que théoriquement l'opération aurait pu être réalisée ; on appréciera également l'éclairage mis sur les guerres de religion indiennes notamment contre les Sikhs, ce qui montre malheureusement que les Hommes se ressemblent bien souvent en mal quelle que soit leur origine…), mais surtout la truculence de la langue et des maximes orientales qu'on méditera à loisir, comme :

« les femmes sont comme des macaques : lorsqu'elles ont saisi une nouvelle branche, elles ont vite fait de lâcher l'ancienne. »


Les vacances sont déjà finies depuis peu mais voilà un roman que je conseille fortement si on a un peu de temps devant soi, et qui devraient même ravir qui n'est pas spécialement fan de polar.

 

Cette chronique de lecture est originellement parue le 13 septembre dans iti1801, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles d'iti.

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Publié par iti - dans Asie
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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 13:10

MeurtreSamedi.jpgLe meurtre du samedi matin, de Batya Gour
Folio policier, janvier 2007, 413 pages, ISBN 978-2070308965

Dans le cadre du défi Littérature policière sur 5 continents, je viens de terminer la lecture de Le meurtre du samedi matin de Batya Gour, une auteure israélienne dont je n'avais jamais entendu parler. C'est d'ailleurs en cela que réside l'intérêt de ce genre de défi qui permet de partir à la découverte de contrées souvent méconnues, par le biais de la littérature, en l'occurrence la littérature policière.

Présentation de l'éditeur
Batya Gour, née à Tel-Aviv en 1947 et décédée en mai 2005, a vu les six enquêtes de son commissaire Michaël Ohayon traduites en près de douze langues. Ancien professeur de littérature, remarquable observatrice des multiples facettes d'Israël, elle est également l'auteur de Meurtre en direct publié à la Série Noire.

Pour les membres du prestigieux Institut de psychanalyse de Jérusalem, ce samedi restera à jamais le jour où l'indicible s'est produit : le docteur Eva Neidorf, analyste de renommée internationale, profondément aimée de ses collègues, a été retrouvée dans son bureau tuée d'une balle dans la tempe. Ses proches sont abasourdis. Il n'y a pas de mobile. Elle connaissait l'assassin et lui a elle-même ouvert la porte. Michaël Ohayon, confronté aux arcanes de ce milieu viscéralement tenu par la déontologie du secret, saura mettre à nu les raisons d'une telle violence. Il saura poser la question cruciale pour cette profession : que faire lorsque l'on détient sur un patient des informations moralement inacceptables ? Que faire si l'intégrité physique ou psychologique d'autres personnes est gravement en danger ?

Mon avis
L'enquête nous entraîne dans un milieu très spécifique, celui de la psychanalyse, dans un institut très renommé dont nous tentons de percer les arcanes en compagnie du commissaire Ohayon. Le vénéré Professeur Hildesheimer veille 'paternellement' sur cet organe auquel il s'est voué corps et âme depuis des décennies.
Ohayon devra souvent lui-même insister auprès de ses prestigieux interlocuteurs, au cours des interrogatoires, afin de tenter de lever les nombreux voiles qui occultent cette instance, aidé en cela par ses proches collaborateurs avec qui il entretient de très bonnes relations. L'enquête est longue et piétine plus souvent qu'à son tour mais c'est sans compter sur la persévérance des fins limiers ; Ohayon ne trouve d'ailleurs que peu de temps à consacrer à son fils et à lui-même, obsédé qu'il est par l'enquête en cours.
J'ai beaucoup apprécié découvrir ce personnage plus complexe qu'il n'y paraît à première vue, davantage sans doute que suivre le déroulement de l'enquête elle-même, même si les pistes sont nombreuses et nous amènent à soupçonner tantôt l'un, tantôt l'autre. J'ai aimé aussi, comme je le disais précédemment, 'partir' vers un pays que je ne connais absolument pas.
Ce fut une lecture plaisante, agréable mais pas haletante comme il arrive que ce soit parfois le cas dans ce type de récit. Ceci dit, je précise que je lirai avec plaisir dans le futur, si l'occasion se présente, les enquêtes de ce policier particulier (fumeur invétéré - c'est un élément qui m'a particulièrement frappée !-), espérant le voir évoluer dans sa vie personnelle.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 8 juin dans Le monde de Paikanne, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Pascale.

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Publié par Pascale - dans Asie
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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 00:05

MaisonMort.jpgLa maison où je suis mort autrefois, de Keigo Higashino
Actes Sud / Actes noir, avril 2010, 254 pages, ISBN 978-2742789511

Quand vous lirez l'article de Claude Le Nocher sur ce livre, vous comprendrez pourquoi je me suis jeté dessus. Et j'espère qu'après mon article, vous ferez de même. Car c'est un excellent livre de mystère et de suspense.

Sayaka Kurahashi est sortie avec le narrateur pendant six ans. Puis ils se sont séparés. Ils se retrouvent lors d'une réunion d'anciens élèves. Elle s'est mariée à un commercial qui s'appelle M. Nagano, qui est en voyage d'affaires pendant six mois, et a une fille de trois ans. Bien qu'ils ne se soient pas parlé pendant cette réunion, elle lui téléphone quelques temps plus tard pour lui demander un service.

Le narrateur s'imagine renouer avec son amour de jeunesse et il accepte un rendez vous dans un petit bar. Elle lui explique alors qu'elle n'a aucun souvenir avant l'âge de cinq ans. Elle n'a aucune trace de cette tendre période, ni relevé scolaire, ni photographie. Après la mort de son père, elle reçoit un plan indiquant une maison perdue dans les montagnes et une clé à tête de lion. Elle lui demande alors de l'accompagner. Il accepte bien volontiers, d'autant plus qu'il aperçoit des cicatrices sur son poignet gauche qui laissent penser qu'elle a essayé d'attenter à sa vie.

Arrivés sur les lieux, ils découvrent une maison qui a été condamnée. Seule une petite porte qui donne sur la cave peut être ouverte par la clé à tête de lion. N'écoutant que leur curiosité, ils entrent dans une maison qui n'est plus habitée depuis un certain temps. Toutes les horloges ou pendules ou montres se sont arrêtées sur onze heures dix. Les pièces indiquent que la maison a été habitée par un couple et un garçon. Puis ils découvrent le journal intime du petit garçon, Yusuke Mikuriya.

Voici l'exemple même du livre simplissime et complexe à la fois, et donc génial. Comment, à partir d'un huis-clos, faire une enquête prenante, avec des personnages touchants, une ambiance angoissante et un sujet à faire froid dans le dos. Vous l'aurez compris, il faut lire ce livre, il faut le dévorer, c'est génial.

Tout d'abord, c'est une enquête en huis-clos. Les deux personnages vont trouver des indices et essayer d'interpréter ce qu'ils trouvent ou découvrir ce qui est entre les lignes du journal intime du petit garçon. Et puis, il y a les deux personnages si vivants, si humains, cherchant à se débattre avec une vérité qui leur échappe. Enfin, il y a l'ambiance. L'auteur est très doué pour nous faire ressentir cette maison isolée au milieu des bois en plein milieu de la nuit.

Et tout ces ingrédients fonctionnent avant tout grâce à la magie et au talent de Keigo Higashino, car tout y est suggéré, minuté. Le puzzle y est assemblé pièce par pièce de façon subtile. Et c'est tellement bien construit que l'on ne s'aperçoit de rien, on se laisse emporter du début jusqu'à la fin en se laissant guider par l'histoire.

Pendant un moment, j'ai été tenté de comparer ce roman avec du Agatha Christie (je veux dire les très bons Agatha Christie). Mais en fait, cela va plus loin, c'est plus fort, avec une réflexion sur la mémoire, sur ce que l'on veut bien retenir de notre vie (comme il est dit sur la quatrième de couverture). J'aurais pu aussi comparer cette Maison à certains huis-clos que les Japonais ont sorti au cinéma. Car l'ambiance vous prend vraiment à la gorge.

Voilà. Je n'arrive pas à exprimer mieux pourquoi et comment cet auteur arrive à nous enfermer dans ses filets, alors la seule chose que je peux dire pour finir, c'est que c'est un excellent suspense et que vous devez le lire.

Ce livre a été lu dans le cadre du défi Littérature policière sur les 5 continents pour l'Asie.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 3 juin dans Black novel, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Pierre.

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Publié par Pierre - dans Asie
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