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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 07:14
Saveurs assassines, de Kalpana Swaminathan
Titre original : The Page 3 Murders
Le Cherche Midi Policier, Les enquêtes de miss Lalli, mars 2007, 334 pages

C'est un magnifique week-end gastronomique qui s'annonce dans la luxueuse villa de Bombay où quelques jet-setters en vue se sont retrouvés : un écrivain de best-sellers, un danseur, un mannequin, une féministe convaincue, un industriel amateur de chevaux, un médecin très médiatique, la très respectable miss Lalli et sa nièce. Un des convives ayant été retrouvé à l'état de cadavre, commence l'enquête, et Lalli ne tarde pas à découvrir que les invités, sous des dehors très convenables, ont tous de sordides secrets à dissimuler.

C'est le premier roman policier que je lis où le cadavre et l'enquête démarrent aux deux tiers du roman : le premier cadavre n'apparaît qu'à la page 199 (le roman en comporte 218) ! La manière d'enquêter de miss Lalli rappelle miss Marple d'Agatha Christie : toutes les personnes présentent ont un mobile ; à la fin sont réunis dans une même pièce tous les protagonistes.
Le roman est riche d'un vocabulaire culinaire indien et cette pléthore de termes inconnus a freiné ma lecture.

En bref, un roman policier sans grande originalité si ce n'est son contexte indien (il aborde notamment la question des castes).

Note : *

Autres avis : Naina, Chimère.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 21 septembre dans Thracinee-thèque, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Thracinee.
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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 07:23
Le lézard noir, d'Edogawa Ranpo
Picquier poche, 2000

Court livre du maître japonais Edogawa, ce roman a un goût assez occidental : une voleuse de charme à la Arsène Lupin, le jeu du chat et de la souris entre celle-ci et le détective Akechi.

Le lézard noir convoite L'étoile égyptienne, un diamant à nul autre pareil, qui appartient au joaillier Iwase. Afin de se l'approprier, le lézard met au point un plan rocambolesque, aux mises en scènes très théâtrales et spectaculaires, avec à ses trousses le détective Akeshi.

Le lézard noir est affaire de rebondissements, d'astuces, et de cheminements intellectuels : qui du détective ou de la voleuse jouera le prochain coup ? Comment parviendront-ils à leurs fins ? Et surtout comment Akechi coincera-t-il la belle et sensuelle voleuse qui se joue de lui depuis le départ ?
Envoûtante, le lézard noir, qui hypnotise les hommes par ses danses et ses paroles, a enfin trouver un adversaire digne d'elle en la personne de ce détective impassible et observateur à la Colombo.

Initialement paru en 1934 au Japon, Le lézard noir est un policier à l'air léger, dans lequel la reflexion tient plus de place que l'action, même si Akechi est loin d'être un armchair détective (càd un detective qui résoud l'enquête de son fauteuil, sans jamais s'approcher de la scène de crime...) : il prend des risques et... (je n'en dis pas plus !).

J'ai lu ce polar dans le cadre du défi Littérature policière sur les 5 continents : après avoir hésité avec un Miyuki Miyabe ou un Tran-Nhut, j'ai opté pour le père du polar japonais : une enquête au rythme particulier, qui se lit d'une traite. Particulier car il est vrai qu'on est plus habitué aux codes du polar américain où l'enquêteur est charismatique, bougon, buveur... Rien de commun avec Akechi ! Pourtant, le jeu entre lui et le lézard, cette idée de soumission au maître assez typique des univers japonais m'ont plu : classique et dérangeant jusqu'à un certain point !

Cette chronique de lecture est originellement parue le 1er août dans Sur mes étagères, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles d'Aurore.
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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 07:46
Le mandala de Sherlock Holmes, de Jamyang Norbu
Philippe Picquier, janvier 2001, 310 pages

Présentation de l'éditeur : Le livre enchantera les amateurs du fameux limier ainsi que les lecteurs friands de romans d'aventures. Il ressuscite pour nous le grand détective et lève le voile sur un pan de sa vie auquel Conan Doyle, laissant sur leur faim tous les passionnés, n'a consacré que quelques lignes laconiques : l'intervalle séparant sa disparition présumée dans les chutes de Reichenbach de sa réapparition dans L'aventure de la maison vide.
Jamyang Norbu, holmésien distingué d'origine tibétaine, comble ce manque. Il a en effet découvert le journal du compagnon de voyage de Sherlock Holmes, confirmant la thèse selon laquelle ce dernier a effectivement voyagé en Inde et au Tibet où il vécut moultes péripéties, est venu en aide au dalaï-lama, et a trouvé un nouveau Watson en Hurree Chunder Mookerjee, espion et savant bengali, personnage créé à l'origine par Kipling et auteur présumé de ce récit.
Entraînant le lecteur dans un tourbillon de rebondissements et d'épreuves, le récit jongle avec brio entre références littéraires, histoire coloniale dans l'atmosphère de l'Inde du Raj et Tibet mystique, mélangeant fiction et réalité jusqu'à un dénouement évidemment inattendu.

Voilà une lecture plaisante, très british, qui se déroule dans une  Inde de carte postale que n'aurait pas reniée Kipling. L'auteur lui rend d'ailleurs un hommage appuyé ; très bon pastiche des œuvres de Conan Doyle à travers un excellent portrait de Sherlock Holmes plus vrai que « nature » avec son flegme légendaire, ses déductions imparables, son violon et ses chères opiacées.

Tout y est, citations latines, explications scientifiques, rappels historiques en bas de page... Dans une atmosphère inquiètante, se succèdent de courts chapitres rédigés d'une plume alerte.  Le récit s'accèlère peu à peu ; beaucoup de rebondissements avec des méchants, sectes d'étrangleurs, Chinois avides ou amateurs de sangsues géantes...Vraiment affreux.  Moriarty ferait un fantastique Voldemort !

Les péripéties  au Pays des Neiges sont fort rocambolesques. La fin est digne d'une série B comme « Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin » avec le terrible Lo Pan. Et le Tibet que l'auteur nous raconte fait plus penser à Hergé qu'à celui des romans d’Eliot Pattison qui, avec les enquêtes de l'inspecteur Shan, nous en donne une version contemporaine et réaliste. Au total, une belle image d'Épinal sur fond d'invasion chinoise qu'on sent proche. J'ai parcouru ce roman comme on feuillette un vieil album de chromos en dégustant une tasse de Darjeeling accompagnée de scones à la crème !

Ce livre visitant l'Asie clôt pour moi le défi Littérature policière sur les 5 continents.
J'ai fait le tour de la terre !

Merci à Catherine  pour ce voyage ! Et bravo pour l'énorme travail que représente cette entreprise !

Cette chronique de lecture est originellement parue le 19 novembre dans Orient Express, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Sarawasti.
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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 18:20
Mort d'une héroïne rouge, de Qiu Xiaolong

En un coup d'œil
Date de publication originale : 2000 (Death of a Red Heroin)
Date de l'édition française: 2003, Liana Levi, Points, 501 pages
Genre : enquête policière
Mots-clés : héroïne assassinée, pressions politiques
Personnage principal : inspecteur Chen Cao de la police de Shanghai
Biographie et bibliographie : http://www.lianalevi.fr/policier/260_6.htm
Commentaire : http://polars.cottet.org/lec1/qiu01.htm

À mon avis
C'est toujours assez émouvant de tomber sur un nouvel écrivain dont on aime le premier livre et qui vient de publier 6 romans policiers en six ans. Qui plus est : cet auteur est chinois (même si, né en 1953, il vit depuis 19 ans aux États-Unis) et ce sont ses années vécues à Shanghai qui inspirent directement l'univers de son inspecteur Chen Cao. Ce petit dépaysement est bienvenu. Pourtant, les noms chinois sont plus faciles à déchiffrer et à retenir que les islandais ou les suédois ; la structure de ce polar est tout à fait classique ; et la société chinoise des années 90 est beaucoup plus près de la nôtre (pour le meilleur et pour le pire) que celle du Juge Ti.
Cela dit, nous sommes quand même un peu dépaysés, et plusieurs commentateurs ont bien apprécié la description de la ville de Shanghai, ses quartiers riches à l'écart, ses taudis aux petites ruelles, les logements minimalistes des gens ordinaires, les édifices gouvernementaux mieux organisés, les vendeurs de mets exotiques itinérants et les grands restaurants pour les touristes ou les privilégiés. Comme l'action se situe au début des années 90, et que l’auteur à cette époque, comme le détective, approche la quarantaine et a vécu dans une famille petite bourgeoise qui a connu les années glorieuses du maoïsme, la révolution culturelle, puis la lutte contre les gardes rouges, les gens instruits devant se faire rééduquer à la campagne, enfin les 4 libéralisations modernisantes de Deng Xiaoping (milieu 80/début 90) où les vieux cadres sont mis à la retraite et où on compte sur les jeunes scolarisés, le lecteur est plongé dans les luttes de pouvoirs entre les purs et durs et les modernes. Apparemment au-dessus de tout ça, la stabilité du Parti unique qui s'assure la suprématie en lançant de temps en temps des attaques contre des ennemis communs, ceux qui subissent les mauvaises influences de l'Occident, par exemple. Ce qui, par ailleurs, n'empêche ni les relations littéraires ni les échanges économiques entre les États-Unis et les Chinois. On en vient ainsi à vivre de l'intérieur et à comprendre cette originale cohabitation entre la libre entreprise et la pensée unique, à ce moment du développement de la Chine où le politique jouit encore d'un certain contrôle sur l’économique.
Quant à la dimension policière à proprement parler, la structure est classique : découverte d'un cadavre, recherche de l'identification, collection et étude d'indices (interrogation de l'entourage, fouille de l'appartement), belle complicité entre Chen et son adjoint Yu, respect d'un bon patron mais qui doit tenir compte d'interventions venues d'en haut, la corruption des uns et l'acharnement bien intentionné des autres ; bref on retrouve ici les chemins habituels caractéristiques des polars de procédure policière, y compris la contribution des amis et des conjointes comme chez Anne Perry et Donna Leon. Le rythme est lent dans la mesure où la description de la vie quotidienne des Chinois de Shanghai est importante, et l'intérêt de l'auteur pour la nourriture, du fast-food au grand restaurant russe du Chinois d'Outremer, a ravi bien des lecteurs. Ce qui est sympathique aussi, pour nous Québécois, c'est que nous avons l'impression que les jeunes Chinois des années 90 vivent une sorte de Révolution tranquille qui, à bien des égards, ressemble à la nôtre des années 60. Jeans ou jupes courtes, libération sexuelle (si on compare au puritanisme maoïste qui sévit jusqu'au milieu des années 80), une certaine confiance en l'avenir, remise en question d'un certain passé et de fréquents privilèges, bien que cette critique soit prudente et plus émise en privé qu'en public, parce qu'on ne sait pas trop, en cette période de transition, qui appartient à quelle tendance. L'inspecteur Chen incarne bien cette période : poète et fils d'un professeur de tendance néo-confucianiste, ayant tendance à se servir de sa tête et de son cœur plutôt que de se soumettre aveuglément à l'autorité ou aux règles, confiant malgré tout (en gros) au Parti et au progrès de l'évolution de la Chine, il apparaît comme un pragmatique sympathique et prudent.
Ce qui semble un déséquilibre, dans ce commentaire, entre l'intrigue proprement dite et le contexte où elle se déroule, traduit la composition du roman. Nous nous attachons à Chen comme au Charlie Salter d'Eric Wright ; nous sommes captivés par la vie quotidienne de la ville de Shanghai tout en étant surpris du fait que ces Chinois nous ressemblent sur bien des points. Ceux qui se passionnent pour les puzzles aux solutions subtiles, ceux qui jouissent des rebondissements inattendus qui nous sortent de nos pantoufles, et ceux qui préfèrent les méchants sadiques, les bons alcooliques et mal mariés, et les enquêtes bouclées à la hussarde, n'apprécieront pas le supplément d'âme qui habite ce roman.

4/5

Cette chronique de lecture est originellement parue le 12 novembre sur Polarophiles, site sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Michel.
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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 07:30
Le lézard noir, d'Edogowa Ranpo (1929)
Philippe Picquier, 156 pages
Traduit du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle
ISBN 978-2-87730-497-9 – Couverture de David Job

L'auteur
Edogawa Ranpo est le pseudonyme de Tarô Hirai (1894-1965), transcription phonétique d'Edgar Allan Poe. En effet cet écrivain, initiateur du policier populaire au Japon, était un admirateur de romanciers occidentaux tels que Poe, Arthur Conan Doyle ou Maurice Leblanc. Sa carrière littéraire s'étale entre 1922 et 1955, avec près de quarante nouvelles et trente romans. Ses intrigues sont dominées par des constructions logiques et implacables, dans un style raffiné, et teintées de perversité trouble : sadisme, soumission sexuelle, érotisme trouble... Après la guerre il se tourne vers la littérature policière enfantine et crée un prix qui porte son nom. Environ huit romans et une dizaine de nouvelles sont actuellement disponibles en français.

Le personnage
Akechi Kogoro est un détective récurrent chez Edogawa Ranpo, apparaissant dans 11 récits dont seulement deux sont accessibles en français (Le test psychologique et Le lézard noir). Influencé par le chevalier Dupin ou Sherlock Holmes, c'est un jeune dandy élégant qui enquête cependant en se basant plus sur l'analyse psychologique que sur les preuves matérielles. Maître dans l'art du déguisement, séduisant, parfois orgueilleux, c'est un détective à l'ancienne, qui s'emmêle parfois assez sournoisement dans l'univers trouble d'Edogawa.

Le roman
Le lézard noir : tel est le surnom d'une cambrioleuse de haut vol aux multiples facettes, qui a décidé d'enlever la fille du grand bijoutier Iwase Shôei, afin de l'échanger contre l'Étoile égyptienne, le plus gros diamant du Japon. Mais elle se heurtera à plusieurs reprises à la perspicacité du détective Akechi Kogoro, engagé pour protéger la belle Sanae. Et durant cette course poursuite haletante, où on ne sait jamais qui a une longueur d'avance sur l'autre, une étrange relation, faite d’attirance et de haine, se nouera entre ces deux personnages hors du commun.

Un roman assez court à la facture classique, mais grâce à une écriture brillante, légère et pleine d’humour, qui n'est pas sans rappeler les grands classiques de Poe, Conan Doyle ou Leroux, on s'y prend facilement. L'intérêt se renouvelle grâce aux multiples rebondissements, et non pas par la complexité des psychologies ou la perversité du monde d'Edogawa comme dans d'autres récits du même auteur (seule Le lézard noir se dégageant par son charisme de méchante séduite par un esprit plus brillant). Enfin un roman agréable et prenant, au charme désuet des intrigues d'investigation « logico-scientifique » du début du siècle.

Extrait
« Elle avait vraiment l'air d'une reine : sa silhouette racée, sa démarche, le luxe qu'elle affichait, les bijoux somptueux qu'elle portait, mais plus encore, le charme magnétique qui émanait d'elle. Exhibitionniste, fière et provocante !
- L'Ange noir, fais-nous ta danse des bijoux ! hurla quelqu'un. Il y eut aussitôt un brouhaha suivi d'un tonnerre d'applaudissements.
Dans un coin, l'orchestre commença à jouer. La musique quelque peu obscène du saxophone titillait curieusement le public.
La danse des bijoux avait déjà commencé, au centre du cercle qui s'était formé au milieu des spectateurs. L'Ange noir allait, d'un moment à l'autre, devenir l'Ange blanc : son corps, complètement nu, ne serait plus couvert que de deux colliers de grosses perles, de magnifiques boucles d'oreilles en jade, de bracelets incrustés d'une multitude de diamants à chaque bras et de trois bagues à ses doigts. Étincelante et cliquetante, elle dansait avec grâce, adoptant des postures aguichantes, agitant les épaules et roulant des hanches comme si elle s'était trouvée dans un harem.
- Regarde, le lézard noir s'est mis à ramper. C'est absolument magnifique.
- C'est vrai, ce petit reptile est bien vivant, on dirait.
Cette conversation s'échangeait à mi-voix entre deux jeunes gens pleins d'entrain, vêtus de smokings.
Sur le bras gauche de la belle jeune femme, un lézard noir ondulait. Il semblait ramper, les ventouses de ses pattes avançant au rythme de ses muscles. Tout en donnant l'impression qu'il allait se déplacer de son bras vers l'épaule, puis vers le cou, pour arriver enfin jusqu'aux lèvres humides et rouges, il restait indéfiniment sur place. C'était un tatouage d'une vraisemblance saisissante. »

Le film
Le livre a été adapté en 1968 par Fukasaku Kinji, connu pour ses films de yakuzas (Guerre des gangs à Okinawa en 1971) et son dernier film, Battle Royale en 2000 (il a notamment influencé John Woo, Takeshi Kitano ou Quentin Tarantino). D'après ce que j'ai compris c'est un petit bijou kitsch, basé sur une adaptation théâtrale de Mishima Yukio, malheureusement indisponible en France et projeté nulle part dans ma région. Donc pas vu et c'est bien dommage.

Une chronique de lecture de Jeff.
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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 07:42
Mort d'une héroïne rouge / Qiu Xiaolong
Éditions Liana Levi, 2001, 502 pages
Traduit de l'anglais par Franchita Gonzalez Batlle

Mort d'une héroïne rouge est le troisième titre que j'ai lu dans le cadre du défi Littérature policière sur les 5 continents.

La lecture de ce roman n'a pas été une lecture trépidante comme pour beaucoup de romans policiers. Il ne s'agit pas ici d'un thriller plein de suspense mais plutôt d'une intrigue policière qui sert de prétexte pour décrire la Chine communiste.

Si je ne m'attendais pas à ce style de roman et que j'y ai parfois trouvé quelques longueurs, j'ai néanmoins beaucoup apprécié de me plonger dans cette civilisation que je connaissais à peine (et il me reste encore beaucoup de choses à découvrir !).

L'intrigue : le corps d'une femme est repêché dans un canal près de la ville de Shanghaï. C’est l'inspecteur principal Chen qui va avoir pour mission d'élucider cette affaire. Et quelle affaire ! Le corps de cette femme n'est autre que celui d'une travailleuse modèle de la nation et ce crime semble impliquer de hautes personnalités. Dans la Chine communiste, une affaire politique de cette ampleur est délicate et peut être étouffée si elle dévoile des faits nuisibles pour le Parti. L'inspecteur Chen devra se battre pour que justice soit rendue.

Je suis vraiment contente de cette lecture. Ce roman figurait depuis quelques années dans ma PAL malgré toutes les bonnes critiques que j'avais pu entendre. Et ça a été pour moi un premier pas vers la littérature asiatique qui ne m'attirait pas plus que cela.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 29 octobre dans Midola's blog, sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Midola.
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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 08:07
De soie et de sang, de Qiu Xiaolong
Points policier, mai 2008, 331 pages

Je vous parlais il y a quelques jours de mon retard dans mes différents défis. Faire le point m'a reboostée et je me suis lancée dans la lecture du roman policier que j'ai choisi pour le continent asiatique. Je ne désespère pas d'aller au bout de mes challenges, après tout l'année n'est pas terminée !

L'histoire
Les cadavres de jeunes femmes sont découverts chaque semaine, en plein centre ville. Vêtues d'un qipao rouge déchiré, une robe très à la mode dans les milieux bourgeois vingt ans auparavant, les victimes ont été dépouillées de leurs sous-vêtements mais n'ont pas été violées. Les tueurs en série se font rares à Shanghaï, une équipe spéciale est donc chargée d'enquêter car la rumeur gronde, les journalistes se régalent et la population frissonne. L'inspecteur Chen, suit d'abord l'enquête de loin, intéressé avant tout par la dissertation de littérature qu'il doit rendre prochainement. En effet, il a repris des études car il envisage une reconversion. Mais un événement va lui faire prendre conscience qu'il doit s'impliquer davantage dans l'enquête.

Mon avis sur ce livre est très partagé.
D'un côté, j'ai apprécié de suivre une enquête dans les rues de Shanghaï, cela a un petit côté dépaysant très agréable. D'ailleurs, l'intrigue elle-même a su m'interpeller, j'ai été touchée par cette histoire, et comme pour La lumière et l'oubli avec l'Espagne, j'ai appris beaucoup de choses sur l'histoire du pays et sur sa culture di différente de la nôtre. Mais c'est à double tranchant, certains passages m'ont un peu gênée, notamment en ce qui concerne les habitudes alimentaires ; on mange du chien, du chat et l'une des spécialités des grands restaurants est la cervelle de singe vivant...  On vous apporte le singe dans une cage, on lui scie la boîte cranienne et on vous sert la cervelle avec une jolie louche argentée... Hum, cette passion pour les repas cruels, c'est ainsi qu'ils sont appelés, m'ont légèrement rebutée...

Ce qui m'a gênée davantage encore, c'est le personnage de l'inspecteur... Je l'ai trouvé peu crédible. Obnibulé par les études de littérature qu'il a décidé d'entreprendre, il ne songe qu'à sa dissertation... On suit ses recherches et de nombreuses citations parsèment le roman... J'ai trouvé que cela n'avait pas vraiment sa place dans un roman policier. D'ailleurs, ces citations n'apparaissent pas seulement lors de ses passages à la bibliothèque, mais également tout au long de l'enquête. Pas un chapitre ne passe sans une citation de Confucius... Cela a son charme au début, mais devient vite lourd.
Mais là où l'on attend le summum, c'est quand Chen, au beau milieu de l'enquête, alors que les victimes s'enchaînent et que les enquêteurs ne disposent que de peu d'éléments, décide de s'offrir quelques jours de vacances dans un club parce qu'il souffre de surmenage... Monsieur se prélasse au bord de la piscine pendant que Shanghaï tremble... D'ailleurs, l'inspecteur lui-même finit par prendre conscience de cette incongruïté : « Il commença à se faire des reproches. Ces vacances étaient-elles vraiment nécessaires ? Le moment effrayant qu'il avait vécu chez lui était sans doute une intoxication au café. Il avait dû s'affoler pour rien. Il se sentait revenu à son état normal. Alors pourquoi poursuivre ses vacances ? Un tueur en série se promenait librement à Shanghaï et lui lisait au bord de la piscine, à des centaines de kilomètres de là, la tête pleine d'images amoureuses poétiques. »

Je m'aperçois que mon billet est assez négatif, et pourtant aussi bizarre que cela puisse paraître, j'ai aimé. Surtout les cent dernières pages dans lesquelles Chen se consacre enfin corps et âme à l'enquête. J'ai trouvé la manière dont il confond le tueur magistrale notamment dans un ultime tête à tête ou il mêle très adroitement la fiction et la réalité. Et rien que pour cela, je vous conseille cette lecture. D'ailleurs, je pense que je relirai cet auteur.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 28 octobre dans Les carnets de lecture de Pimprenelle, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Pimprenelle.
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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 08:27
La chambre rouge, d'Edogawa Ranpo
Traduction : Jean-Christian Bouvier.
Éditions Philippe Picquier, Poche n° 31, juin 1995, 128 pages
ISBN : 87730-230-X
Couverture : Bénédicte Guettier

Recueil de cinq nouvelles :

Imomushi (1929, 芋虫 La chenille)
Tokiko vit dans une petite maison au fond de la propriété du général Washio avec son mari, enfin, avec ce qui reste de son époux, celui-ci ayant été blessé gravement n'est plus qu'une espèce de chose à l'apparence vaguement humaine, en effet il est le seul soldat à avoir survécu à l'amputation des quatre membres, si l'on ajoute à cela qu'il fut défiguré par une explosion et qu'il est incapable de parler, vous aurez compris qu'il ne dispose plus des moyens de réussir dans la vie. Seuls ses yeux restent expressifs, bien qu'ils ne semble pas jouir de toutes ses facultés mentales. Étant donné les circonstances nous le comprendrons, il parvient pourtant à communiquer en traçant quelques mots, un crayon, placé par sa femme, dans la bouche.
La nouvelle montre la relation trouble qui unit le couple et l'exaspération sensuelle que ressent Tokiko passant de l'excitation irrépressible au dégoût. Une nouvelle courte toute en ambiance, considérée aujourd'hui comme un chef-d'œuvre du genre « Ero-Guro » (érotisme et grotesque), elle fut refusée par la revue Kaizo mais publiée ensuite par Shin Seinen dans une version caviardée, le prétexte étant qu'elle semble antimilitariste, ce qui n'est sans doute pas faux. Pas tout à fait une nouvelle policière classique avec un crime et un meurtrier mais un texte finalement assez pervers sur l'association honte/plaisir, à moins que ce ne soit le contraire, et une fin qui ne dépare pas dans ce blog... Inutile de dire que je me suis précipité sur les nouvelles suivantes de ce livre lu dans le cadre du défi Littérature policière sur les 5 continents.

Ningen isu (1925, 人間椅子 La chaise humaine)
Yoshiko reçoit une lettre étrange, la confession d'un homme qui lui raconte sa vie, comment sa laideur le conduisit à une profession solitaire, fabriquant de fauteuils, et à quel point il excellait dans ce métier jusqu'à être considéré comme l'un des tout meilleurs du Japon. Il avoue avoir reçu un jour commande d'un fauteuil 'à l'occidentale' dans lequel il mettra tout son cœur et bien plus puisqu'il réussira à y creuser une véritable niche dans laquelle il va s'installer finalement dans le but de pouvoir pénétrer discrètement chez des gens riches afin de les voler. Nous ne sommes pas surpris quand il déclare qu'après maintes pérégrinations, il s'est retrouvé chez Yoshiko et qu'il est tombé amoureux d'elle de la sentir contre lui, si proche, presque accessible...
Presque !
Encore une histoire explorant la psychologie de l'héroïne, son émotion à la lecture de ce courrier, puis une nouvelle lettre arrive !

Ni-haijin (1924, 二廃人 Deux vies gâchées)
Pour sa seconde nouvelle (et la troisième du recueil !) l'auteur reprend le thème du crime commis par un somnambule.

Saito et Ihara font une partie de Go en sirotant du thé vert, ils se connaissent depuis dix jours et tout en jouant chacun en vient à parler de lui et de sa vie qu'il estime lamentable. Le premier est un ancien combattant défiguré pendant une bataille, le second, lui, raconte comment, alors qu'il était étudiant, il assassinat, dans l'inconscience du somnambulisme, le propriétaire du lieu où ils, lui et ses camarades, résident. Se dénonçant, après avoir découvert dans son placard les preuves de son méfait, il sera jugé puis acquitté pour avoir perpétré son crime en absence de sa volonté.
Son adversaire du jour hésite et puis, reprenant les éléments que vient de lui confier Ihara, propose une autre hypothèse...
Ambiance, analyse psychologique et un comportement final qu'un Occidental n'aurait peut-être pas eu. Lequel ? Eh bien vous savez ce que vous devez faire pour le savoir !

Akaï heya (1925, 赤い部屋 La chambre rouge)
Sept hommes passionnés de mystères, d'excentricités, d'anormalités, ont l'habitude de se regrouper régulièrement et chacun raconte ses derniers exploits. Ce soir-là ils se retrouvent pour l'intronisation d'un nouvel impétrant. Le nouveau se présente donc et explique pourquoi il pense être digne de rejoindre les autres, en effet, n'a-t-il pas mis au point une façon de tuer « sans en avoir l'air ! » Il a découvert, un peu par hasard, ce moyen d'assassiner ses semblables en ayant l'air de vouloir les aider. Par exemple, voyant une personne âgée traverser devant le bus, mais ayant le temps de le faire, il hurle : Attention ! L'interpellée marque un temps d'arrêt et se fait donc écraser par l'autocar. Ainsi semble-t-il avoir voulu secourir celle qui, en réalité, est sa victime. Il décide de commettre cent meurtres et en est à quatre-vingt dix-neuf alors qu'il prend la parole. C'est alors qu'intervient une barmaid lui apportant un verre d'eau, sortant un pistolet de sa poche il tire, la détonation résonne dans la chambre rouge...

Nisen dōka (1923, 二銭銅貨 La pièce de deux sen)
La toute première nouvelle écrite par Edogawa Ranpo, début d'une prolifique production dont l'intégrale comporte soixante-cinq volumes.
Un vol a lieu dans une usine, ne manquant pas de sang froid le criminel intervient en plein jour, déguisé, et parvient à dérober cinquante mille yens. Le seul indice est un mégot d'une marque de cigarettes égyptiennes 'Figaro' !
Takeshi raconte au narrateur comment, lui, à partir d'une pièce de deux sen, parvient à retrouver l'argent volé.
Bien sûr l'histoire ne s'arrête pas là, ce serait trop simple, et l'auteur a construit un texte tout en précision et réflexion, basé sur la culture japonaise.

Edogawa Ranpo 江戸川乱歩 (Tarō Hirai 平井太郎 ; Nabari le 21 octobre 1894 - 28 juillet 1965) est un des fondateurs du roman policier japonais, associant à l'énigme, plus qu'à l'enquête, une qualité d'analyse psychologique rare à l'époque, souvent mâtinée de fantastique, de macabre ou d'érotisme. Son personnage principal, récurent dans son œuvre, est Akechi Kogoro.
Son pseudonyme est, phonétiquement, la transposition japonaise de Edgar Allan Poe, il fut également influencé par Maurice Leblanc et Arthur Conan Doyle. Son nom signifierait 'Flânerie au bord du fleuve Edo'. C'était ma première lecture de cet auteur, il ne m'étonnerait pas que le connaissant mieux je ne trouve quelques habitudes littéraires. Il a créé un prix qui porte son nom et qui est une référence au Japon.

Injū (1928, 陰獣 La proie et l'ombre) fut adapté au cinéma par Barbet Schroeder en 2008, avec Benoît Magimel et Lika Minamoto.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 18 octobre dans Lire au nid, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Lee Rony.
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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 00:52
La poudre noire de maître Hou, de Thanh-Van Tran-Nhut
Philippe Picquier, 2002, 336 pages

Au XVIIe siècle, une petite province côtière du Viêtnam est administrée avec intégrité par le mandarin Tân qui se trouve saisi d'une affaire étrange.
Dans la baie d'Halong, une jonque appartenant à l'armateur Phung, a été mise à sac par des pirates qui ont volé son chargement de métaux et d'épices. Les marins rescapés précisent que leurs agresseurs étaient des cadavres décomposés.
Un autre drame est bientôt annoncé. Le vieux comte Diêm, célèbre pour ses mœurs relâchées, a été retrouvé la gorge tranchée sur le balcon du premier étage de sa maison, alors que celle-ci était fermée à clé. D'après sa veuve, il portait autour du cou deux colliers de prix qui ont disparu.
Peu après, nouvelle alerte à propos de vols de pierres tombales dans le cimetière.
Pour élucider ces trois affaires, le mandarin Tân va risquer sa vie tout en éprouvant quelques émotions amoureuses lorsqu'il croisera la belle veuve taoïste Aconit et la très secrète Madame Libellule, épouse d'un eunuque.
Assisté de son ami Dinh, le fidèle lettré, et du 'pachydermique' docteur Porc, le magistrat impérial se trouve plongé au cœur de situations cocasses qui vont sérieusement ébranler ses certitudes morales car si l'époque est dominée par la théorie confucéenne, le vent de la contestation souffle déjà avec les adeptes de Mo-tseu qui prêchent la justice sociale tandis que les alchimistes usent de leurs poudres magiques.

Mon avis
Une belle découverte, car je ne connaissais pas le mandarin Tân et ses enquêtes.
Toutes les enquêtes sont menées avec intelligence par un homme jeune qui sait faire des liens entre les différentes affaires.

Lu dans le cadre du défi Littérature policière sur les 5 continents.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 25 juillet dans Mot-à-mots, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Wakinasimba.
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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 11:27
Le secret de Big Papa Wu, de Diane Wei Liang
Nil, 2008, 283 pages
The eye of jade (2007) traduit de l'anglais par Odile Demange

Pour le défi Littérature policière sur les 5 continents, je me suis cette fois-ci tournée vers l'Asie. Le but du jeu était quand même de découvrir un nouvel auteur et j'ai choisi de lire Diane Wei Liang que je ne connaissais pas avec Le secret de Big Papa Wu.

La jeune Mei Wang a démissionné de son poste de fonctionnaire au Ministère de la sécurité publique et a ouvert une agence de détective privé, ou plutôt de conseil puisque le métier de détective est encore interdit en Chine. Mais dans le Pékin moderne, il suffit parfois de jouer sur les mots pour contourner le système. Elle va être chargée par un vieil ami de sa famille de retrouver un bol de jade antique. Pour cela, elle va devoir évoluer dans le milieu des antiquaires de Pékin et fouiller dans le passé de ses propres parents et celui de son oncle Chen.
Autant le dire tout de suite, l'enquête est plutôt un alibi pour décrire la vie des Chinois actuellement, les différences flagrantes entre pauvres et riches, le fonctionnement terriblement bureaucratique de la société mais aussi le passé de toutes ces familles traumatisées par la Révolution culturelle.
Comme pour Qiu Xiaolong, autre auteur chinois, l'enfance de Diane Wei Liang a été marquée par la persécution de ses parents puisqu'elle a grandi dans un camp de rééducation. Elle aussi a quitté la Chine et elle vit aujourd'hui en Angleterre.
Son récit nous amène vraiment dans la vie chinoise et on est plongé dans le quotidien de Pékin avec ses difficultés mais aussi ses immeubles pleins de vie, ses restaurants.
Pourtant, je suis restée sur ma faim. Je trouve que Qiu Xiaolong arrive également à nous montrer tout cela et même beaucoup mieux avec en outre des enquêtes solides. On sent que l'auteur a voulu souligner la difficulté des années 60 et les choix que certains ont dû faire pour survivre et elle y parvient en partie. Cela reste une lecture très agréable qui nous dépayse mais il y manque clairement le petit plus qui aurait fait la différence.
Pour me promener à nouveau du côté de l'Asie, je repartirai donc plutôt suivre les enquêtes de l'inspecteur Chen Cao, le policier poète de Qiu Xiaolong.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 27 septembre dans Carnets noirs, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Morgane.
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