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Suite au défi 'Littérature policière sur les 5 continents' lancé en décembre 2008 sur 'La culture se partage', ce blog - créé le 1er janvier 2009 - centralise les articles concernant ce défi pour en faciliter la lecture et les liens vers les blogs d'origine.

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Clément présente Visa pour Shanghai & Encres de Chine, de Qiu Xiaolong

Visa pour Shanghai - 2 étoiles

Avant-goût
Poète mais avant tout inspecteur principal et étoile montante de la police de Shanghai, Chen se voit confier une mission de la plus haute importance politique, il doit, avec l'aide de la jolie inspectrice fédérale américaine Rohn, retrouver la trace de Wen et la ramener absolument aux États-Unis. Mais les triades chinoises et la police chinoise locale font tout pour leur mettre des bâtons dans les roues...

Critique
Cette enquête a un fort parfum de Chine, on découvre avec plaisir de multiples proverbes chinois ainsi que de nombreux poèmes. Ce qui donne à cette enquête une certaine dose de romantisme entretenu par les relations complexes entre l'inspecteur principal Chen et l'inspecteur Rohn. Par ailleurs, au gré des voyages à l'intérieur du pays, on en apprend un maximum sur les triades, sur la nourriture typique, sur les distractions des chinois ainsi que tout ce qui concerne la politique du pays. C'est-à-dire le contrôle des naissances, la révolution culturelle, la rééducation des "jeunes instruits", l'influence qu'a eu Mao, etc. Ces éléments font que cette lecture est très enrichissante sur la Chine mais là où le bat blesse, c'est au niveau de l'intrigue. Celle-ci passe finalement au second plan, elle reste relativement compliquée et pas vraiment passionnante, sentiment renforcé par l'absence de rythme. Vraiment dommage.

Malgré un contexte très instructif, l'intrigue n'est pas à la hauteur, c'est une vraie déception de ce côté-là.


Encres de Chine - 4 étoiles

Avant-goût
Yue, ancienne garde rouge et auteur d'un ouvrage controversé sur la révolution culturelle, est retrouvée morte dans sa tingzijian dans le shikumen.
L'inspecteur Yu ainsi que l'inspecteur principal Chen enquêtent...

Critique
L'intrigue de Encres de Chine n'est vraiment pas importante et finalement peu exploitée mais elle ne sert que de prétexte à la peinture de la Chine d'hier et d'aujourd'hui que nous propose Qiu Xiaolong.
En effet la clé de voûte du livre est la Révolution Culturelle avec l'aspect gardes rouges ainsi que la fameuse rééducation des jeunes instruits (en un mot, les étudiants étaient obligés de retourner à la campagne pour apprendre le dur labeur des champs, la vraie signification du mot travail). Les habitants du shikumen (habitation du XIXeme siècle typique de Shanghaï disposant d'une cour intérieure où peuvent vivre une dizaine de familles) ont tous une vision différente de cette soi-disante Révolution Culturelle et de son impact négatif sur la société chinoise.
Qiu Xiaolong nous montre aussi cette société en pleine mutation où le socialisme laisse place peu à peu au capitalisme, où les restaurants d'état ne peuvent faire face à la concurrence des restaurants privés, où tout est fait pour montrer à l'Occident une bonne image de la Chine et éviter à tout prix les scandales politiques, où la crise du logement est impressionnante avec certaines familles vivant à près d'une demi-douzaine dans une pièce minuscule, et cetera desunt.
Voilà qui nous amène à une autre facette très réussie du livre : les personnages. Tout d'abord Qiu Xiaolong met en avant l'inspecteur Yu et sa femme Peiqin qui souffrent eux aussi de partager une seule piece avec leur fils Qinqin, ensuite vient l'inspecteur principal Chen qui préfère faire une traduction lucrative pour un nouveau riche et qui voit que grâce à des relations bien placées on peut tout avoir notamment une jolie secrétaire particulière (une xiaomi) prénommée Nuage Blanc et ainsi être corrompu. D'autre part Chen illustre parfaitement un autre problème chinois : la difficulté de trouver l'amour dans une ville surpeuplée où finalement la seule consolation réside dans le travail.
Il ne faut pas non plus oublier le personnage du poète Yang, le grand amour de Yue (la femme assassinée) qui nous amène à considérer la dimension poétique du livre. Il faut d'abord savoir que Qiu Xiaolong a émigré aux États-Unis grâce à ses études, notamment celle sur le poète américain T.S. Eliot, donc il n'est pas étonnant de voir des poèmes tout au long du roman, l'inspecteur principal Chen étant aussi poète à ses heures perdues. La gastronomie chinoise n'est pas en reste avec de nombreuses incursions dans les restaurants dont les mets sont aussi intriguants qu'alléchants.

Au final Encres de Chine est un excellent roman pour celui qui s'intéresse à la culture chinoise mais décevant pour celui qui cherche là un thriller palpitant.

Cette chronique de lecture est originellement parue sur Polars addict, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Clément.
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F
Ah flûte !! j'ai bien cru que clément allait nous présenter 2 romans par continent ... ;-)
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C
pas de problèmes alors!
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C
<br /> Non, j'ai trouvé que c'était bien de présenter les deux romans.<br /> <br /> <br />
C
Je n'avais pas précisé mais seul "encres de Chine" compte pour le défi des 5 continents.J'avais lu Visa pour Shangai il y a plus d'un an et l'intrigue n'était vraiment pas assez approfondie...J'ai bien fait de perseverer avec "Encres de Chine"
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C
<br /> <br /> Oui, Clément, je sais, mais j'ai préféré laisser ton article tel quel et mettre les deux titres.<br /> <br /> <br /> <br />
J
Il faut prendre en compte une réalité chinoise qui transparaît dans les romans, et que Xiaollong Qiu avait confirmé lors de sa venue à Toulouse : En Chine, il est impossible de faire une enquête directement, de poser des questions directes, d'accéder directement à certaines informations.Tout doit passer par des autorisations, des contournements, en passant par la fenêtre quand la porte est condamnée.Et donc, tout va plus lentement, ce qui est parfaitement rendu par le style de Qiu.
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L
L'aspect poétique m'intéresse...
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