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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 13:01

SilencePluie.jpgPour la clôture du défi littérature policière sur les cinq continents, j'ai choisi de lire ce roman pour le continent américain.

Le silence de la pluie, de Luiz Alfredo Garcia-Roza
Actes Sud, Babel noir, 2004, 304 pages,ISBN 978-2-7427-4939-3
Traduit du portugais (Brésil) par Vitalie Lemerre, Eliana Machado.

Quatrième de couverture
« Dans un quartier huppé de Rio de Janeiro, un jeune cadre dynamique grimpe dans sa berline, dépose son attaché-case sur le siège et tire quelques bouffées d'une cigarette. Un peu plus tard, son cadavre gît dans le véhicule, une balle logée dans la cervelle. L'inspecteur Espinosa assemble les pièces du puzzle : une coquette assurance-vie, une veuve trop jolie pour être honnête, un truand à la petite semaine, une secrétaire aventurière, un ex-flic reconverti dans les assurances. Plus qu'elle n'élucide le mystère de cette mort inconcevable, l'enquête nourrit l'intrigue et les événements s'enchaînent, jusqu'à un meurtre torride commis menottes aux poignets entre des draps froissés. Préférant traquer les bons livres plutôt que les malfrats, l'inspecteur Espinosa parcourt les rues de son enfance, médite face à la mer tant sur l'enquête que sur le cours de sa propre existence. Le policier, qui partage la rigueur éthique et esthétique de son lointain homonyme en se tenant à distance des passions de l'âme, a l'esprit d'un penseur et le cœur d'un romantique. Mais assez d'expérience pour savoir que les choses sont rarement ce qu'elles semblent être. »

Mon avis
Je suis ravie de cette découverte, j'ai reçu ce livre dans le cadre du bookcrossing. J'ai beaucoup aimé le personnage principal : l'inspecteur Espinosa et notamment sa passion pour les livres. De plus, ses réflexions sont assez pertinentes dans  l'enquête. Il s'interroge sur le pourquoi et le comment, il essaye de dénouer les fils et met en avant plusieurs éventualités. Le schéma du roman policier est très différent de l'habituel 'meurtre, enquête et résolution de l'enquête'. Les principes de l'enquête sont complètement bousculés dans ce roman c'est ce qui m'a plu : comment un suicide va engendrer des meurtres ? Le Brésil reste presque invisible dans l'intrigue, l'auteur a choisi de se focaliser sur l'enquête. Dans les derniers chapitres on devine qui est le meurtrier ; comme on le sait on espère qu'Espinosa le découvre le plus rapidement possible avant de se jeter dans la gueule du loup, ce qui rajoute du suspense à l'intrigue.

Il existe deux autres romans avec Espinosa, je pense les lire prochainement.

Quelques extraits
« Il y a des gens qui, lorsqu'ils rentrent chez eux, sont accueillis par leur femme, par leurs enfants ou par un chien joyeux qui remue la queue ; moi je suis accueilli par le répondeur. Je suis presque sûr qu'il pressent mon arrivée entend mes pas dans l'escalier reconnaît le bruit des clés et, comme il n'a pas de queue à remuer, il commence frénétiquement à clignoter. Et vu la façon dont il clignotait ce samedi après-midi, on aurait dit que le monde m'avait finalement découvert [...] Encore un samedi après-midi, des livres à mettre en ordre des petites répartitions à faire dans l'appartement, des promesses de ranger ce qui était inrangeable. »
« On a jamais vu, dans aucun film, au moment qui précède le dénouement de l'histoire, le héros rester assis chez lui, à regarder le plafond, à attendre patiemment que quelque chose se passe. »

Cette chronique de lecture est originellement parue le 17 novembre 2011 dans Lilas Violet, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles d'Ashentie.

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Publié par Ashentie - dans Amérique
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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 17:00

LeconsMal.jpgLes leçons du Mal est un roman de Thomas H. Cook à paraître aux éditions du Seuil dans la collection Policiers le 10 mars 2011 (357 pages, 21,50 €, ISBN 978-2-02-099897-0). Master of the Delta (2008) est traduit de l'américain par Philippe Loubat-Delranc.

 

Thomas H. Cook est né le 19 septembre 1947 à Fort Payne (Alabama). Il a étudié l'histoire des États-Unis (Hunter College, NY) et la philosophie (Columbia University, NY) puis a enseigné l'anglais et l'histoire. Son premier roman, Blood innocents, est paru en 1980 et il s'est consacré à l'écriture en 1982, année durant laquelle est paru son deuxième roman, The Orchids. Depuis, plus de vingt romans sont parus et je suis étonnée de ne jamais avoir lu cet auteur !

Gallimard : Safari dans la 5e Avenue (1981), Du sang sur l'autel (1985), Qu'est-ce que tu t'imagines (1989), Haute couture et basses besognes (1989), Les rues de feu (1992, réédition Folio 2008), La preuve de sang (2006), Les ombres du passé (2007, réédition Folio 2009), Les feuilles mortes (2008, réédition Folio 2010), Le nuage de l'ignorance (2009).

L'Archipel : Les ombres de la nuit (2002, réédition Le livre de poche 2005), L'interrogatoire (2003, réédition Livre de poche 2006), Disparition (2003).

J'ai Lu : Les instruments de la nuit (2000).

 

Jack Branch, le narrateur, écrit cette histoire « dans ses vieux jours ».

En avril 1954, il était un jeune professeur de 24 ans qui enseignait (histoire, philosophie, littérature) depuis trois ans au lycée de Lakeland (Mississipi) où son père, Jefferson Branch, avait enseigné avant lui. Il s'était lancé dans une thématique sur le Mal qui intéressait plus ou moins les adolescents. Il faut dire qu'on est dans le Sud profond (le Ku Klux Klan – KKK – existait encore), qu'il était issu du quartier aisé (Blancs) et que tous ces jeunes étaient eux issus du quartier des Ponts, c'est-à-dire d'un milieu très défavorisé. « […] j'en revins au débat de fond du cours : les raisons pour lesquelles des êtres humains en arrivent à torturer leurs semblables […]. » (page 48).

Mais une des élèves, Sheila Longstreet a disparu et Jack Branch pense l'avoir aperçue dans la camionnette d'Eddie Miller, un autre de ses élèves. Pensant bien faire, il en réfère au shérif Harry Drummond qui va mener son enquête. Mais l'homme de loi est persuadé de la culpabilité d'Eddie car il est « le fils du Tueur de l'étudiante », Linda. « Comme si son opinion était déjà faite. » (page 69).

 

Eddie a très peu connu son père, Luther Ray Miller, qui a été assassiné dans sa cellule par un codétenu... [note de moi : se peut-il qu'il fut innocent ?]. Mais le lien du sang, le fait qu'Eddie soit issu d'un milieu déshérité et qu'il ait récupéré la camionnette marron ayant appartenu à son père jouent inévitablement contre l'adolescent désabusé. « J'imagine qu'il pense qu'on est de la même espèce, mon père et moi. » (page 73).

 

Pourtant Jack Branch prend Eddie sous son aile et le motive dans la rédaction de son devoir sur le Mal pensant que cela le libérera du poids du passé. « […] la vision d'Eddie accusé à tort continuait de me perturber. » (page 81). Mais est-ce une si bonne idée qu'Eddie rédige un devoir sur son père et se mette à interroger tous ceux qui l'ont connu ?

 

Il y a une sacrée ambiance dans ce roman (la traduction est sûrement excellente), sombre, et beaucoup de mystère. Bien que le professeur enseigne la notion du Mal (d'où le titre français) à ses élèves en donnant de nombreux exemples passionnants à travers des faits réels (histoire) ou des faits imaginés (littérature), il tombe stupidement dans le piège de « montrer du doigt », d'accuser en agissant de façon irréfléchie et s'en mord les doigts mais c'est trop tard : le mal est fait ! Il est – comme l'est un accusé innocent – incapable de faire machine arrière et impuissant face au drame ! Pourtant « être suspect, ça ne veut pas dire être coupable. » (page 114). Eh bien, pour certaines personnes, malheureusement si !

Linda, quant à elle, était jeune, belle, et avait la possibilité d'étudier donc de sortir de sa pauvreté (du quartier des Ponts) alors qu'est-ce qui lui a pris de s'acoquiner avec un homme plus âgé qu'elle, marié, père et de surcroît pauvre ? La stupidité sans doute...

Le récit est incroyablement bien construit : entre le passé (le père d'Eddie) et le présent (1954) qui est en fait le passé au moment où le professeur écrit cette histoire, entre les extraits du procès (mais quel procès ? Qui est accusé ?), entre Jack et sa jolie collègue issue des Ponts (Nora) et son frère handicapé (Morrell), entre Jack et son père veuf qui occupe sa retraite en écrivant une biographie d'Abraham Lincoln et qui est devenu alcoolique depuis un « incident ». Sont ainsi traités le passé et le présent, la filiation et les liens du sang (le Mal se transmet-t-il ?), la culpabilité (est-on conscient du Mal que l'on fait ? Peut-on réparer le Mal que l'on a fait ?), la Loi, les relations humaines. Il y a également de nombreuses références historiques et littéraires : un pur bonheur. Je dirais que cette histoire est une tragédie moderne, mais une tragédie qui s'est déjà déroulée maintes fois par le passé et qui se déroulera sûrement encore de nombreuses fois dans le futur, la bêtise et l'âme humaines étant ce qu'elles sont... Plus qu'un roman policier, donc, j'ai pensé de ce roman noir qu'il était un récit psychologique et philosophique : intense et parfait !

Je ne connaissais pas du tout cet auteur (au début, n'ayant pas fait attention au prénom, j'ai même cru que j'allais recevoir un roman de Robin Cook !) et je suis ravie que ce premier roman reçu dans le cadre du Jury Babelio – Seuil Policiers m'ait autant plu (merci à Babelio et aux éditions du Seuil). Les suivants vont devoir assurer !!!

PS : Eddie lit 1984, de George Orwell.

 

Cette chronique de lecture est originellement parue le 8 mars 2011 dans La culture se partage, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Catherine.

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Publié par Catherine - dans Amérique
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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 07:42

KatarinaBishop.jpgLa vie cachée de Katarina Bishop – sous titré Vols en haute société – est un roman d'Ally Carter paru aux éditions Michel Lafon le 10 février 2011 (317 pages, 15,95 €, ISBN 978-2-7499-1356-8). Heist society (2010) est traduit de l'américain par Françoise Hayward.

 

Je remercie Camille et les éditions Michel Lafon de m'avoir envoyé ce roman « YA » (je me suis demandée ce que voulait dire YA et c'est pour Young Adults !).

 

Moins de trois mois après être entrée in extremis au prestigieux Lycée Colgan, Katarina Bishop (15 ans) passe en conseil de discipline... Elle est accusée d'avoir violé le couvre-feu, sortant à 2 heures du matin, et dérobé la Porsche du directeur pour la placer sur la fontaine ! « […] on ne plaisantait pas avec la tradition : on respectait la propriété et le bien d'autrui [...] ». (page 10). Katarina risque l'expulsion... Bien que se sachant innocente, elle préfère partir. Il faut dire que Katarina est issue d'une famille de voleurs (elle a commencé à l'âge de 3 ans, au Louvre) et qu'elle avait essayé de décrocher. Bizarrement son cousin, W.W. Hale Junior (16 ans) l'attend avec son chauffeur, Marcus : il a une mission pour elle.

Bobby Bishop est en danger : il aurait volé cinq toiles à Arturo Taccone, un truand italien, qui évidemment veut les récupérer... avant deux semaines. Pourtant, Bobby assure à sa fille qu'il n'a pas fait ce casse puisqu'il en commettait un autre à Paris et que du coup, il n'a pas les toiles. Kat aimerait bien croire son père mais « un bon voleur est toujours un grand menteur. » (page 27).

En fait, le voleur serait Visily Romani, mais ce nom est un pseudonyme « sacré » utilisé depuis longtemps par les plus grands voleurs.

Ça va donc être une course contre la montre pour Kat, Hale (secrètement amoureux d'elle) et leurs amis, Angus et Hamish Bagshaw (deux frères), Simon, Gabrielle (la cousine de Kat) et Nick (le nouvel ami de Kat). New York, Las Vegas, la France (Paris) où se terre Bobby Bishop, l'Italie (vallée Sabina, Naples, Rome) à la rencontre d'Arturo Taccone, l'Autriche (Vienne) pour voir l'once Eddie (le père de Hale), la Pologne (Varsovie) pour une visite au spécialiste Abiram Stein qui a connu la mère de Kat, en Angleterre (Londres) où se trouve le musée Henley... Un musée impossible à cambrioler !

 

À propos d'Arturo Taccone : « Peu importait qu'il se trouve dans l'un des plus grands restaurants de la planète ; ce type n'était qu'un vulgaire criminel. » (page 241).

 

La vie cachée de Katarina Bishop est un bon roman policier, agréable à lire, plein d'action, de fraîcheur et de fantaisie.

La couverture est réussie, les têtes de chapitres sont jolies (illustrées de mappe-monde), les personnages sont sympas comme tout même si ce sont des voleurs (un peu comme le célèbre gentleman-cambrioleur), le monde de l'Art est intéressant, et le livre est tout simplement très soigné.

 

AllyCarter.jpgMais à travers ce roman divertissant, l'auteur soulève deux problèmes.

Les œuvres volées par les nazis pendant la guerre (ou d'autres événements) devraient être restituées à leur propriétaire ou, s'il n'y a plus de descendants en vie, exposées dans des musées.

Les œuvres ne devraient pas être conservées dans des bunkers par des collectionneurs privés mais exposées dans des musées pour être vues par tous.

Je suis assez d'accord avec ça mais il y a sûrement des cas litigieux pas faciles à régler...

 

Il n'y a pas écrit « tome 1 » mais serait-ce un tome 1 ? Y aura-t-il une suite ? Je veux bien en lire plus !

 

Plus d'infos sur le site officiel d'Ally Carter (en anglais), pseudonyme de Sarah Leigh Fogleman, née le 1er janvier 1974 en Oklahoma et auteur de romans pour les jeunes adultes (15-21 ans) et les adultes.

 

Cette chronique de lecture est originellement parue le 28 février 2011 dans La culture se partage, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Catherine.

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Publié par Catherine - dans Amérique
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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 16:35

TuePalominoMolero.jpgQui a tué Palomino Moléro ?, de Mario Vargas Llosa
Folio Gallimard, mars 1989, 189 pages

Pour le Pérou, je lis un auteur qui a obtenu le prix Nobel de littérature cette année et je valide un nouveau continent pour le challenge Littérature policière sur les 5 continents.  Car oui, ce roman est un roman policier, ce qui ne semble pourtant pas être le genre de prédilection de Mario Vargas Llosa.

Certes, l'histoire policière n'est pas vraiment le cœur de ce roman mais elle est tout de même très bien menée. L'auteur prend un point de vue original, celui d'un des policiers menant l'enquête, mais pas celui DU policier. Car le jeune gendarme Lituma, qui est le héros du livre, n'est vraiment qu'un modeste assistant et ne résoudrait sans doute rien sans son supérieur. Les moyens de la gendarmerie semble d'ailleurs dérisoires. Le crime est sordide mais n'intéresse pas la hiérarchie, il dérange même à haut niveau. Le gendarme et son supérieur doivent mener l'enquête avec uniquement leur amour pour la vérité, se déplaçant en stop au milieu des poules.

On en arrive à ce qui fait la grande valeur du livre : cette description vivante et précise d'un Pérou jovial et populaire. En toile fond, un aperçu de la situation sociale : manque de moyens, tensions raciales, clivages. Mais le ton reste plus gai, presque comique. Le style est piquant, un peu familier. Au milieu de l'histoire triste et sordide du meurtre, on trouve des personnages décalés comme cette patronne de bar, d'un certain âge, ronde et mariée et dont le lieutenant est très crûment amoureux. Le personnage central lui même apporte beaucoup de légèreté avec sa naïveté et sa bonhomie.

Cependant, l'histoire centrale n'est pas négligée et l'on suit l'enquête avec une grande curiosité. Les personnages que l'on rencontre sont toujours très bien ciselés, difficilement saisissables, loin d'être des caricatures ou des simples représentants de leur milieu social. Comme les deux enquêteurs, on s'attache au jeune homme qui s'est fait tué : innocent, gentil et amoureux. On imagine son chant sur la plage, on entend sa musique. Le roman nous transporte avec lui et nous touche profondément. La fin, amère, nous ne déçoit pas.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 28 février dans Viviane voyage..., blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Viviane.

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 17:00

Icelander.jpgIcelander est un roman de Dustin Long paru aux éditions Asphalte en janvier 2011 (231 pages, 20 €, ISBN 978-2-918767-10-7). Icelander (2006) est traduit de l'américain par Audrey Coussy.

 

Je remercie Blog-o-Book de m'avoir envoyé cet étrange roman (je l'ai reçu pour Noël).

 

Asphalte est une toute jeune maison d'éditions fondée en septembre 2009 avec un lancement officiel en janvier 2010. La ligne éditoriale ? Culture urbaine et littérature contemporaine. Un premier roman est paru en octobre 2010 (À contresens de Tom Liehr, un auteur allemand) ; en plus d'Icelander, un autre roman paraît en janvier (Chiens fous de Chart Korbjitti, un auteur thaïlandais) et un roman est annoncé pour mars 2011 (Golgotha de Leonardo Oyola, un auteur argentin).

 

Dustin Long est un Californien né en 1977. Il a étudié la littérature anglaise (à Berkeley et en Indiana) puis a voyagé. Maintenant marié, il vit à Brooklyn (New York) et Icelander est son premier roman.

 

À New Crúiskeen (nord de New Uruk, États-Unis), on s'apprête à célébrer l'anthropologue et criminologue Emily Bean. Mais Notre Héroïne, inscrite au département des études scandinaves (linguistique, anthropologie...), n'aime pas trop cet événement annuel.

En fait, depuis la mort de sa mère (Emily Bean, eh oui), Notre Héroïne s'occupe de son père, Jon Ymirson, atteint par Alzheimer. Son mari Prescott vient de la plaquer, et pour couronner le tout, quelqu'un s'est introduit chez elle et son chien, Garm, a disparu...

En plus, Shirley MacGuffin, sa meilleure amie, vient d'être assassinée (un coup de poignard dans l'œil) et des documents ont été volés (elle s'était attelée à une réécriture du Hamlet disparu de Thomas Kyd).

Alors qu'elle est à la recherche de son chien, la nuit commence à tomber sur la petite ville enneigée, envahie par les fans des aventures de la famille Bean-Ymirson (des romans ont été rédigés par l'écrivain Magnus Valison d'après les journaux intimes d'Emily).

Wible et Pacheco, deux « enquêteurs philosophiques », interrogent tout le monde pour découvrir qui a tué Shirley. Ils ne comprennent pas que Notre Héroïne ne s'implique pas dans cette affaire. « Mais elle était votre amie, insista Lorenz. Vous devez sûrement l'estimer assez pour être ne serait-ce qu'intéressée par la découverte de son meurtrier. » (page 43).

Mais Notre Héroïne n'a pas que ça à faire : Garm est introuvable, la bibliothèque de son père est détruite par le feu et son ami « bibliothécaire révolutionnaire », Hubert Jorgen, s'est volatilisé.

De son côté, Blaise Duplain, époux de la victime, et ancien inspecteur de police, préfère enquêter aussi car il sait qu'il sera soupçonné du meurtre de Shirley. « Je vais être le suspect, et la piste du vrai meurtrier va perdre de son odeur. » (page 47).

Il y a aussi une journaliste, Constance Lingus, qui bien qu'amie avec Notre Héroïne, n'hésite pas à fouiner...

Bref, tout ce petit monde enquête sauf Notre Héroïne, ce qui en fait une fille peu digne de la regrettée Emily... Mais qu'elle le veuille ou non, Notre Héroïne est impliquée !

 

Le professeur Boris Baxter : « J'ai bien peur que cela ne fasse pas l'affaire. Assez de ces dissertations laudatives sur Vanaheim comme utopie, je vous en prie. […] Si vous devez absolument écrire sur cet endroit, concentrez-vous sur d'autres aspects : Vanaheim comme miroir obscur de l'Islande de la surface […] Vanaheim comme grotesque expression de l'obsession islandaise pour la pureté. Ce genre de choses. […]. » (pages 124-125).

 

Emily Bean, personne réelle, devenue personnage de fiction à sa mort, embrouille l'affaire car le meurtre de Shirley est lié à d'anciennes aventures de la mère de Notre Héroïne dans le village de Vanaheim, en Islande où la famille Bean a été confrontée au « peuple caché » et à la méchante Gerd, reine du peuple vanatru.

J'ai trouvé surprenant que l'héroïne s'appelle simplement Notre Héroïne.

Ce roman est une plongée dans les légendes islandaises, scandinaves et vanatru. C'est un véritable puzzle, chaque personnage ayant des opinions, des indices, des informations, bref des pièces complètement isolées, qui vont se placer peu à peu correctement... ou pas ! D'ailleurs, si la première partie Prélude présente la ville, les personnages et les faits, la deuxième partie Ludo (que j'ai préférée) est construite avec de courts passages écrits par les différents protagonistes (on saute de l'un à l'autre comme si on piochait une pièce du puzzle au hasard et qu'on ne savait pas encore exactement où la placer). Quant à la dernière partie Cluedo, plus courte, elle aiguille le lecteur perdu jusqu'à la chute finale.

Finalement ce surprenant roman est un jeu, un jeu de pistes multiples dans lequel les personnages et le lecteur jouent pour découvrir la vérité.

Une lecture déroutante, une découverte étonnante !

 

Cette chronique de lecture est originellement parue le 14 janvier 2011 dans La culture se partage, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Catherine.

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Publié par Catherine - dans Amérique
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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 13:37

CampMorts.jpgLe camp des morts, de Craig Johnson
Gallmeister, 2010, 313 pages
Death Without Company (2006) est traduit de l'anglais (États-Unis) par Sophie Aslanides.

Le camp des morts de Craig Johnson est la seconde enquête du shérif Walt Longmire. Je vous avais déjà parlé de ce sympathique personnage à l'occasion de la sortie du premier roman, Little Bird – un vrai coup de cœur pour moi, souvenez-vous – paru chez Gallmeister tout comme celui-ci.
Et puisqu'une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, la sortie du second roman coïncide avec la victoire du premier pour le Prix du roman noir Nouvel Obs Bibliobs (voir par ailleurs).

Résumé
Mari Baroja est retrouvée sans vie par le personnel de la maison de retraite où elle passe ses vieux jours. A priori la mort de la vieille femme est naturelle, bien que tout le monde ne soit pas de cet avis. A priori seulement, puisque le shérif Walt Longmire doit rapidement se rendre à l'évidence : quelqu'un semble bien décidé à faire taire les personnes concernées par l'enquête. Walt doit donc plonger cinquante ans en arrière pour essayer de comprendre les tenants et aboutissants de cette affaire, et tout ça dans l'urgence. En effet, il n'y a pas de temps à perdre, le meurtrier jouant avec les nerfs de la police.

Mon avis

« Je m'excusai et partis aux toilettes, y fis ce que j'avais à y faire, me lavai les mains et m'appuyai sur le lavabo. Je regardai mon visage dans la glace. Il n'était pas mal, si on exceptait le fait qu'il avait besoin de huit heures de sommeil d'affilée, d'une coupe de cheveux, de dix kilos et dix ans de moins. Mon menton était trop fort, mes oreilles trop grandes, et mes yeux étaient trop enfoncés dans leurs orbites. Je reculai autant que me le permettai la longueur de mes bras et je me trouvai un peu mieux. Je n'étais toujours pas certain que la barbe était un bon choix, mais elle permettait de cacher bien des défauts. »

Après Little Bird, revoilà donc Walt Longmire, le shérif au grand cœur, de retour dans sa seconde enquête. Le lecteur retrouvera donc, le sourire aux lèvres, ce très sympathique représentant de la loi à l'humour ravageur, ainsi que toute sa bande. L'Indien Henry Standing Bear, dit l'Ours, barman – intrépide – de son état ; et Vic, sa charmante collègue qui ne s'en laisse pas compter. Il faudra désormais y ajouter un petit nouveau, le jeune Santiago Saizarbitoria – Sancho pour les intimes – à l'essai au début de l'enquête mais qui va vite se montrer indispensable, ne serait-ce que par sa maîtrise de l'euskara, la langue des Basques et de la victime, et donc de la communauté avec laquelle devra composer Walt pour mener son enquête à bien.

« - Je crois qu'il avait à peu près le même âge que mon fils William, et que toi, quand j'y pense. (Le juge contempla les dalles du plafond acoustique pendant un moment. Je me demandai comment il pouvait jouer autant avec sa moustache sans qu'elle lui reste dans la main.) Mais je n'arrive pas à me rappeler le père.
- Il n'est pas resté longtemps dans le paysage.
- Ah, dit-il en souriant. Mais je me souviens bien d'elle. (Je fus un peu surpris par son sourire.) Elle venait en ville le jeudi après-midi, garait sa voiture toujours à la même place. Je la regardais depuis la fenêtre de mon bureau pendant qu'elle remontait Main Street.
L'image de son Honneur pendu à la fenêtre du second étage du tribunal en train de suivre des yeux Mari Baroja évoluant d'un pas léger sur le trottoir était pour le moins surprenante.
- Bon sang, Vern, t'es un sacré pervers.
Il secoua la tête.
- C'était une très belle femme, difficile de ne pas la regarder. (Il retira son coude du poteau et le tapota pour le remercier de l'avoir soutenu. Dans le monde de Vern, même les objets inanimés étaient traités comme des électeurs en puissance.) »

L'écriture de Craig Johnson est toujours aussi savoureuse, avec d'excellents dialogues, de l'humour – beaucoup – et de magnifiques descriptions de l'hiver dans les Hautes Plaines du Wyoming.
Si la galerie de personnages – exceptionnelle – et la touche Johnson – inimitable – restent les points forts de la série, ce deuxième opus laisse une plus grande part à l'intrigue. Davantage de suspense, une tension quasi-permanente, et des rebondissements à la pelle achèveront sûrement de convaincre les plus réticents.

Little Bird était déjà une réussite. Avec Le camp des morts, le doute n'est plus permis : Craig Johnson est un grand. Rarement un auteur aura su rendre des personnages de polar si sympathiques. Des hommes et des femmes que l'on voudrait voir sortir du roman pour pouvoir passer un moment privilégié à leurs côtés. Enfin, pas trop quand même, car il ne fait pas toujours bon vivre du côté du comté d'Absaroka.
Une lecture indispensable, en commençant toutefois par le premier roman. Vivement la suite !

Cette chronique de lecture est originellement parue le 19 avril 2010 dans Hannibal le lecteur, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Hannibal.

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Publié par Hannibal - dans Amérique
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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 17:27

PatagoniaTchou.jpgPatagonia Tchou-Tchou, de Raúl Argemí
Rivages/Noir, octobre 2010, 263 pages, ISBN 978-2-743621469
Patagonia Chu Chu (2005) traduit de l'espagnol (Argentine) par Jean-François Gérault

Raúl Argemí n'était pas à Toulouse cette année. Mais il y était l'an dernier et m'avait dit que Patagonia Chu Chu était en cours de traduction. J'ai donc attendu près d'un an avant de l'avoir dans les mains. Ici, il est devenu Patagonia Tchou-Tchou. Et ça valait le coup d'attendre, c'est un de mes gros coups de cœur de la rentrée.

Argemi Aguada Requena, Patagonie. Deux hommes montent dans la Trochita, ce petit train à vapeur qui parcourt quatre cents kilomètres au milieu de nulle part, unique lien avec le reste du monde pour les gauchos qui vivent là. Ils s'appellent Butch Cassidy et Juan Battista Bairoletto et s'apprêtent à prendre le train en otage, pour délivrer Beto, le frère de Butch qui va monter un peu plus loin pour être transféré de prison. En réalité, il s'agit d'un marin et d'un conducteur de métro au chômage. Et rien ne va se passer comme prévu. Tout sera plus compliqué, plus fou, plus grand.

Un roman furieusement argentin qui donne envie de partir immédiatement pour la Patagonie, même si la Trochita ne roule plus, et de se perdre dans son immensité pour rencontrer, en vrai, des personnages aussi fous, aussi généreux, aussi magiques. On sourit, on rit, on a la larme à l'œil, on s'indigne, on tremble, on s'enthousiasme avec l'équipe de bras cassés magnifiques que Raúl Argemí a inventés. Et on pleure à la fin de les laisser, on aurait bien continué ainsi, des jours durant.

Entre temps, on a admiré les paysages désolés mais grandioses de Patagonie, on a senti l'odeur de la viande grillée, on a vibré à un match de foot surréaliste, on a eu envie de massacrer une pourriture de sénateur en tournée de campagne électorale, on s'est ému d'amours naissantes... Bref, on a vécu intensément.

On a aussi réfléchi sur cette région à part, terre d'anarchistes et d'Indiens, terre d'utopies et de répressions sanglantes, terre qui attire les fous, comme ce Gascon qui se déclara Roi de Patagonie, terre pour se perdre, ou se retrouver, terre de violence et de solidarité. Un décor hors norme, pour des histoires hors du commun.

Merci à Raúl Argemí de nous régaler ici avec une de ces histoires, vaste et lumineuse comme le ciel de Patagonie, triste et tendre comme un tango, qu'on termine avec un nœud dans la gorge et le sourire aux lèvres.

Pour ceux qui veulent en savoir un peu plus sur la Trochita (en français), et sur Juan Battista Bairoletto (en espagnol). Je ne vous ferai pas l'injure de vous renvoyer à des liens sur Butch Cassidy...

Une fois de plus, nous sommes d'accord avec Jeanjean...

Cette chronique de lecture est originellement parue le 19 octobre 2010 dans Actu du noir, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Jean-Marc.

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Publié par Jean-Marc - dans Amérique
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20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 22:45

RouteDangers.jpgJe viens de terminer La route de tous les dangers de Kris Nelscott dans le cadre d'un partenariat entre Livraddict et les éditions Points : un grand merci pour cette belle découverte !

(mai 2010, 437 pages, ISBN 978-2757816523)

Présentation de l'éditeur

La communauté noire de Memphis est à cran. À quelques semaines de l'assassinat de Martin Luther King, le détective privé Smokey Dalton pressent le pire. Alors que la ville est sous tension, Laura Hathaway, jeune femme blanche de bonne famille, débarque dans son bureau. Elle voudrait comprendre : comment sa mère a-t-elle bien pu lui laisser une partie de son héritage, à lui, un 'nègre' ?

Mon avis

Dès le début, on sait que la question qui est à l'origine de l'enquête de Smokey Dalton va engendrer des réponses qui risquent bien de déranger ; tout, dans le propos, concourt à renforcer cette certitude, par le biais du personnage de Smokey.  L'ensemble est mis en musique sur fond de grève catalysant les 'problèmes' entre Noirs et Blancs dénoncés depuis quelque temps déjà par Martin Luther King.
L'atmosphère qui imprègne le récit est souvent lourde et pèse sur les épaules de tout un chacun, surtout s'il se situe 'du mauvais côté de la couleur', comme c'est le cas pour Smokey qui a lui-même souffert de cette ségrégation même s'il tâche, vaille que vaille, de vivre sa vie de 'privé-bricoleur' sans trop se faire remarquer.  Il ne sait que trop que même si les apparences semblent aller dans le sens d'une égalité, celle-ci n'est encore le plus souvent qu'apparence. Il se doit donc de manœuvrer habilement : pour preuve, l'accent blanc qu'il prend à de multiples reprises au téléphone afin de cacher habilement ses origines ; il sait que sinon, il risque de ne jamais obtenir les réponses qu'il attend.

Le destin de Smokey est intimement lié à celui de sa nouvelle cliente, Laura ; il l'avait prévenue qu'il risquait de faire des découvertes qui ébranleraient la jeune femme mais il ne se doutait pas à quel point lui-même allait plonger dans un passé qu'il avait tenté à tout prix d'enfouir, question de survie.  La relation entre Smokey et Laura évolue petit à petit, presque malgré eux : il n'est pas encore de 'bon ton' qu'une Blanche aisée côtoie un Noir qui 'bricole' (ce sont les termes employés par le détective lui-même).  

Tout le récit tourne autour de cette enquête 'au bout de soi-même' avec, toujours présente, l'ombre de Martin Luther King ; en prime, une thèse sur l'assassinat de ce grand homme.  

J'ai beaucoup apprécié ce roman, autant pour l'histoire elle-même que pour la manière dont elle est relatée : un texte aisé à lire à travers un personnage se heurtant à tout ce qui l'a façonné depuis son plus jeune âge.  Je retrouverai Smokey avec plaisir pour la suite de ses 'pérégrinations'.

 

Un autre avis ?  Sound and fury.

 

Cette chronique de lecture est originellement parue le 26 juin dans Le monde de Paikanne, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Pascale.

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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 00:03

EchoParkPoche.jpgEcho park, de Michael Connelly

Points Policier, 2008, 429 pages, ISBN 978-2-7578-0915-0

Echo park (2006) traduit de l'anglais (états-Unis) par Robert Pépin


« Va falloir rester coolos »


On ne présente plus l'inspecteur Bosch : flic à Los Angeles depuis de nombreuses années, il s'est toujours distingué par une ténacité à toute épreuve. La preuve encore avec le dossier Gesto. Voilà 13 ans que cette jeune femme a disparu, et 13 ans qu'il rouvre régulièrement le dossier de cette affaire non résolue… Et voilà-t-y pas qu'un serial killer jusqu'ici totalement inconnu s'accuse du crime ! Il faut dire que le procureur, en pleine période de réélection, lui propose un accord pour éviter la chaise électrique en échange d'aveux complets…


Michael Connelly est présenté comme un « maître incontesté du polar américain » - et ce n'est pas moi qui dirait le contraire ! J'avais dévoré Les égouts de Los Angeles et La blonde en béton quasiment en apnée, la mine déconfite au petit matin tant il m'était impossible de refermer le livre à des heures pourtant indécentes.


Totalement éprise d'Harry Bosch, je constate avec plaisir que Michael Connelly a eu l'intelligence de laisser mûrir son personnage avec les années (précisons que j'ai loupé quelques épisodes de la série) : moins taciturne, - un peu - moins alcoolisé, mais toujours aussi tête-brûlée ! Quant à l'enquête, elle est à la hauteur du personnage. Pour résoudre l'affaire Gesto, il va lui falloir déjouer les évidences et agir en électron libre, avec la bonne dose de pugnacité qui le caractérise.


Echo park répond à tous les codes du genre : une intrigue claire et efficace, du parler vrai, un rien de profilage, quelques bisbilles entre les services et des scènes d'action rondement menées, crédibles, réalistes - rien à dire.


SerialKillerChallengeBref, Echo Park est un bon cru : Connelly connaît sa partition et déroule sans fioritures. Alors, oui, c'est assez formaté, oui, il n'y a rien de follement original dans cette enquête, mais oui, ce polar a parfaitement répondu à mes attentes : réduire les 4 heures de train Bruxelles-Lyon à peau de chagrin. Une lecture-détente et un brin sanguinolente de tout premier choix.


Lu dans le cadre du défi Littérature policière sur les 5 continents organisé par Catherine.

 

Lu également pour le challenge Serial Killer organisé par Alcapone.


Bonne plock à tous !


Cette chronique de lecture est originellement parue le 7 juin dans Le monde selon Pickwick, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Pickwick.

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 00:04

MezquiteRoad.jpgMezquite Road, de Gabriel Trujillo Muñoz
Les Allusifs, novembre 2009, 162 pages, ISBN 978-2923682013

Morgado épisode 4. Voici donc la nouvelle aventure de notre avocat mexicain favori. Et oh ! Surprise ! Ce volume fait le double des 80 pages habituelles ! Enfin, on va pouvoir goûter une histoire sans se dire à la fin : « Quelle efficacité ! », mais aussi : « Quel dommage que ça ne dure pas quelques dizaines de pages de plus ! ». Ce roman fait partie de mon défi Littérature policière sur les 5 continents.

Les précédentes aventures de Morgado : Tijuana City blues ; Loverboy ; et Mexicali City blues.

Morgado est de retour à Mexicali, sa ville natale. Et ce n'est pas de gaieté de cœur tant il aimerait ne jamais revenir dans cette ville pourrie jusqu'à la moelle par la corruption. Il préfère Mexico et sa vie anonyme. Il est toujours aussi humaniste et c'est pour cela qu'il est avocat pour les droits de l'homme. Il a laissé derrière lui Alicia, sa bien-aimée pour probablement éviter de la plonger dans ce qu'il considère comme un enfer.

Il est donc de retour à la demande de son frère, Atanasio. Celui-ci lui demande de trouver la vérité sur le meurtre de son ami Heriberto. Contrairement à ce que la police veut faire croire, Heriberto n'a jamais touché à la drogue. Par contre, c'était un joueur invétéré, capable de vendre tous ses biens voire sa famille pour continuer à jouer. D'ailleurs, Atanasio s'est arrangé pour que la famille ait l'usufruit de ses propriétés, pour sauver celle-ci d'une faillite assurée. Lors de l'enquête, Morgado apprend qu'Heriberto jouait dans un club ultra select, mais complètement inconnu de tous. Le mystère demeure.

Là où on avait affaire à des histoires courtes très bien menées, Gabriel Trujillo Muñoz donne de l’épaisseur à son personnage, à son histoire et à ses obsessions. Dans cet opus, il prend le temps de décrire les personnages et les paysages. C’est bigrement agréable, et ça permet de s'installer dans l'histoire. Morgado est toujours ce personnage bougon, bourru et humaniste que l'on aime tant. Et cette fois, il est amoureux. C'est pour cela qu'il est pressé de se débarrasser de cette enquête pour retrouver sa bien-aimée.

On en apprend aussi plus sur la famille de Morgado. On fait la connaissance de son père, avec des passages écrits tout en retenue. J'ai eu l'impression que l'auteur écrivait ces passages avec les dents serrées, car il n'est pas trop du genre à étaler ses sentiments. On y parle aussi de son frère, de sa nièce, de sa mère. Et Morgado devient pour nous, lecteurs, un personnage plus profond et encore plus sympathique.

On retrouve dans cet opus l'obsession de Gabriel Trujillo Muñoz : ces enquêtes servent de métaphore pour décrire les relations amour/haine entre les États-Unis et le Mexique. Le Mexique rêve de vivre avec l'opulence des États-Unis, sans en subir les conséquences, et les États-Unis exploitent ce pays à bas coût pour leur bien-être. Ces deux pays sont comme un couple qui ne s'entendrait plus mais qui reste ensemble... pour les enfants. C'est particulièrement bien décrit à la fin du roman avec les dialogues entre Morgado et son ami de la DEA.

Décidément, c'est un roman qui fait avancer le cycle Morgado dans le bon sens. L'analyse de la société mexicaine devient passionnante au travers de ce personnage et j'attends avec impatience la suite, qui est ouverte au vu des dernières pages. Pour finir, je vous signale que le premier tome vient de sortir chez Folio Policier à un prix de l'ordre de 4 euros, ce qui est acceptable pour un roman de 80 pages. Alors, jetez-vous vite sur les aventures de Morgado. Je vous le dis, je vous le répète, vous ne le regretterez pas.

Cette chronique de lecture est originellement parue le 23 mai dans Black novel, blog sur lequel vous pouvez lire d'autres articles de Pierre.

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